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La Cocarde étudiante, syndicat étudiant de droite souverainiste

Logo martial pour le nouveau syndicat, qui n'est pas sans rappeler celui de la Bac du 92.
Logo martial pour le nouveau syndicat, qui n’est pas sans rappeler celui de la Bac du 92.

La Cocarde étudiante, syndicat étudiant souverainiste fondé en mai dernier, fait sa rentrée. Ses membres se définissent comme “souverainistes et profondément gaullistes” et la nouvelle organisation se veut un “rassemblement indépendant de tous les étudiants patriotes aspirant à la liberté”. Elle regroupe selon les dires de ses responsables 200 étudiants parmi lesquels de nombreux sympathisants des Républicains, du FN et de Debout la France (DLF), et table sur 400 d’ici à fin septembre. Il compte seize sections, dont cinq à Paris. Fondé par d’ex-militants de l’Uni, il est présidé par Maxime Duvauchelle, son président – un ancien de l’Uni et de l’UMP version Droite populaire (courant de l’UMP proche de la droite radicale) et proche de militants FN, dont Kelly Betesh, responsable du syndicat à l’université Paris-Descartes. Les deux avaient d’ailleurs réveillonné ensemble au Nouvel An dernier, tandis que de Florian Philippot avait fait un pasage éclair à la soirée. Interrogé par le journal La Croix, Alexandre Loubet, le tout nouveau président de Debout les jeunes, proche de Dupont-Aignan, se réjouit de l’initiative : “A priori, nous ne pouvons qu’encourager la création d’un syndicat étudiant souverainiste”, explique celui qui attend de savoir “quelles sont les propositions concrètes de La Cocarde étudiante”. Et que ce soit chez les Républicains ou DLF, les proximités avec le FN ne dérangent pas vraiment : “Cela ne nous pose pas de problème qu’il y ait des adhérents du FN, mais l’organisation doit rester indépendante et nous prendrions nos distances si elle s’en rapprochait trop”, ajoute Alexandre Loubet. Des encouragements partagés au FN, toujours selon La Croix : « On n’est pas là pour bloquer la création d’une structure souverainiste et patriote, bien au contraire, s’est contenté d’avancer Gaëtan Dussausaye. Le directeur du Front national de la jeunesse est persuadé quavec les nouvelles générations « tous les souverainistes et patriotes pourront effectuer un travail collectif sur leurs sujets communs. » Florian Philippot aussi a apprécié :2015-09-05_Philippot_CocardeLe syndicat ne fonctionne selon les dires de son président que sur ses cotisations, ainsi que sur “des dons privés”. Ses propositions sont proches de celles de l’Uni et affirment une claire ligne libérale, quoiqu’il s’en défende :  sélection à l’entrée à l’université, accroissement de l’autonomie des universités (un modèle pourtant en partie promu aussi par les instances européennes), hausse du numerus clausus en médecine et augmentation du budget de la recherche, combat contre “l’égalistarisme” que prôneraient selon lui les institutions européennes, entre autres. Et à côté de De Gaulle, le syndicat cite aussi Eric Zemmour comme figure intellectuelle de référence. Parallèlement, alors que le FN, qui a créé un “collectif Marianne” à destination de la jeunesse n’avait plus tenté de monter un syndicat depuis très longtemps, un groupe d’étudiants marinistes essaie en ce moment de se faire reconnaître à Sciences-Po Paris, toujours selon La Croix.

L’extrême droite contre les squats

Le site toulousain d’information alternative Iaata.info est revenu sur les tentatives opérées depuis deux ans par divers groupuscules d’extrême droite pour faire expulser des squats à Calais, Rennes, Montpellier et Toulouse. Ces dernières semaines à Rennes, c’est selon nos informations un mélange de militants d’Adsav (nationalistes bretons), du Front national et d’Identitaires ainsi que de gens se revendiquant des Bonnets rouges (l’organisation officielle de ces derniers s’étant désolidarisée) qui sont passés à l’action, tentant de faire croire qu’un groupe de précaires habitant une maison délabrée inoccupée depuis plusieurs années (et récemment expulsé) risquait d’entraîner la mise à la rue de sa propriétaire octogénaire, Maryvonne Thamin, alors même que cette dernière n’avait  rien fait pendant près de deux ans pour récupérer son bien, n’y vivait pas et envisage de le vendre. A Calais, c’est le collectif anti-migrants “Sauvons Calais” qui a à plusieurs reprises sonné la charge en 2013 et 2014, tandis qu’à Toulouse, un tout nouveau collectif du nom d’Ucodel s’est monté en mars et a pris d’assaut un squat en mai. Ces initiatives au discours néo-poujadiste (il s’agit de défendre la propriété privée) ont reçu le soutien éditorial du Figaro, qui a récemment publié un dossier anti-squats reprenant sans recul critique les informations des soutiens de Maryvonne Thamin, tandis qu’un député UMP proposait une nouvelle loi de criminalisation des squatteurs (voir aussi sur Squat.net et sur Iaata.info), un an après le vote d’un premier texte visant à faciliter leur expulsion et proposé par la sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart, à tel point que le journal Le Monde qualifie de “surenchère” les initiatives des élus de droite sur ce sujet. Avec la récente attaque de Laurent Ozon et du groupe néo-nazi belge Nation contre une manifestation de migrants, les pressions de militants du Groupe Union Défense (Gud) contre des syndicalistes de la CNT à l’Ecole supérieure d’architecture (voir aussi sur Sons le luttes) ou encore, en Italie, celle de grévistes par des fascistes, ces tentatives relèvent d’une inquiétante tendance des forces radicales d’extrême droite à vouloir réoccuper la rue, y compris en se confrontant directement au mouvement social et en mettant en danger les plus fragiles, rassérénée par le soutien qu’elle perçoit de la part d’une droite parlementaire suiveuse, de médias souvent complaisants et d’un patronat demandeur.

Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP
Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP