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Koltchenko / Sentsov : Liberté pour les antifascistes de Crimée, kidnappés et emprisonnés par l’Etat russe !

Kolchenko-1024x732-1cc2cDeux initiatives auront lieu dans les prochains jours à Paris pour soutenir Alexandr Koltchenko et Oleg Sentsov, deux antifascistes ukrainiens illégalement détenus par la Russie, ainsi que plusieurs autres en province. Tout d’abord, une soirée débat samedi 27 juin à partir de 18 heures au local de la CNT parisienne au 33 rue des Vignoles. Ensuite, un rassemblement devant l’ambassade de Russie le 30 juin, toujours à 18 heures. Paris-Luttes.info donne le détail de ces rendez-vous. Une pétition peut aussi être signée. Voir aussi sur le site d’Alternative libertaire un appel pour sa libération et la liste des événements à venir pour les soutenir, à Paris et en province. Pour en savoir plus, nous vous proposons d’écouter le reportage consacré par L’Actualité des Luttes aux rassemblements du 11 avril dernier devant les ambassades de Russie et d’Ukraine :

Article initialement publié le 25 juin 2015

Les louvoiements de Bruno Drweski entre le PCF et l’extrême droite

On retrouve le nom de Bruno Drweski dans de très nombreuses initiatives anti-impérialistes. Personnage discret, cet universitaire n’en entretient pas moins un important réseau d’influence tant à gauche (et notamment auprès de militants communistes) qu’à l’extrême droite. Non content de théoriser le confusionnisme politique, il le met en pratique.

Colloque pro-Poutine demain à Paris : du beau linge en perspective

L’Institut de la démocratie et de la coopération (IDC), une des nombreuses officines pro-Kremlin basée à Paris et animée par Natalia Narotchnitskaïa (ex-députée du parti nationaliste Rodina à la Douma) et John Laughland (universitaire britannique conservateur et eurosceptique) organise demain un colloque intitulé « Sanctions, traité transatlantique, crise de confiance… Quelles nouvelles règles pour le commerce et les relations internationales ? », avec un panel  comprenant entre autres le journaliste Christian Malard (responsable du service étranger de France 3), Youri Chafranik (président de l’Union des Producteurs de gaz et de pétrole de Russie) Gilles Rémy (PDG du groupe CIFAL), l’économiste Jacques Sapir qu’on ne présente plus, Viatcheslav Nikonov (député russe en charge de l’éducation qui a récemment appelé les Russes à “apprécier” leurs origines “aryennes”), Ali Ahani (ambassadeur de la République islamique d’Iran) et le député UMP Jacques Myard. Parallèlement, nous apprenons sans surprise que l’extrême droite française continue d’entretenir des liens étroits avec le Kremlin, au travers notamment de l’association Urgence Enfants d’Ukraine qui sous couvert d’humanitaire mène une campagne de soutien à l’action de la Russie au Donbass. Or, cette association a pour dirigeant Alain Fragny, ex-membre du Bloc identitaire et pour porte-parole Emmanuel Leroy, proche conseiller de Marine Le Pen (voir aussi cette croustillante vidéo tournée par le ministère de l’information de la République populaire de Donetsk : youtube.com/watch?v=IZnGZ8LTyd0). Et pendant se temps-là, en Russie, le culte de Staline fait son come-back tandis que Poutine justifie la signature du pacte germano-soviétique en affirmant qu’il « avait du sens du point de vue des garanties de sécurité pour l’Union soviétique »

L’UPR en visite en Crimée

Une délégation de l’Union populaire républicaine (UPR) s’est récemment rendue en Crimée occupée, pour le plus grand bonheur des autorités et des médias russes (dont RT, qui lui a consacré un reportage). Selon le communiqué du parti,

“A l’invitation de la ville fédérale de Sébastopol, et avec l’accord du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, François Asselineau a effectué une visite officielle de plusieurs jours en Crimée, pour le 70ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Le Président de l’Union Populaire Républicaine, ainsi que la délégation qui l’accompagnait ont assisté, dans le grand port de Sébastopol, au spectaculaire défilé militaire du 9 mai, et cela depuis la tribune officielle et à la grande satisfaction des autorités. […] Lors de sa visite, la délégation de l’UPR s’est également rendue sur la colline de Malakoff afin de procéder à un dépôt de gerbes sur la tombe de soldats français et russes, tombés lors de la guerre de Crimée de 1854-1855. […] La délégation de l’UPR a été reçue par une délégation de la Douma de Sébastopol, conduite par ses deux vice-présidents, pour une longue séance de travail. Les délégations sont tombées d’accord pour développer une coopération en matière de viticulture – l’UPR comptant plusieurs viticulteurs de grands vins français parmi ses adhérents –, mais également concernant l’établissement d’une chambre des métiers s’inspirant du modèle français, la création d’une école pour adolescents ouverte sur l’international, et l’entretien du cimetière français de la guerre de Crimée de 1854-55, honteusement laissé à l’abandon par la France. […] L’UPR rappelle d’ailleurs que la Crimée n’a été ukrainienne qu’en vertu d’une décision de Khrouchtchev en 1954, sans aucune réelle portée politique puisqu’elle intervenait dans le cadre de l’Union soviétique dont personne n’envisageait alors la dissolution. La ville même de Sébastopol a été directement fondée par la tsarine Catherine de Russie en 1783 et sa population est très majoritairement russe depuis 232 ans.”

Ainsi, l’UPR apporte officiellement son soutien à l’occupation de la Crimée par la Russie. Comme tout un pan de la droite et de l’extrême droite française, elle confirme ses liens avec le régime de Vladimir Poutine. A noter qu’elle n’est pas la seule à avoir des projets à visée économique en Crimée, puisque Philippe de Villiers par exemple prévoit d’y ouvrir une version russe du Puy du Fou.

Dépôt de gerbe au monument de Malakoff en compagnie des autorités occupantes, dont vice-gouverneur de Sébastopol nommé par Moscou.
Dépôt de gerbe au monument de Malakoff en compagnie des autorités occupantes, dont le vice-gouverneur de Sébastopol nommé par Moscou.

Négationnisme en Ukraine et réactions des propagandistes pro-russes : une belle leçon d’opportunisme

Début avril, les parlementaires ukrainiens ont pris une décision mettant sur le même plan nazisme et communisme, en interdisant toute forme d’expression de ces idéologies, et reconnaissant comme “combattants de la liberté” les collaborateurs locaux du régime nazi qui ont combattu à ses côtés dans des unités paramilitaires, alors même que l’Ukraine a été durement éprouvée par le Seconde guerre mondiale et a subi de plein fouet les massacres perpétrés par la division SS Das Reich (dont le bataillon Azov qui combat les pro-russes dans l’Est du pays a pourtant repris l’insigne) notamment dans la région de Kharkov. C’est pourquoi le Centre Simon Wiesenthal a condamné le caractère négationniste de cette décision, s’attirant bien malgré lui les félicitations des soutiens habituels de l’impérialisme russe (Les-crises.fr, LeGrandSoir.info, le PRCF), qui oublient au passage que le même Centre avait condamné quelques temps auparavant la tenue en Russie d’un meeting de l’extrême droite européenne (dont nous avions parlé ici) ainsi que la diffusion régulière de propagande antisémite par RT (ex-Russia Today). L’ironie est encore plus cinglante quand on sait que l’ONG a par le passé été régulièrement dénoncée par LeGrandSoir.info pour son soutien à Israël ou ses critiques d’Hugo Chávez. Via un communiqué signé Djordje Kuzmanovic, le Parti de Gauche (PG) a de son côté repris l’information pour condamner l’accueil réservé par François Hollande au président ukrainien Petro Porochenko, qui a été reçu il y a deux jours à L’Elysée. Kuzmanovic, qui n’hésite pas à manifester aux côtés de militants d’extrême droite en faveur de la politique de Poutine dans l’Est de l’Ukraine, y dénonce le fait qu’à ses yeux “la France n’a pas à suivre aveuglément les intérêts bellicistes des Etats-Unis. Ensuite la patrie des droits de l’homme ne saurait dérouler le tapis rouge pour un régime aussi criminel et négationniste. […] le Président de la République française aurait mieux fait de méditer le fait que l’aventurisme militaire de l’OTAN en Ukraine menace la paix en Europe.” A ce niveau, c’est l’hôpital qui se moque de la charité…

L’extrême droite européenne se réunit à Saint-Pétersbourg

La liste des participants. (Cliquer pour agrandir)
La liste des intervenants. (Cliquer pour agrandir)

Environ 150 à 200 représentants d’une dizaine de partis d’extrême droite européens se sont retrouvés dimanche à Saint-Pétersbourg en Russie à l’invitation du parti Rodina (Patrie) qui soutient la politique de Vladimir Poutine. Étaient présents des cadres d’Aube dorée (Grèce), du NPD (Allemagne), d’Ataka (Bulgarie), de Forza Nuova (Italie). Parmi les nationalistes russes, on comptait de nombreux cosaques, ainsi que le député Alexei Zhuravlev, dont un des chevaux de bataille est de retirer leurs enfants aux parents homosexuels (voir, en anglais, ici et ). Le but de ce forum était entre autres de soutenir la politique russe en Ukraine. Ugo Voigt, député européen du NPD condamné dans le passé pour avoir qualifié Adolf Hitler de “grand homme“, a déclaré que “C’est fascinant (de voir) quelle patience montre la Russie et le président Poutine face à la politique agressive de l’Otan” tandis que Nick Griffin, ancien dirigeant du British National Party (BNP), a présenté la rencontre comme “un moyen de résister au modernisme et à la destruction des valeurs traditionnelles dont le christianisme dans le monde actuel“. Alors qu’il avait participé le 31 mai dernier à Vienne à l’invitation du FPÖ  à une rencontre de partis nationalistes européens pro-russes où se trouvait également Ataka, le FN, soutien traditionnel de Poutine en France, était cette fois-ci absent en tant que tel, même si Olivier Wyssa, conseiller régional Rhône-Alpes proche de Carl Lang et qui avait été exclu du parti frontiste était bien présent (le même avait participé à Milan le 21 décembre dernier à une rencontre de nationalistes européens en compagnie d’Alexandre Gabriac et d’Yvan Benedetti). Une quarantaine de personnes a protesté contre la tenue de ce meeting dans une ville martyre de la Seconde guerre mondiale et huit d’entre elles ont été arrêtées par la police, tandis que la Fédération russe des communautés juives à a fait part de sa vive préoccupation. Sources : dépêches de l’AFP en français et en anglais, ainsi que d’AP, The Interpreter (journal du thnik-tank d’opposition Institute of Modern Russia), Meduza (site web d’opposition), courriel.

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Ukraine : le mouvement antifasciste européen dans la tourmente ?

A l’heure où s’organise une campagne internationale pour la libération d’Alexandre Koltchenko, antifasciste de Crimée détenu arbitrairement par les autorités russes, divers individus et organisations se revendiquant de l’antifascisme tentent quant à eux d’organiser un soutien aux miliciens pro-russes du Donbass, aux côtés desquels combattent pourtant des militants d’extrême droite.

Yves Calvi, Eric Dénécé et les fascistes ukrainiens de Notre-Dame-des-Landes

Le 8 décembre dernier, l’éditorialiste Yves Calvi interviewait sur RTL un certain Eric Dénécé sur les Zad. Ce prétendu spécialiste du renseignement y a tenu des propos pour le moins étonnants, sans jamais être repris par le journaliste…