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Ukraine : le retour des fascistes français partis combattre au Donbass

Certains des Français partis combattre au Donbass sont désormais rentrés, dont un de leurs leaders, Victor Alfonso Lenta, militant d’extrême droite et ancien militaire. Sur le plateau de la webTV conspirationniste MetaTV, ce dernier est revenu sur son aventure guerrière, en compagnie du présentateur Tepa et d’Alain Benajam, du Réseau Voltaire. Édifiant.

Irritation du Collon

Michel Collon, qui est décidément très irrité par mes écrits, vient encore de me consacrer un article, tiré du site confusionniste “Anticons”, qui assimile au courant néoconservateur sur le modèle américain des gens n’ayant pas grand chose à voir entre eux. Si j’ai déjà répondu aux accusations de Michel Collon et si ce nouvel article reprend pour l’essentiel les calomnies déjà existantes à mon sujet sur le web, je note quand même qu’encore une fois, il a été écrit par des gens qui ne savent pas me lire et qui m’accusent par exemple de n’avoir rien dit du soutien du philosophe réactionnaire Pierre-André Taguieff à Oriana Fallaci (la preuve) ou qui écrivent à propos de mes articles sur l’Ukraine : “Le site Confusionnisme.info est actif depuis octobre 2014, mais ce n’est que le 25 août 2015, soit plus d’un an et demi après le coup d’Etat de Maïdan, que Guyet réagit très brièvement au reportage du journal d’ARTE qui évoque la formation militaire d’enfants par le bataillon Azov en Ukraine. Il aura donc fallu attendre les premières discordes entre le gouvernement Porochenko et les unités néo-nazies du Pravy Sektor, pour qu’Ornella Guyet publie un article sur l’extrême droite en Ukraine. Jusqu’alors pas le moindre dossier complet sur les néo-nazis ukrainiens, sur Svoboda ce « parti d’ex », à l’exception de dix lignes noyées dans quelques dossiers consacrés à l’Ukraine, à la teneur anti-russe. Des billets qui minimisent autant que possible l’influence de l’extrême droite pro-Kiev. D’ailleurs Ornella Guyet y parle davantage de Hugo Chavez et de l’URSS que de l’antisémitisme en Ukraine.” Chacun pourra en effet juger du fait que je n’ai jamais abordé le sujet de l’extrême droite ukrainienne avant août 2015 (la preuve ici, ici ou encore ), ou que je parle plus de Chavez dans mes articles consacrés à l’Ukraine que des fascistes locaux ou du négationnisme de son gouvernement. Sous-entendre en outre que j’aurais des sympathies pour le gouvernement de droite qui dirige ce pays ou que je chercherais à minimiser les actes de son extrême droite est particulièrement malveillant. M’est aussi reproché de “fai[re] la morale à l’un des plus grands intellectuels vivants” (combien mesure-t-il ?), Noam Chomsky, notamment en “l’amalgam[ant] à un personnage d’extrême droite” (c’est pourtant de son propre chef qu’il a effectivement accordé une interview à Piero san Giorgio et a posé avec lui pour un “selfie”). Mais Collon et Anticons ne sont plus à une approximation près… Une chose est sûre : malgré tous leurs efforts, ils ne parviennent pas à battre La Décroissance, qui dans son dernier numéro me caricature carrément en Adolf Hitler. O. G.

Mise à jour, 18:53 : un lecteur (merci à lui) me signale que l’article d’Anticons a été relayé par le site d’extrême droite VoxNR sur Twitter :2015-10-11_collon_voxnr

Rassemblement « Ni Poutine ! Ni Bachar !” ce soir à Paris

poutine_bacharA l’occasion de la visite de Vladimir Poutine en France pour un sommet sur l’Ukraine, ce soir aura lieu à Paris une manifestation contre l’ingérence russe en Ukraine et en Syrie, à l’appel de militants russes, ukrainiens et syrien. RDV à 18 heures à à côté de l’Assemblée Nationale, à l’angle de la rue de l’Université et de la rue Constantine. Détails sur le site de Souria Houria.

L’Obs interviewe Edouard Limonov

“BibliObs”, la rubrique “livres” du site de L’Obs, a publié ce 29 août une interview complaisante de l’écrivain russe Edouard Limonov, dont les idées ont nourrit les thèses d’Alexandre Douguine sur l’eurasisme qui ont aujourd’hui une influence certaine auprès de toute une partie de l’extrême droite européenne. Fondateur du Parti national-bolchevique en 1993 puis de la coalition d’opposition L’Autre Russie en 2006, l’homme y est présenté comme “poète, écrivain, activiste, homme politique, impérialiste russe –mais pas nationaliste étroit–, c’est un «extrémiste», un radical, de gauche et de droite à la fois”, soit exactement ce qu’il veut qu’on entende de lui, lui qui explique : “Je ne suis ni de droite ni de gauche. Mon premier parti était moitié de droite, moitié de gauche. C’était une nouveauté dans le monde idéologique.” Rappelons à ce sujet que dans les années 1990, Limonov avait participé à la rédaction de L’Idiot international, journal animé par Jean-Edern Hallier qui accueillait des contributeurs tant de gauche (surtout issus du PCF et de la CGT) que d’extrême droite, dans le  but déjà de tisser des liens entre ces deux courants. Ceci dit, l’interview est intéressante en ce qu’elle montre le danger de l’idéologie véhiculée par Limonov, qui prône ouvertement la reconquête par la guerre des territoires perdus après la chute de l’Union soviétique et qui reconnaît que L’Autre Russie a envoyé des combattants au Donbass : “Je l’ai dit dès 1992: nous avons laissé hors de Russie 27 millions de Russes et un jour nous devrons les réunifier avec la Russie les armes à la main. Et nous devrons aussi prendre les villes du nord du Kazakhstan, qui sont des villes russes.” Pour lui, l’Ukraine est donc un pays qui colonise des territoires russes. Accusant Poutine de lui voler ses idées, l’écrivain ne porte pas dans son cœur le maître du Kremlin qu’il définit comme “l’ennemi du Donbass” qui “veut arrêter cette guerre”. Une absurdité même pas relevée par le journaliste, quand on sait à quel point les séparatistes sont soutenus par l’armée russe… D’ailleurs Limonov reconnaît lui-même l’influence du FSB (les services secrets russes héritiers du KGB) dans ce conflit, dont il affirme qu’il aurait expulsé des membres de L’Autre Russie de la région. Il explique aussi que ce conflit a rendu Poutine populaire… dans un tel contexte, on ne voit pas bien pourquoi il voudrait y mettre fin, mais L’Obs n’a pas creusé la question. A propos du choix des habitants de la Crimée qui en 1991 ont voté à 54% pour l’indépendance de l’Ukraine, l’écrivain est catégorique : “C’était une escroquerie que de donner le droit de voter à des gens qui ne comprennent rien du monde.” Au passage, L’Obs n’a pas oublié de faire la promotion de l’ouvrage controversé qu’Emmanuel Carrère a consacré en 2011 à Limonov et dont ce dernier dit : “Je suis pragmatique : il a écrit un best-seller vendu dans une trentaine de pays, même au Japon. Et ce qui compte dans ma vie, ce sont les victoires. Avec l’aide de Carrère, fils d’une famille renommée, je suis arrivé à une place où je n’espérais pas arriver. Dans toutes les familles bourgeoises, dans toutes les bibliothèques. Tout cela me donne un plaisir malin.”

Source : bibliobs.nouvelobs.com/idees/20150827.OBS4864/edouard-limonov-poutine-utilise-mes-idees.html

Violences d’extrême droite en Ukraine

Après les affrontements armés suscités par les milices de Pravyi Sektor (Secteur droit) en juillet, les violences de l’extrême droite s’intensifient en Ukraine. Hier, des affrontements avec les forces de l’ordre ont fait 141 blessés et deux policiers ont été tués (voir ici, et ). Les nationalistes s’opposent à un projet de décentralisation visant à donner plus d’autonomie aux régions de l’Est en état de rébellion et qui sont soutenues par le Kremlin, en vue de se diriger vers un apaisement sinon une résolution du conflit. Les militants du parti Svoboda, issu d’une tradition néo-nazie mais qui tente ces dernières années de se donner une image respectable, étaient apparemment très présents dans ces manifestations. Selon Le Monde, “A l’intérieur de la Rada (parlement ukrainien, NDLR), au même moment, les six élus de ce parti, mais aussi ceux du populiste Oleh Liachko, théoriquement membre de la coalition gouvernementale, tentaient d’empêcher le vote du texte en occupant le podium de l’Assemblée”. Si aujourd’hui il se fait déborder par ces franges radicales, il n’en reste pas moins que le pouvoir en place en Ukraine entretient un rapport ambigu à son extrême droite. D’obédience conservatrice et libérale, il tolère par exemple dans les rangs de ses forces militaires des unités arborant des insignes néo-nazis, parfois coupables de crimes de guerre, comme le bataillon Azov.

Russie : lourdes condamnations pour Alexandre Koltchenko et Oleg Sentsov

10995610_1677680795793908_3091674201233652150_oLe réalisateur Oleg sentsov et le militant antifasciste Alexandre Koltchenko, citoyens ukrainiens enlevés lors de l’occupation de la Crimée par la Russie et détenus depuis par les autorités de ce pays, ont été condamnés aujourd’hui respectivement à vingt ans et dix ans de prison sur la base d’accusations fallacieuses de “terrorisme”. Ces condamnations ont été dénoncées au niveau international par l’Ukraine, l’Union européenne et les Etats-Unis. Pour rappel, nous avons suivi ces derniers mois les mobilisations en faveur des deux hommes, en France et à l’étranger, qui devraient continuer.

Formation militaire d’enfants par le bataillon Azov en Ukraine : un oubli d’Arte Journal

Hier soir, Arte Journal a diffusé un reportage sur un camp militaire pour enfants et adolescents géré par le ministère de l’Intérieur ukrainien et accueillant pendant les vacances des centaines de jeunes qui y suivent une formation au maniement de armes et au combat. Mais ce que n’a pas mentionné Arte, c’est la nature de l’unité qui encadre cette drôle de colonie de vacances. En effet, le bataillon Azov, dont le nom n’a été mentionné que dans un bandeau présentant l’un des formateurs interviewés, a été intégré à l’armée régulière ukrainienne depuis septembre dernier mais reste surtout connu pour ses crimes commis dans l’Est du pays, condamnés y compris par l’Onu, et pour ses sympathies néo-nazies. D’ailleurs, les insignes du bataillon arborant des symboles SS ainsi que son nom sont omniprésents dans le campement filmé par Arte, de même que sur les t-shirts dont sont revêtus les enfants. Du coup, cet oubli de la chaîne franco-allemande, qui suit de prêt ce conflit depuis ses débuts, est  incompréhensible, d’autant que la mention cette information aurait apporté un éclairage essentiel sur le sujet.

L'insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d'écran Arte Journal)
L’insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d’écran Arte Journal)

Même si aux élections législatives d’octobre dernier l’extrême droite représentée essentiellement par le parti Svoboda n’a obtenu qu’un faible score, il n’en reste pas moins que le gouvernement de Petro Porotchenko, à dominante conservatrice et libérale, tient une ligne nationaliste et continue d’entretenir des liens ambigus avec l’extrême droite la plus radicale, à laquelle il ne cesse de donner le change, que ce soit en votant des lois négationnistes ou en tolérant les insignes nazis dans les rangs de ses forces miliaires et notamment au sein du bataillon Azov, qui compte de nombreux volontaires étrangers. Comme l’a noté d’autre part Arte, le gouvernement aurait même souhaité intégrer aux troupes régulières les milices du groupe ultranationaliste Parvyi Sektor. Malheureusement pour lui, ce dernier l’accuse de trahison et n’hésite plus à combattre les armes à la main les forces gouvernementales. Un conflit de plus dans une guerre qui n’en finit plus, et dont les premières victimes sont les populations civiles.

Russie et Grèce : des procès à suivre

10995610_1677680795793908_3091674201233652150_oLe procès d’Alexandre Koltechenko et d’Oleg Sentsov vient d’ouvrir il y a quelques jours en Russie. Aujourd’hui, c’est le procès de militants anti-austérité, arrêtés lors de la manifestation du 15 juillet dernier, qui a commencé en Grèce. Une pétition de soutien a été déposée à l’ambassade de Grèce, notamment par Alain Krivine. Voici un extrait du texte de la pétition : “Le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui a adopté le nouveau mémorandum dans la lignée des gouvernements précédents, prouve qu’il ne peut ni mettre en œuvre les nouvelles mesures d’austérité qui détruisent la vie des travailleurs et du peuple en Grèce ni réussir à opérer un renversement du NON massif de la classe ouvrière, sans recourir à la forme ultime de la domination sociale : la violence policière d’État et la répression. “ Nous essaierons de vous tenir au courant autant que possible du déroulé des événements.

Alexandre Koltchenko : compte-rendu de la manifestation parisienne du 30 juin 2015

Nous étions hier soir à Paris une quarantaine de personnes, dont un bon nombre d’Ukrainiens, de Russes et de Tchétchènes, à manifester notre soutien à Alexandre Koltchenko, Oleg Sentsov et l’ensemble des prisonniers politiques actuellement détenus en Russie, dans une ambiance international(ist)e et bon enfant.