Tag Archives: Russie

Petit tour d’horizon des médias pro-Kremlin

Depuis un an, le paysage des médias pro-russes francophones a subit, sous l’impulsion des autorités russes qui le financent, une importante restructuration. Aujourd’hui, le site SputnikNews domine ce paysage. Mais si l’esthétique change, la ligne reste la même.

Négationnisme en Ukraine et réactions des propagandistes pro-russes : une belle leçon d’opportunisme

Début avril, les parlementaires ukrainiens ont pris une décision mettant sur le même plan nazisme et communisme, en interdisant toute forme d’expression de ces idéologies, et reconnaissant comme “combattants de la liberté” les collaborateurs locaux du régime nazi qui ont combattu à ses côtés dans des unités paramilitaires, alors même que l’Ukraine a été durement éprouvée par le Seconde guerre mondiale et a subi de plein fouet les massacres perpétrés par la division SS Das Reich (dont le bataillon Azov qui combat les pro-russes dans l’Est du pays a pourtant repris l’insigne) notamment dans la région de Kharkov. C’est pourquoi le Centre Simon Wiesenthal a condamné le caractère négationniste de cette décision, s’attirant bien malgré lui les félicitations des soutiens habituels de l’impérialisme russe (Les-crises.fr, LeGrandSoir.info, le PRCF), qui oublient au passage que le même Centre avait condamné quelques temps auparavant la tenue en Russie d’un meeting de l’extrême droite européenne (dont nous avions parlé ici) ainsi que la diffusion régulière de propagande antisémite par RT (ex-Russia Today). L’ironie est encore plus cinglante quand on sait que l’ONG a par le passé été régulièrement dénoncée par LeGrandSoir.info pour son soutien à Israël ou ses critiques d’Hugo Chávez. Via un communiqué signé Djordje Kuzmanovic, le Parti de Gauche (PG) a de son côté repris l’information pour condamner l’accueil réservé par François Hollande au président ukrainien Petro Porochenko, qui a été reçu il y a deux jours à L’Elysée. Kuzmanovic, qui n’hésite pas à manifester aux côtés de militants d’extrême droite en faveur de la politique de Poutine dans l’Est de l’Ukraine, y dénonce le fait qu’à ses yeux “la France n’a pas à suivre aveuglément les intérêts bellicistes des Etats-Unis. Ensuite la patrie des droits de l’homme ne saurait dérouler le tapis rouge pour un régime aussi criminel et négationniste. […] le Président de la République française aurait mieux fait de méditer le fait que l’aventurisme militaire de l’OTAN en Ukraine menace la paix en Europe.” A ce niveau, c’est l’hôpital qui se moque de la charité…

L’extrême droite européenne se réunit à Saint-Pétersbourg

La liste des participants. (Cliquer pour agrandir)
La liste des intervenants. (Cliquer pour agrandir)

Environ 150 à 200 représentants d’une dizaine de partis d’extrême droite européens se sont retrouvés dimanche à Saint-Pétersbourg en Russie à l’invitation du parti Rodina (Patrie) qui soutient la politique de Vladimir Poutine. Étaient présents des cadres d’Aube dorée (Grèce), du NPD (Allemagne), d’Ataka (Bulgarie), de Forza Nuova (Italie). Parmi les nationalistes russes, on comptait de nombreux cosaques, ainsi que le député Alexei Zhuravlev, dont un des chevaux de bataille est de retirer leurs enfants aux parents homosexuels (voir, en anglais, ici et ). Le but de ce forum était entre autres de soutenir la politique russe en Ukraine. Ugo Voigt, député européen du NPD condamné dans le passé pour avoir qualifié Adolf Hitler de “grand homme“, a déclaré que “C’est fascinant (de voir) quelle patience montre la Russie et le président Poutine face à la politique agressive de l’Otan” tandis que Nick Griffin, ancien dirigeant du British National Party (BNP), a présenté la rencontre comme “un moyen de résister au modernisme et à la destruction des valeurs traditionnelles dont le christianisme dans le monde actuel“. Alors qu’il avait participé le 31 mai dernier à Vienne à l’invitation du FPÖ  à une rencontre de partis nationalistes européens pro-russes où se trouvait également Ataka, le FN, soutien traditionnel de Poutine en France, était cette fois-ci absent en tant que tel, même si Olivier Wyssa, conseiller régional Rhône-Alpes proche de Carl Lang et qui avait été exclu du parti frontiste était bien présent (le même avait participé à Milan le 21 décembre dernier à une rencontre de nationalistes européens en compagnie d’Alexandre Gabriac et d’Yvan Benedetti). Une quarantaine de personnes a protesté contre la tenue de ce meeting dans une ville martyre de la Seconde guerre mondiale et huit d’entre elles ont été arrêtées par la police, tandis que la Fédération russe des communautés juives à a fait part de sa vive préoccupation. Sources : dépêches de l’AFP en français et en anglais, ainsi que d’AP, The Interpreter (journal du thnik-tank d’opposition Institute of Modern Russia), Meduza (site web d’opposition), courriel.

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Ukraine : le mouvement antifasciste européen dans la tourmente ?

A l’heure où s’organise une campagne internationale pour la libération d’Alexandre Koltchenko, antifasciste de Crimée détenu arbitrairement par les autorités russes, divers individus et organisations se revendiquant de l’antifascisme tentent quant à eux d’organiser un soutien aux miliciens pro-russes du Donbass, aux côtés desquels combattent pourtant des militants d’extrême droite.

Alexandre Douguine et ses soutiens au sein de Syriza

Nous nous interrogions récemment sur l’accord de gouvernement conclu par Syriza avec le parti nationaliste des Grecs indépendants (voir également ici). Le chercheur spécialiste de l’extrême droite en Ukraine et en Russie Anton Shekhovtsov revient lui sur les liens qui existent entre certains cadres de Syriza et Alexandre Douguine. En particulier, le ministre des Affaires étrangères Nikos Kozias avait invité le penseur russe à l’université du Pirée le 12 avril 2013. Or, ce dernier, intellectuel renommé au sein de l’extrême droite européenne, est le principal théoricien et promoteur de l’eurasisme, théorie et mouvement panslave qui prône la suprématie d’une Europe continentale dominée par la Russie. Il évolue également non loin des cercles dirigeants liés au Kremlin, dont il soutient activement la politique en Ukraine. Plus largement, Shekhovtsov décrit la politique étrangère de Syriza et des Grecs indépendants comme particulièrement complaisante à l’égard de la Russie de Poutine.