Tag Archives: Républicanisme

Forme particulière d’étatisme propre à la France, le républicanisme est une idéologie partagée par la grande majorité du champ politique et souvent dans ce pays indissociable du nationalisme, associant discours sur l’Etat, la Nation (avec un grand “n”), la République et souvent la laïcité. Dans sa version de gauche, elle est régulièrement associée à une mise en avant d’une imagerie révolutionnaire largement mythifiée. Depuis quelques années, on voit également ressurgir en justification de cette idéologie des références à une vision là aussi largement fantasmée de la Résistance, surtout dans les mouvements souverainistes confusionnistes. Très lié au nationalisme français, l’idéologie républicaniste tient en général pour un fait acquis, bien que ses partisans l’énoncent rarement explicitement, que le “modèle républicain” français est une forme de gouvernement et d’organisation sociale supérieurs à ceux ayant cours dans bien d’autres pays, même démocratiques bourgeois.

Pour Michel Onfray, “l’État peut garantir l’anarchie”

Michel Onfray a débattu à Nice avec Eric Zemmour le 5 juin dernier. Le débat, organisé par Le Point, était animé par Franz-Olivier Giesbert (FOG). Onfray, qui est encore souvent présenté comme un philosophe libertaire malgré ses nombreuses prises de position réactionnaires, y a tenu un discours républicain bon teint. En matière d’anarchisme, il a cité Pierre-Joseph Proudhon comme une référence (alors que ce dernier est loin, de tous les penseurs anarchistes, d’avoir eu la plus émancipatrice des pensées), dans un développement confondant les notions de libéralisme et d’anarchisme, une confusion qui est un grand classique chez les détracteurs du mouvement libertaire.  Pour FOG, “il y a un tel anarchisme chez Proudhon qu’on n’est pas très loin du libéralisme.” Ce à quoi Onfray à répondu être d’accord avec Zemmour sur le fait que le libéralisme était une catastrophe pour la France (“la France qui est dominée par une sorte de communisme mou puisqu’il y a 57% de dépenses publiques”, a jugé bon de rajouter FOG). Ainsi pour Onfray, le libéralisme est “le système dans lequel l’argent fait la loi […] Comme il fonctionne actuellement, le libéralisme est une contrainte de chaque jour, donc on a actuellement les inconvénients du libéralisme et pas les avantages. Alors mon libéralisme, effectivement il passe par la communauté, la coopération, la mutualité, la fédération, ce qui n’exclut pas l’État – ce sur quoi nous nous retrouvons tous les deux (avec Eric Zemmour, NDLR) – parce qu’il y a chez le dernier Proudhon, celui de Théorie de la propriété, cette idée que l’État peut garantir l’anarchie.” A l’entendre, on pourrait croire qu’on vit dans une sorte de dictature totalitaire dans laquelle l’État serait “en permanence présent pour nous dire ce qu’il faut faire personnellement”, jusque dans notre lit (véridique !). Lui préfère y opposer le fait que “l’État devrait garantir les libertés que nous devrions pouvoir construire sur un mode autogestionnaire”. En voilà un drôle de libertaire qui prône l’appel à l’État pour construire l’anarchie ! Parmi les autres absurdités développées ce jour-là par Onfray, une théorie du complot s’agissant du référendum sur le traité de Maastricht : “A mon avis, je ne suis pas sûr mais j’ai presqu’une hypothèse : on peut même imaginer que les Français avaient voté contre et que le cynisme de Mitterrand aurait rendu possible une erreur de calcul, comme ça s’est fait aux États-Unis avec George Bush.” Une affirmation applaudie par la salle. Et enfin, il a regretté que les leaders de gauche de l’après-Mai-68 (Marchais, Mitterand, Krivine, Badinter, Chevènement selon lui) n’aient pas dit à l’époque quelque chose comme : “il y a des valeurs à gauche qui font qu’on doit pouvoir proposer [des choses] pour le travail, pour la famille et même pour la patrie s’il faut prendre ces instances-là.” Ce qui ne l’a pas empêché de comparer à la fin du débat une prétendue “islamisation” de la France à la collaboration, avec les acquiescements de Zemmour. Fermez le ban !

Jean-Pierre Chevènement en plein naufrage…

Après avoir quitté samedi son Mouvement républicain et citoyen (MRC) pour “reprendre sa liberté” (sic), Jean-Pierre Chevènement, qui se dit « en dehors des logiques partisanes » entend désormais tendre la main aux « républicains de l’autre rive ». L’ex-ministre a expliqué au Parisien que selon lui “le clivage gauche-droite ne correspond plus à la réalité” et que “ce qui est en jeu c’est le redressement de la construction européenne à partir de ses nations et sur la base d’un projet « d’Europe européenne », pour reprendre l’expression du général de Gaulle.” Il rêve d’un grand rassemblement des “républicains” de tous bords, de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Dupont-Aignan. Selon Le Figaro, Dupont-Aignan a répondu que «C’est un point positif pour le combat des patriotes», et qu’il “serai[t] content de l’accueillir”. Jean-Luc Mélenchon en revanche affirme que si “M. Chevènement aurait sa place au Front de gauche”, il n’est pas question d’envisager la moindre alliance avec Dupont-Aignan, “qui a une vision beaucoup plus nationaliste”. Chevènement pourra toujours se rabattre sur l’UPR… De toute façon, cela fait longtemps que celui qui dénonçait en son temps les “sauvageons” des quartiers populaires n’a plus aucune constance politique. On sait notamment qu’il a opéré ponctuellement des rapprochements avec des franges de la droite et même de la droite radicale, par exemple lors du colloque du 10 décembre 2012 organisé par sa Fondation Res Publica (et qu’il animait) autour du thème “Les Etats émergents: vers un basculement du monde?” lors duquel se sont retrouvés, outre des chercheurs et des ambassadeurs, Jean-Pierre Raffarin et surtout Hervé Juvin, à l’époque déjà connu pour sa proximité avec le Bloc identitaire. La même année, le 17 avril, Chevènement était également intervenu lors du premier “Café Fils de France”, organisé par Fils de France, un think-tank de “musulmans patriotes” proche d’Egalité et Réconciliation, qui avait relayé affiche-cafe-avril1-83f16l’événement. Suite à son départ du MRC, le Front national ne s’y est en tout cas pas trompé, publiant un communiqué élogieux à son égard qui a tout d’une porte ouverte (voir ici : frontnational.com/2015/06/chevenement-demissionne-du-mrc-plutot-que-de-fermer-sa-gueule/)…

Ruptures, nouveau mensuel souverainiste

Ce 29 mai, jour anniversaire des dix ans du “non” au TCE, une nouvelle revue souverainiste devait voir le jour : Ruptures, héritière de Bastille République Nations. Sa sortie est repoussée à fin juin, mais nul doute que quoiqu’en prétende son titre, elle sera dans la lignée de son prédécesseur, cultivant un nationalisme bon teint mâtiné de protectionnisme et de républicanisme.

Réponse à Yannick Herve

Sur le blog de Luttons contre le FN sur Mediapart, un droit de réponse attribué à Yannick Herve et posté par un autre propagandiste de l’UPR me cite abondamment et remet en cause la qualité de mon travail en s’appuyant toujours sur les mêmes calembredaines diffusées depuis plus de deux ans à mon sujet notamment par Le Grand Soir, l’UPR, Silvia Cattori ou Chantal Dupille dite Eva R. Luttons contre le FN, collectif dont je ne suis pas membre mais avec lequel il m’est arrivé de collaborer, révèle que Yannick Herve me considère comme “le Ulcan des antifa”, du nom de ce hacker franco-israélien proche de la Ligue de Défense juive (LDJ). Lui et ses amis peuvent toujours faire mine de s’étonner que je n’aie pas répondu au courriel qu’il ma adressé il y a quelques jours, mais il n’est pas dans mes habitudes de donner suite à des demandes émanant d’individus insultant mon travail et usant d’un tutoiement méprisant à mon égard. O. G.

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Toujours sur Yannick Herve, le candidat conspirationniste de l’UPR

Reprenant une partie de nos informations, nos amis de Luttons contre le FN ont publié un article de synthèse sur Yannick Herve, le candidat conspirationniste de l’UPR. On y apprend que celui-ci a emprunté à l’inénarrable Sylvain Baron l’idée de décrocher les drapeaux européens des bâtiments publics, idée qu’il a mise en pratique lors de sa campagne récente pour une législative partielle dans le Doubs en décrochant le drapeau européen de la mairie d’Audincourt, une opération médiatique relayée par I-Télé. Lors de cette élection qui s’est tenue en février, Yannick Herve a rassemblé 0,57 % des voix, tandis que le FN était arrivé en tête au premier tour avant de perdre de justesse face au PS au second.

Départementales : les candidats conspirationnistes de l’UPR

Le compte Twitter de critique de l’UPR @L_Obus2 signale captures d’écran à l’appui que l’UPR présente aux prochaines élections départementales quatre candidats affichant sur le réseau social Facebook des centres d’intérêt conspirationnistes. Il s’agit de Yannick Herve à Erstein dans le Bas-Rhin, de Frédérique Mourgues à Nîmes dans le Gard (voir ici), de Kemais Marzouk à Joué-Lès-Tours en Indre-et-Loire et d’Aurore Macé à Grandvillars dans le Territoire-de-Belfort (voir ici), ces deux derniers ayant notamment relayé des théories du complot relatives aux attentats contre Charlie Hebdo.

Jean-Loup Amselle : « On assiste à une racialisation du débat politique »

Nous donnons la parole à l’anthropologue Jean-Loup Amselle, auteur d’un livre sorti récemment sur le confusionnisme politique, Les nouveaux rouges-bruns – Le racisme qui vient (éditions Lignes). Nous l’avons rencontré début janvier, au lendemain de l’attentat qui a frappé Charlie Hebdo.

Le M’Pep, retour sur une dérive

Le M’pep change officiellement de nom et d’orientation politique en devenant le Parti de la Libération nationale et de la Démondialisation, une formation qui « ne se place plus dans le clivage gauche-droite ». Mais le tournant droitier du mouvement dirigé par Jacques Nikonoff ne date pas d’hier…

Le M’Pep change de nom et confirme son virage à droite

Le M’Pep (Mouvement politique d’Emancipation populaire) vient d’annoncer changer son nom en Parti de la Libération nationale et de la Démondialisation, ayant pour « objectif » de promouvoir « un socialisme pour le XXIe siècle », suivant la formule chère à Hugo Chávez. Pourtant, alors que cette formation – qui devient ainsi officiellement un parti – semblait jusque là se reconnaître dans la gauche, elle renonce aujourd’hui à cette attache, estimant que la gauche « ferme la seule voie, la souveraineté nationale, qui permettrait de sortir de l’impasse dans laquelle notre pays se trouve. » Elle annonce donc que désormais elle « ne se place plus dans le clivage gauche-droite », bien qu’elle entende toujours « s’engager clairement dans la défense des classes dominées » et répète qu’elle « veut la fin du capitalisme ». Fondé en 2008 notamment par un ex-dirigeant d’Attac, Jacques Nikonoff, qui a à plusieurs reprises ces dernières années affiché son soutien à Nicolas Dupont-Aignan, le M’Pep avait également tenté un rapprochement avec l’UPR de François Asselineau en 2012, en compagnie d’autres formations comme le PRCF ou les « Clubs Penser la France ». Avec ces deux organisations, il fait partie aujourd’hui du CNR-Rue (Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne). Cette annonce ne vient donc que confirmer un virage droitier entamé depuis longtemps.