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Crime policier à Rennes : 200 personnes rendent hommage à Babacar Guèye

Photo France 3 Régions
Photo France 3 Régions

Aujourd’hui à Rennes, 200 personnes ont rendu hommage à Babacar Guèye, citoyen sénégalais de 27 ans abattu par la police dans la nuit du 2 au 3 décembre derniers. Ses proches ont livré un témoignage poignant à Mediapart : Babacar Guèye dormait chez des amis. Au cours de la nuit, il s’est réveillé, comme pris d’une crise d’angoisse. Son ami est venu le calmer et il s’est rendormi. Puis il s’est à nouveau réveillé et il est allé chercher un couteau à pain avec lequel il s’est auto mutilé. Son ami a essayé de le maîtriser, sans y parvenir, et, ce faisant, il a été blessé. Cet ami a donc appelé les pompiers au secours. Les policiers sont [également] arrivés sur les lieux. Face à cet homme armé d’un simple couteau à pain, la police, pourtant équipée de tazers, gazeuses, matraques, flash balls, l’a abattu de cinq balles dans le haut du corps.” Babacar Guèye a donc été assassiné alors qu’il avait besoin d’une prise en charge médicale, sollicitée par ses amis. Il avait le tort d’être étranger. Cela fait au moins dix ans que les pompiers se font escorter régulièrement par la police à Rennes, ce qui suscite des tensions lors d’interventions qui au contraire mériteraient une prise en charge adaptée et rassurante.

Concert avec In Memoriam : La Souris Déglinguée assume

Le groupe punk La Souris Déglinguée, qui a donné récemment un concert dans les Arènes de Fréjus en compagnie du groupe d’extrême droite In Memoriam, a publié le 10 août dernier un communiqué pour se justifier, dans lequel il assume « ce choix de dialoguer, de parler » au nom du « vivre ensemble » et de l’amitié unissant Tai Luc, chanteur du groupe, à l’organisateur du concert et militant nationaliste Minh Trân Long, « tout comme il y a des échanges cordiaux avec « l’invité surprise » Xavier In Mémo croisé et salué de temps à autre dans les bars du Quartier latin ou au local de répétition commun à tous les groupes parisiens de la rive gauche » (Source : lc.cx/ZuLY). Cette prise de position vient de valoir au groupe l’annulation du concert qu’il devait donner le 3 octobre prochain au festival Fiesta La Mass à Rennes, organisé par le label Mass Productions.

L’extrême droite contre les squats

Le site toulousain d’information alternative Iaata.info est revenu sur les tentatives opérées depuis deux ans par divers groupuscules d’extrême droite pour faire expulser des squats à Calais, Rennes, Montpellier et Toulouse. Ces dernières semaines à Rennes, c’est selon nos informations un mélange de militants d’Adsav (nationalistes bretons), du Front national et d’Identitaires ainsi que de gens se revendiquant des Bonnets rouges (l’organisation officielle de ces derniers s’étant désolidarisée) qui sont passés à l’action, tentant de faire croire qu’un groupe de précaires habitant une maison délabrée inoccupée depuis plusieurs années (et récemment expulsé) risquait d’entraîner la mise à la rue de sa propriétaire octogénaire, Maryvonne Thamin, alors même que cette dernière n’avait  rien fait pendant près de deux ans pour récupérer son bien, n’y vivait pas et envisage de le vendre. A Calais, c’est le collectif anti-migrants “Sauvons Calais” qui a à plusieurs reprises sonné la charge en 2013 et 2014, tandis qu’à Toulouse, un tout nouveau collectif du nom d’Ucodel s’est monté en mars et a pris d’assaut un squat en mai. Ces initiatives au discours néo-poujadiste (il s’agit de défendre la propriété privée) ont reçu le soutien éditorial du Figaro, qui a récemment publié un dossier anti-squats reprenant sans recul critique les informations des soutiens de Maryvonne Thamin, tandis qu’un député UMP proposait une nouvelle loi de criminalisation des squatteurs (voir aussi sur Squat.net et sur Iaata.info), un an après le vote d’un premier texte visant à faciliter leur expulsion et proposé par la sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart, à tel point que le journal Le Monde qualifie de “surenchère” les initiatives des élus de droite sur ce sujet. Avec la récente attaque de Laurent Ozon et du groupe néo-nazi belge Nation contre une manifestation de migrants, les pressions de militants du Groupe Union Défense (Gud) contre des syndicalistes de la CNT à l’Ecole supérieure d’architecture (voir aussi sur Sons le luttes) ou encore, en Italie, celle de grévistes par des fascistes, ces tentatives relèvent d’une inquiétante tendance des forces radicales d’extrême droite à vouloir réoccuper la rue, y compris en se confrontant directement au mouvement social et en mettant en danger les plus fragiles, rassérénée par le soutien qu’elle perçoit de la part d’une droite parlementaire suiveuse, de médias souvent complaisants et d’un patronat demandeur.

Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP
Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP