Tag Archives: Nationalisme

Le nationalisme, qui peut prendre plusieurs formes et revêtir différents degrés, n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, un monopole de la droite et de l’extrême droite. C’est à la fin du 19e siècle que les discours nationalistes ont commencé à pénétrer à gauche, jusqu’à représenter une orientation sans doute majoritaire en son sein, via en particulier le républicanisme, au détriment de l’internationalisme. Nous entendons par nationalisme les discours et idéologies mettant en avant le mythe national sous ses diverses formes (républicain, identitaire, etc.), qu’il s’accompagne ou non de discours racistes.

Le Comité Valmy contre les “migrations de remplacement”

Le Comité Valmy, collectif souverainiste qu’on peut sans grand risque d’erreur qualifier de rouge-brun, sort lui aussi du bois à propos des migrants, en postant ces derniers jours des articles appelant à la fermeture des frontières. “Le Comité Valmy dénonce à nouveau, le caractère délétère de l’accord de Schengen. Celui-ci comme on le voit plus que jamais aujourd’hui, rend en particulier incontrôlable par les États-nations, le développement dangereux des flux migratoires”, explique-t-il ainsi. “Le Comité Valmy estime que la France doit se retirer de l’Espace Schengen, dénoncer cet accord et rétablir ses frontières ainsi que la souveraineté de notre peuple-nation”, ajoutant : “en réalité, ces tragédies s’intègrent dans une stratégie migratoire de long terme. La politique migratoire communautaire est volontairement immigrationniste.” Ce collectif, qui compte parmi ses fondateurs des militants venus d’une tradition communiste et même d’anciens résistants, se laisserait-il contaminer par la théorie du “grand remplacement” ? En tout cas il affirme : “M. Lamy justifie ces migrations de remplacement par le manque de vigueur démographique de l’Europe.” Selon le Comité Valmy, ces “migrations de remplacement” serait orchestrées par le patronat, le gouvernement et les églises, soutenues par une propagande venue des Etats-Unis. “Or, certains peuples, insensibles aux leçons de morale mais conscients de la réalité de la situation, refusent de se faire remplacer”, indique le Comité, se félicitant des provocations anti-migrants de l’extrême droite, concluant sur une note totalement anachronique : “c’est en réalité la totalité des travailleurs européens qui se trouvent mis davantage sous pression de l’armée de réserve migratoire. Le risque de guerre civile est loin d’être négligeable. Voir les massacres du début du Vè siècle, découlant des grandes invasions barbares décrits par Gibbon dans Déclin et chute de l’empire romain.” A l’appui de cette thèse, le comité Valmy relaie par ailleurs les propos de Michel Onfray sur la question ou un vieil article de La Voix de la Russie.

Source : comite-valmy.org/spip.php?article6294

Jean-Luc Mélenchon : “Nous préférons la France à tout autre chose”

Dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de “C Politique” sur France 5. A propos de la crise des migrants, il a déclaré que s’il fallait les accueillir, on ne pourrait le faire sur la durée :

“Les gens nous devons les accueillir pour la raison qu’il n’y a aucune autre solution rationnelle […]. On ne peut faire autrement que notre devoir humain […]. Et j’adjure que tout le monde comprenne que la loi du cœur est la bonne dans ce cas. Mais après comme responsable politique, on ne doit pas se moquer des gens. Cette année, le gouvernement allemand dit qu’il va accueillir 800 000 réfugiés. Supposons qu’il le fasse réellement […]. Et l’année suivante ? Accueilleront-ils 800 000 personnes de plus ? Et l’année d’après ? Ce n’est pas sérieux. Nous ne pouvons pas faire face à la situation avec de telles méthodes. Il faut donc dissuader les gens de partir en leur donnant des raisons de rester. C’est à dire qu’il faut que nous assumions nos responsabilités. C’est l’Europe avec les Etats-Unis qui ont déclenché la guerre d’Irak qui a déclenché une pagaille gigantesque. C’est l’Europe qui a entretenu les troubles d’opposition qui ont emmené la guerre en Syrie. […] Par conséquent, il faut maintenant arrêter cette politique-là, traiter les causes, parce que nous ne seront pas capables d’accueillir des vagues humaines de cette ampleur. […] Ce qui sont là, nous ne les rejetterons pas à la mer. Mais il est urgent d’arrêter l’hémorragie qui fait que ces gens sont obligés de partir. Donc débrouillons-nous pour faire la paix en Syrie.”

Et d’en appeler pour ce faire à rouvrir des discussions avec Bachar Al-Assad, à l’instar de ce que fait Poutine, en vue d’imposer un “gouvernement d’union nationale” qui réunirait, si on le suit, des partisans de Bachar et “tous les démocrates de ce pays”. Et qui devrait imposer un tel gouvernement ? “Nous puissances occidentales”. Colonialisme, quand tu nous tiens… Par ailleurs, sur la question de l’Europe et de l’euro, le leader du Parti de gauche a déclaré : “Nous préférons la France à tout autre chose, et le diable l’emporte qui n’est pas avec nous. La France, notre indépendance, notre liberté, la démocratie. Ce sont des valeurs fondamentales de l’Europe, elles ont disparu du rêve européen.” Enfin, à la question de savoir qui était le plus à même de battre Marine Le Pen, il a modestement répondu : “Moi, parce que je suis ce qui est le plus le contraire. Et par conséquent, c’est ce qui est le plus respectueux de l’intelligence des Français.” Et comme conseil de lecture pour la rentrée, le livre de Jean-Christophe Cambadélis (PS) : “Celui de Camba est intéressant et bien écrit. Évidemment je suis en désaccord complet, mais je pense que ça vaut la peine pour bien comprendre le parti socialiste d’aller lire le dernier des Mohicans, le dernier qui croit à la social-démocratie.” Voir quelques tweets de Jean-Luc Mélenchon pendant cette émission (cliquer pour agrandir) :

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Frédéric Lordon juge “monstrueuse” une possible alliance avec le FN

Face aux déclarations de Jacques Sapir appelant à une alliance anti-euro qui regrouperait jusqu’au FN, celles de Jean-Pierre Chevènement allant dans le même sens ou celles de Nicolas Dupont-Aignan qui le 29 août dernier lors de la soirée de clôture de l’université d’été de Debout la France a « rassembler au-delà des appareils les patriotes de droite, de gauche et d’ailleurs », une des rares voix dissonantes chez les intellectuels souverainistes est celle de Frédéric Lordon. L’économiste a en effet publié sur son blog le 26 août dernier un texte intitulé “Clarté” dans lequel il juge de telles alliances “invraisemblables”. “Le drame politique se noue véritablement quand la confusion n’est plus seulement alimentée par ce qu’on appellera la droite générale – où le PS se trouve évidemment inclus – mais depuis la gauche également, et sous deux formes diamétralement opposées : l’entêtement de la gauche alter-européiste à « changer l’euro », la perdition d’une autre gauche dans la tentation, pour le coup, oui, monstrueuse, de l’alliance avec le Front national”, explique l’économiste, qui reproche à Jacques Sapir d’avoir cédé à “une idée despotique” et d’avoir “perdu tout sens de l’histoire”, indiquant : “il y a pire que l’égarement : l’égarement pour rien. Car voici la tragique ironie qui guette les dévoyés : le FN, arrivé au pouvoir, ne fera pas la sortie de l’euro.” Et d’en appeler à une sortie de gauche de l’euro, la seule possible selon lui. Pour autant, Lordon ne renonce pas à son antienne : réhabiliter l’idée nationale à gauche, alors même que le chauvinisme est une des sources importantes de la confusion qui règne dans certaines franges de ce camp politique. “Dans ces conditions, la faute intellectuelle de l’alter-européisme est triple : il a manqué à voir la dualité du signifiant « nation souveraine », abandonné à la droite d’en imposer sa lecture, et par cet abandon même trahi son propre legs historique : car en France la nation souveraine naît en 1789, elle se constitue comme universalité citoyenne, elle exprime le désir de l’autonomie politique, désir d’un peuple en corps de se rendre maître de son destin, bref elle est de gauche”, explique-t-il. L’économiste, qui continue donc d’affirmer qu’il ne faut pas laisser l’idée nationale à l’extrême droite, n’analyse pour autant pas le retournement de Sapir (que d’ailleurs il fallait être aveugle pour ne pas voir avant août) comme n’étant finalement que la conclusion logique et pratique de son souverainisme. De même, en focalisant sur l’euro (ne fait-il pas à ce sujet du “mono-idéisme” lui aussi ?), il n’explique pas non plus comment une sortie de cette monnaie pour revenir à une monnaie nationale permettrait de combattre efficacement le capitalisme et de mettre fin à ses ravages, dans la mesure où la monnaie, qu’elle qu’elle soit, est un des principaux instruments sur lequel ce dernier repose.

Document : pour Michel Onfray, Marine Le Pen est “libertaire”

En pleine crise migratoire et en plein retour en force du souverainisme dont nous essayons sur ce site de cerner les contours, il est bon de rappeler ce que disait Michel Onfray, pseudo-libertaire, il y a un an sur RTS (Radio-Télévision suisse) le 27 août 2014, à propos des souverainistes et du souverainisme :

“ces gens-là ils sont majoritaires dans la population et minoritaires dans leur représentation. Et je pense que quand on s’aliène, quand on se vend, quand on renonce à sa souveraineté nationale au profit d’une souveraineté européenne, et bien effectivement, on renonce à la liberté, on n’aime pas la liberté quand on demande à Bruxelles de décider de notre ligne politique. […] Ceux qui veulent recouvrer la liberté, je les appelle des “libertaires”, donc ça va chez nous en France de Marine Le Pen à Mélenchon en passant par l’aile gauche du parti socialiste et l’aile gauche de l’UMP, ça fait beaucoup de monde en France.”

Interrogé sur la xénophobie de certains partis souverainistes comme en Suisse celui de l’Union démocratique du Centre (UDC), à la question de savoir si le rejet des étrangers était un risque à courir, Onfray a répondu :

“considérer que la totalité des flux d’immigration du monde ne peuvent pas se trouver concentrés dans les pays d’Europe, ce n’est pas ne pas aimer les étrangers. On peut simplement vouloir protéger un pays ou une Europe, qui elle est impliquée dans une mondialisation, et ça peut être une façon de défendre son économie et son peuple. Je ne pense pas que ce soit une occasion de ne pas aimer les étrangers que de défendre son peuple en disant que nos ouvriers puissent travailler, que les familles puissent avoir de l’argent parce qu’il y aura un travail, etc. Ce n’est pas détester les étrangers, ça.”

Pauvre philosophe, qui ignore que la majorité des migrations se font dans un sens Sud-Sud et pas Sud-Nord ! Merci au lecteur qui nous a déterré cette perle, démontrant encore s’il en était besoin que Michel Onfray n’a rien d’un libertaire, mot dont il ne semble même plus comprendre le sens réel.

La Cocarde étudiante, syndicat étudiant de droite souverainiste

Logo martial pour le nouveau syndicat, qui n'est pas sans rappeler celui de la Bac du 92.
Logo martial pour le nouveau syndicat, qui n’est pas sans rappeler celui de la Bac du 92.

La Cocarde étudiante, syndicat étudiant souverainiste fondé en mai dernier, fait sa rentrée. Ses membres se définissent comme “souverainistes et profondément gaullistes” et la nouvelle organisation se veut un “rassemblement indépendant de tous les étudiants patriotes aspirant à la liberté”. Elle regroupe selon les dires de ses responsables 200 étudiants parmi lesquels de nombreux sympathisants des Républicains, du FN et de Debout la France (DLF), et table sur 400 d’ici à fin septembre. Il compte seize sections, dont cinq à Paris. Fondé par d’ex-militants de l’Uni, il est présidé par Maxime Duvauchelle, son président – un ancien de l’Uni et de l’UMP version Droite populaire (courant de l’UMP proche de la droite radicale) et proche de militants FN, dont Kelly Betesh, responsable du syndicat à l’université Paris-Descartes. Les deux avaient d’ailleurs réveillonné ensemble au Nouvel An dernier, tandis que de Florian Philippot avait fait un pasage éclair à la soirée. Interrogé par le journal La Croix, Alexandre Loubet, le tout nouveau président de Debout les jeunes, proche de Dupont-Aignan, se réjouit de l’initiative : “A priori, nous ne pouvons qu’encourager la création d’un syndicat étudiant souverainiste”, explique celui qui attend de savoir “quelles sont les propositions concrètes de La Cocarde étudiante”. Et que ce soit chez les Républicains ou DLF, les proximités avec le FN ne dérangent pas vraiment : “Cela ne nous pose pas de problème qu’il y ait des adhérents du FN, mais l’organisation doit rester indépendante et nous prendrions nos distances si elle s’en rapprochait trop”, ajoute Alexandre Loubet. Des encouragements partagés au FN, toujours selon La Croix : « On n’est pas là pour bloquer la création d’une structure souverainiste et patriote, bien au contraire, s’est contenté d’avancer Gaëtan Dussausaye. Le directeur du Front national de la jeunesse est persuadé quavec les nouvelles générations « tous les souverainistes et patriotes pourront effectuer un travail collectif sur leurs sujets communs. » Florian Philippot aussi a apprécié :2015-09-05_Philippot_CocardeLe syndicat ne fonctionne selon les dires de son président que sur ses cotisations, ainsi que sur “des dons privés”. Ses propositions sont proches de celles de l’Uni et affirment une claire ligne libérale, quoiqu’il s’en défende :  sélection à l’entrée à l’université, accroissement de l’autonomie des universités (un modèle pourtant en partie promu aussi par les instances européennes), hausse du numerus clausus en médecine et augmentation du budget de la recherche, combat contre “l’égalistarisme” que prôneraient selon lui les institutions européennes, entre autres. Et à côté de De Gaulle, le syndicat cite aussi Eric Zemmour comme figure intellectuelle de référence. Parallèlement, alors que le FN, qui a créé un “collectif Marianne” à destination de la jeunesse n’avait plus tenté de monter un syndicat depuis très longtemps, un groupe d’étudiants marinistes essaie en ce moment de se faire reconnaître à Sciences-Po Paris, toujours selon La Croix.

L’Obs interviewe Edouard Limonov

“BibliObs”, la rubrique “livres” du site de L’Obs, a publié ce 29 août une interview complaisante de l’écrivain russe Edouard Limonov, dont les idées ont nourrit les thèses d’Alexandre Douguine sur l’eurasisme qui ont aujourd’hui une influence certaine auprès de toute une partie de l’extrême droite européenne. Fondateur du Parti national-bolchevique en 1993 puis de la coalition d’opposition L’Autre Russie en 2006, l’homme y est présenté comme “poète, écrivain, activiste, homme politique, impérialiste russe –mais pas nationaliste étroit–, c’est un «extrémiste», un radical, de gauche et de droite à la fois”, soit exactement ce qu’il veut qu’on entende de lui, lui qui explique : “Je ne suis ni de droite ni de gauche. Mon premier parti était moitié de droite, moitié de gauche. C’était une nouveauté dans le monde idéologique.” Rappelons à ce sujet que dans les années 1990, Limonov avait participé à la rédaction de L’Idiot international, journal animé par Jean-Edern Hallier qui accueillait des contributeurs tant de gauche (surtout issus du PCF et de la CGT) que d’extrême droite, dans le  but déjà de tisser des liens entre ces deux courants. Ceci dit, l’interview est intéressante en ce qu’elle montre le danger de l’idéologie véhiculée par Limonov, qui prône ouvertement la reconquête par la guerre des territoires perdus après la chute de l’Union soviétique et qui reconnaît que L’Autre Russie a envoyé des combattants au Donbass : “Je l’ai dit dès 1992: nous avons laissé hors de Russie 27 millions de Russes et un jour nous devrons les réunifier avec la Russie les armes à la main. Et nous devrons aussi prendre les villes du nord du Kazakhstan, qui sont des villes russes.” Pour lui, l’Ukraine est donc un pays qui colonise des territoires russes. Accusant Poutine de lui voler ses idées, l’écrivain ne porte pas dans son cœur le maître du Kremlin qu’il définit comme “l’ennemi du Donbass” qui “veut arrêter cette guerre”. Une absurdité même pas relevée par le journaliste, quand on sait à quel point les séparatistes sont soutenus par l’armée russe… D’ailleurs Limonov reconnaît lui-même l’influence du FSB (les services secrets russes héritiers du KGB) dans ce conflit, dont il affirme qu’il aurait expulsé des membres de L’Autre Russie de la région. Il explique aussi que ce conflit a rendu Poutine populaire… dans un tel contexte, on ne voit pas bien pourquoi il voudrait y mettre fin, mais L’Obs n’a pas creusé la question. A propos du choix des habitants de la Crimée qui en 1991 ont voté à 54% pour l’indépendance de l’Ukraine, l’écrivain est catégorique : “C’était une escroquerie que de donner le droit de voter à des gens qui ne comprennent rien du monde.” Au passage, L’Obs n’a pas oublié de faire la promotion de l’ouvrage controversé qu’Emmanuel Carrère a consacré en 2011 à Limonov et dont ce dernier dit : “Je suis pragmatique : il a écrit un best-seller vendu dans une trentaine de pays, même au Japon. Et ce qui compte dans ma vie, ce sont les victoires. Avec l’aide de Carrère, fils d’une famille renommée, je suis arrivé à une place où je n’espérais pas arriver. Dans toutes les familles bourgeoises, dans toutes les bibliothèques. Tout cela me donne un plaisir malin.”

Source : bibliobs.nouvelobs.com/idees/20150827.OBS4864/edouard-limonov-poutine-utilise-mes-idees.html

Violences d’extrême droite en Ukraine

Après les affrontements armés suscités par les milices de Pravyi Sektor (Secteur droit) en juillet, les violences de l’extrême droite s’intensifient en Ukraine. Hier, des affrontements avec les forces de l’ordre ont fait 141 blessés et deux policiers ont été tués (voir ici, et ). Les nationalistes s’opposent à un projet de décentralisation visant à donner plus d’autonomie aux régions de l’Est en état de rébellion et qui sont soutenues par le Kremlin, en vue de se diriger vers un apaisement sinon une résolution du conflit. Les militants du parti Svoboda, issu d’une tradition néo-nazie mais qui tente ces dernières années de se donner une image respectable, étaient apparemment très présents dans ces manifestations. Selon Le Monde, “A l’intérieur de la Rada (parlement ukrainien, NDLR), au même moment, les six élus de ce parti, mais aussi ceux du populiste Oleh Liachko, théoriquement membre de la coalition gouvernementale, tentaient d’empêcher le vote du texte en occupant le podium de l’Assemblée”. Si aujourd’hui il se fait déborder par ces franges radicales, il n’en reste pas moins que le pouvoir en place en Ukraine entretient un rapport ambigu à son extrême droite. D’obédience conservatrice et libérale, il tolère par exemple dans les rangs de ses forces militaires des unités arborant des insignes néo-nazis, parfois coupables de crimes de guerre, comme le bataillon Azov.

Formation militaire d’enfants par le bataillon Azov en Ukraine : un oubli d’Arte Journal

Hier soir, Arte Journal a diffusé un reportage sur un camp militaire pour enfants et adolescents géré par le ministère de l’Intérieur ukrainien et accueillant pendant les vacances des centaines de jeunes qui y suivent une formation au maniement de armes et au combat. Mais ce que n’a pas mentionné Arte, c’est la nature de l’unité qui encadre cette drôle de colonie de vacances. En effet, le bataillon Azov, dont le nom n’a été mentionné que dans un bandeau présentant l’un des formateurs interviewés, a été intégré à l’armée régulière ukrainienne depuis septembre dernier mais reste surtout connu pour ses crimes commis dans l’Est du pays, condamnés y compris par l’Onu, et pour ses sympathies néo-nazies. D’ailleurs, les insignes du bataillon arborant des symboles SS ainsi que son nom sont omniprésents dans le campement filmé par Arte, de même que sur les t-shirts dont sont revêtus les enfants. Du coup, cet oubli de la chaîne franco-allemande, qui suit de prêt ce conflit depuis ses débuts, est  incompréhensible, d’autant que la mention cette information aurait apporté un éclairage essentiel sur le sujet.

L'insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d'écran Arte Journal)
L’insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d’écran Arte Journal)

Même si aux élections législatives d’octobre dernier l’extrême droite représentée essentiellement par le parti Svoboda n’a obtenu qu’un faible score, il n’en reste pas moins que le gouvernement de Petro Porotchenko, à dominante conservatrice et libérale, tient une ligne nationaliste et continue d’entretenir des liens ambigus avec l’extrême droite la plus radicale, à laquelle il ne cesse de donner le change, que ce soit en votant des lois négationnistes ou en tolérant les insignes nazis dans les rangs de ses forces miliaires et notamment au sein du bataillon Azov, qui compte de nombreux volontaires étrangers. Comme l’a noté d’autre part Arte, le gouvernement aurait même souhaité intégrer aux troupes régulières les milices du groupe ultranationaliste Parvyi Sektor. Malheureusement pour lui, ce dernier l’accuse de trahison et n’hésite plus à combattre les armes à la main les forces gouvernementales. Un conflit de plus dans une guerre qui n’en finit plus, et dont les premières victimes sont les populations civiles.

Avis à la population : prière de ne pas rigoler

proclamation_cntDécidément, le Mouvement du 14-Juillet et son Conseil national de transition sont une source d’approvisionnement inépuisable pour notre bêtisier. Exemple ci-dessus avec cette affiche (cliquer sur l’image pour agrandir), placardée par exemple dans les rues de Montreuil (Seine-Saint-Denis), qui montre une insolente certitude quant à la réussite de leur projet de coup d’État. Nous remercions le lecteur qui a bien voulu nous transmettre cette perle.