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Concert avec In Memoriam : La Souris Déglinguée assume

Le groupe punk La Souris Déglinguée, qui a donné récemment un concert dans les Arènes de Fréjus en compagnie du groupe d’extrême droite In Memoriam, a publié le 10 août dernier un communiqué pour se justifier, dans lequel il assume « ce choix de dialoguer, de parler » au nom du « vivre ensemble » et de l’amitié unissant Tai Luc, chanteur du groupe, à l’organisateur du concert et militant nationaliste Minh Trân Long, « tout comme il y a des échanges cordiaux avec « l’invité surprise » Xavier In Mémo croisé et salué de temps à autre dans les bars du Quartier latin ou au local de répétition commun à tous les groupes parisiens de la rive gauche » (Source : lc.cx/ZuLY). Cette prise de position vient de valoir au groupe l’annulation du concert qu’il devait donner le 3 octobre prochain au festival Fiesta La Mass à Rennes, organisé par le label Mass Productions.

Le groupe punk La Souris Déglinguée donne un concert avec un groupe de rock identitaire

2015-08-02_fnjvar_lsd_inmemoriam Le groupe punk La Souris déglinguée (LSD) a donné un concert vendredi aux  Arènes de Fréjus à l’invitation de La Patrouille de l’Evénément, une entreprise d’événementiel tenue par Minh Tran Long, ancien mercenaire d’extrême droite connu pour avoir été militant chez les néo-nazis de la FANE et proche du GUD,  et travaillant en délégation de service public pour la mairie FN de Fréjus, sous un prétexte humanitaire cher à l’extrême droite : le soutien au peuple Karen persécuté par le pouvoir birman. Jusqu’au dernier moment, le nom de la première partie a été gardée secrète, et pour cause : il s’agissait du groupe de rock identitaire français In Memoriam (qui avait tout de même annoncé ce concert sur Facebook dès le 3 juillet, bien que ce soit passé inaperçu). Si LSD existe depuis 1976, In Memoriam s’est lui formé en 1994. En 1999, en pleine guerre de Yougoslavie, il a donné des concerts à Belgrade en soutien aux troupes serbes. Si le groupe s’est séparé au début des années 2000, c’est pour mieux se reformer 2012, à l’occasion d’un concert à l’invitation du mouvement néo-fasciste italien Casapound. L’année dernière à Paris, le groupe a réuni environ 1000 personnes. Selon la presse locale, dans la journée, la mairie de David Rachline s’est déclarée “pas au courant” mais “fidèle à l’esprit Charlie et “pour la liberté d’expression et la liberté artistique”, tandis que l’organisateur n’y voyait “rien de provocateur”. L’ouvrage Rock Haine Roll paru en 2004 aux éditions No Pasaran décrit le groupe ainsi : “Loin de son image prétendument modérée, In Memoriam est avec Fraction et Insurrection le groupe le plus engagé dans l’action politique de terrain. Plusieurs de ses membres ont un solide passé de militants derrière eux, que ce soit dans la mouvance GUD du milieu des années 1990, au FNJ à la même époque, au FN puis au MNR ou au MNJ” Le concert s’est terminé par une rixe, et de nombreux fans de LSD sont venus protester sur sa page Facebook. Le groupe punk a préféré en retirer tous les commentaires. Nous avons cherché à le joindre pour en savoir plus, et notamment pourquoi il na pas annulé sa prestation en apprenant qui allait jouer e première partie, mais il ne nous a pas répondu pour le moment. Notons tout de même qu’en 2012, il avait accepté de jouer à un concert organisé par les Bad Gones, groupe de supporters lyonnais ultranationalistes voire néo-nazis (voir ici : http://lc.cx/Zn3x). Sur cette affaire, on peut  lire les articles parus dans la presse (ici, ici et ) et, sur In Memoriam, ceux de REFLEXes (ici et ). En guise de réponse, on peut aussi se remémorer cette chanson des Dead Kennedys :

Le rap d’extrême droite, ça existe !

Les Inrocks viennent de publier un article sur le rap d’extrême droite. La tendane, lancée par Goldofaf, monte en puissance depuis quelques années avec pour représentants notamment Kroc Blanc et Amalek, des rappeurs qui se situent, si tant est que ce soit possible, à droite du FN. A côté de cette scène identitaire, l’article aborde aussi le cas des rappeurs issus de la mouvance Soral et Dieudonné, comme le SKS Crew.

Free parties : repères de conspis ?

Les Morbacks véners viennent de publier un article très intéressant sur la pénétration des idées complotistes et d’extrême droite dans le mouvement tekno, et dresse un panorama de leurs principaux promoteurs. Extrait :

“Bien qu’il soit difficile de mesurer ampleur et profondeur de ce phénomène dans le mouvement de la tekno underground, et donc de déterminer s’il est marginal, une attention particulière devra dorénavant lui être portée. Relayer les théories des conspirationnistes et des mouvances proches de l’extrême droite, c’est se montrer complice de ces gens, leur ouvrir la voie, banaliser leur discours et permettre à leurs idéologies autoritaires de se répandre.  Ce sont des ennemis de la liberté, de nos libertés, à commencer par la liberté d’organiser des teufs, de se réunir et de danser. […] On ne doit pas parler avec tout le monde. Les idées des ennemis du mouvement tekno ne doivent pas pouvoir s’exprimer au sein même de ce mouvement. […] Leur liberté d’expression est donc l’ennemie de notre liberté. Elle ne doit pas avoir droit de cité en teuf. Il faut leur faire barrage coûte que coûte.”

Les Morbacks véners concluent en appelant les organisations antifascistes à s’impliquer dans des actions de prévention auprès des teufeurs.