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C’est la LDJ qui voulait attaquer des Juifs ce soir-là, pas le CICP

Le 2 novembre dernier, le CICP (Centre international de culture populaire) recevait les Juives et Juifs révolutionnaires (JJR) dans ses locaux. Dans les jours précédents, la Ligue de Défense juive (LDJ), groupe d’extrême droite juif qui s’en prend régulièrement à ce lieu, avait menacé de s’attaquer à cette réunion sur les réseaux sociaux. La Horde raconte la suite, qui ne manque pas de piquant :

“Le soir même, quelques individus casqués ont effectivement tenté de perturber la réunion en s’approchant du CICP, en ont finalement été dissuadés, et sont allés se réfugier dans un des bars à sushis du boulevard Voltaire. Au lieu de condamner ces pressions sur un groupe militant juif, le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme a publié un communiqué le lendemain dans lequel il inverse les rôles de façon assez ahurissante, en faisant des agresseurs les victimes d’insultes antisémites de la part d’individus « suspectés d’appartenir à une organisation propalestinienne du 21 rue Voltaire”. Le BNVCA a tellement mis de soin à vérifier ses informations qu’il désigne Juives et Juifs Révolutionnaires comme « une organisation propalestinienne, pseudo-juive, d’extrême gauche, se faisant appeler Ligue révolutionnaire juive » : le communiqué a été repris sans surprise par Europe-Israël News sous le titre « Attaque antisémite d’extrême gauche contre un restaurant casher au cri de Mort aux Juifs ! », et même par Actualité-Juive, sans aucune précaution.”

Voir aussi sur le site des JJR. Nous exprimons notre solidarité avec les lieux, groupes et personnes victimes ce soir-là des pressions et attaques de la LDJ.

Quand Netanyahou fait le bonheur à la fois d’E&R et de la LDJ

Il y a deux jours, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui dirige un gouvernement de droite conservatrice et d’extrême droite, a stupéfié le monde entier en faisant porter la responsabilité de la Shoah en grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin Al-Husseini, à l’époque réfugié en Allemagne nazie : « Il s’est envolé vers Berlin. Hitler ne voulait pas à l’époque exterminer les juifs, il voulait expulser les juifs. Et Haj Amin Al-Husseini est allé voir Hitler en disant : “Si vous les expulsez, ils viendront tous ici.” “Que dois-je faire d’eux ?”, demanda-t-il. Il a répondu : “Brûlez-les. » Une thèse qui fait le bonheur des négationnistes et de leurs soutiens, mais aussi des plus fanatiques supporters de la politique de colonisation israélienne, à savoir la Ligue de Défense juive, qui a d’ailleurs agressé un journaliste lors de la manifestation qu’elle a organisé hier devant l’AFP contre “la désinformation des médias sur Israël”. Cliquer pour agrandir :2015-10-23_bricmont_netanyahou 2015-10-23_er_netanyahou2015-10-23_er_netanyahou_coms12015-10-23_er_netanyahou_coms22015-10-23_er_netanyahou_coms32015-10-23_er_netanyahou_coms42015-10-23_er_netanyahou_coms52015-10-23_ldj_netanyahou2Si le grand Mufti a effectivement incité des musulmans – essentiellement bosniaques, pas palestiniens – à s’engager dans la Waffen-SS, fondant la division Handschar, il n’est certainement pas à l’origine de la Shoah, qui avait commencé bien avant cette déclaration supposée, dont la seule source est un témoin au procès d’Adolf Eichmann. De plus, le mufti était à l’époque marginalisé tant auprès de son peuple qu’auprès des nazis, qui se méfiaient de lui et le méprisaient, même s’ils l’utilisaient pour leur propagande. Plusieurs médias proposent une revue des réactions suscitées par cette déclaration de Netanyahou, citons par exemple Courrier International, Le Monde ou Le Point.

Retour sur “Tel Aviv sur Seine” et “Gaza Plage”

Toujours en ce mois d’août, la mairie de Paris a choisi d’honorer, à travers la ville de Tel-Aviv, l’État d’Israël, un an après l’opération meurtrière menée contre Gaza. La sécurité de l’événement, baptisé « Tel Aviv sur Seine », était selon plusieurs médias assurée en partie par la Ligue de Défense juive (LDJ), un groupuscule ultra-nationaliste juif d’extrême droite. S’il était légitime de protester contre la tenue de cet événement visant à promouvoir un État colonialiste, il est dommage cependant qu’une nouvelle fois, la mobilisation à gauche se soit faite à la remorque de l’association Europalestine, pourtant connue pour l’ambiguïté de son discours « antisioniste », pour ses sympathies pour le Hamas, pour sa proximité avec la galaxie Dieudonné et pour son soutien, sous prétexte de lutte contre la LDJ, à des gens comme Jonathan Moadab ou Ginette Skandrani. A cette occasion, un représentant de cette association a d’ailleurs déclaré, selon le quotidien de gauche israélien Haaretz cité par Courrier International, que Tel Aviv sur Seine était organisé « parce que les Juifs contrôlent les politiques français ». Sans surprise, ce rassemblement qui portait le nom de « Gaza Plage » a été filmé par Le Cercle des Volontaires, qui y a entre autres interviewé Wikicrate des Citoyens constituants. Ce dernier a d’ailleurs pris la parole à la tribune, aux côtés de Mgr Gaillot, des avocats Jean-Louis Chalanset (avocat de George Ibrahim Abdallah) et Gilles Devers ainsi que d’Olivia Zemor. Le Parti des Indigènes de la République et les Désobéissants de Xavier Renou étaient aussi de la partie. Dans le même temps, le groupuscule néo-fasciste La Dissidence française de Vincent Vauclin a également mené sa propre opération de protestation sur les quais de Seine, en compagnie du Mouvement populaire Nouvelle Aurore (MPNA). Ensemble, les deux groupuscules, qui ont déployé une grande banderole « La France contre la République » afin de dénoncer « La république des partis, des loges et des lobbies » et de « défi[er] ouvertement le Régime cosmopolite qui ne représente ni la France, ni les Français » n’ont toutefois réuni qu’une dizaine de militants, dont l’un arborait un t-shirt faisant la promotion du salut nazi. Ils ont vite été arrêtés par la police pour un bref contrôle d’identité.

La fine bande de La Dissidence française, qui se définit comme l'"avant-garde de l’insurrection qui vient", lors de son action contre Tel Aviv sur Seine. (Source : /la-dissidence.org. Cliquer pour agrandir)
La fine bande de La Dissidence française, qui se définit comme l’ “avant-garde de l’insurrection qui vient”, lors de son action contre Tel Aviv sur Seine. (Source : /la-dissidence.org. Cliquer pour agrandir)