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L’extrême droite contre les migrants : deux articles à lire sur La Horde

La Horde propose une synthèse sur Laurent Ozon et son nouveau collectif anti-migrants, On Ferme. C’est en fait un de ses proches, Jean-Baptiste Gouraud, qui le gère. Ozon, qui a été un temps le monsieur écologie de Marine Le Pen, s’est illustré ces derniers mois par son implication dans des manifestations violentes contre les migrants, notamment le 26 mai dernier à Bruxelles. A lire également sur le site antifasciste, un article sur le collectif anti-migrants lié au Parti de la France Sauvons Albert.

Retour sur le meeting anti-migrants de ce dimanche à Calais

Pour contrer l’interdiction de sa manifestation anti-migrants, le collectif Sauvons Calais a rassemblé 60 à 80 personnes lors d’une réunion privée au bar Le Cheval noir ce dimanche, selon La Voix du Nord, qui décrit un groupe essentiellement masculin, composé d’individus “pour la plupart habillés de noir, plutôt jeunes, et seulement une demi-douzaine de femmes. Une dizaine de vigiles sont postés aux alentours, ainsi que quelques membres du service de sécurité.” Étaient présents Yvan Benedetti, ex-dirigeant de l’Œuvre française, Thomas Joly, secrétaire général du Parti de la France, et Kévin Rèche, leader du groupe Sauvons Calais. Reprenant une rhétorique propre à la gauche radicale, le collectif raciste appelle à la création de « comités d’autodéfense populaires » contre les migrants, mais aussi à tous les expulser. De quoi inquiéter, après l’agression récente d’une manifestation de sans-papiers à Bruxelles parle groupe Nation et par Laurent Ozon, qui avait appelé au rassemblement de ce dimanche. De son côté, Riposte laïque, qui organisait le même jour des “Rencontres Charles Martel” à Poitiers parle d’une “réussite prometteuse” sans toutefois donner de chiffres de participation.

Conférence de presse du Parti de la France ce dimanche à Calais. (Jean-Pierre Brunet/La Voix du Nord)
Conférence de presse du Parti de la France ce dimanche à Calais. (Jean-Pierre Brunet/La Voix du Nord)

Ce week-end, l’extrême droite se mobilise contre les migrants

Ce week-end, plusieurs manifestations anti-migrants sont prévues. Tout d’abord à Calais, où Laurent Ozon et son Mouvement pour la Remigration avaient prévu se se rendre pour protester contre “l’anarchie migratoire”. Malgré l’interdiction préfectorale qui frappe leur initiative, il semble que certains d’entre eux entendent la maintenir. 2015-06-06_ozon_calais22015-06-06_ozon_calais Hier déjà, Ozon a donné à Paris, dans le cadre des conférences hebdomadaires organisées par le think tank d’extrême droite Dextra dans le bar El Siete (283 rue Saint-Jacques), une réunion autour du thème “Face à l’immigration clandestine, résistance civile !” Parallèlement, une “Rencontre Charles Martel” réunit ce dimanche à Poitiers le gratin de l’extrême droite, à l’invitation du Cercle des Chats bottés présidé par Jacques Soulis (Riposte laïque) : Roland Hélie (Synthèse nationale), Carl Lang (Parti de la France), Pierre Vial (Terre et Peuple), Christine Tasin (Résistance républicaine), Richard Roudier (Réseau Identités), Pierre Cassen (Riposte laïque) et Paul-Marie Coûteaux (Souveraineté, Identités et Libertés – Siel).

L’extrême droite contre les squats

Le site toulousain d’information alternative Iaata.info est revenu sur les tentatives opérées depuis deux ans par divers groupuscules d’extrême droite pour faire expulser des squats à Calais, Rennes, Montpellier et Toulouse. Ces dernières semaines à Rennes, c’est selon nos informations un mélange de militants d’Adsav (nationalistes bretons), du Front national et d’Identitaires ainsi que de gens se revendiquant des Bonnets rouges (l’organisation officielle de ces derniers s’étant désolidarisée) qui sont passés à l’action, tentant de faire croire qu’un groupe de précaires habitant une maison délabrée inoccupée depuis plusieurs années (et récemment expulsé) risquait d’entraîner la mise à la rue de sa propriétaire octogénaire, Maryvonne Thamin, alors même que cette dernière n’avait  rien fait pendant près de deux ans pour récupérer son bien, n’y vivait pas et envisage de le vendre. A Calais, c’est le collectif anti-migrants “Sauvons Calais” qui a à plusieurs reprises sonné la charge en 2013 et 2014, tandis qu’à Toulouse, un tout nouveau collectif du nom d’Ucodel s’est monté en mars et a pris d’assaut un squat en mai. Ces initiatives au discours néo-poujadiste (il s’agit de défendre la propriété privée) ont reçu le soutien éditorial du Figaro, qui a récemment publié un dossier anti-squats reprenant sans recul critique les informations des soutiens de Maryvonne Thamin, tandis qu’un député UMP proposait une nouvelle loi de criminalisation des squatteurs (voir aussi sur Squat.net et sur Iaata.info), un an après le vote d’un premier texte visant à faciliter leur expulsion et proposé par la sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart, à tel point que le journal Le Monde qualifie de “surenchère” les initiatives des élus de droite sur ce sujet. Avec la récente attaque de Laurent Ozon et du groupe néo-nazi belge Nation contre une manifestation de migrants, les pressions de militants du Groupe Union Défense (Gud) contre des syndicalistes de la CNT à l’Ecole supérieure d’architecture (voir aussi sur Sons le luttes) ou encore, en Italie, celle de grévistes par des fascistes, ces tentatives relèvent d’une inquiétante tendance des forces radicales d’extrême droite à vouloir réoccuper la rue, y compris en se confrontant directement au mouvement social et en mettant en danger les plus fragiles, rassérénée par le soutien qu’elle perçoit de la part d’une droite parlementaire suiveuse, de médias souvent complaisants et d’un patronat demandeur.

Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP
Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP

Laurent Ozon sur les migrants : « Ces gens sont violents et nous l’avons prouvé ! »

Laurent Ozon, qui a organisé une opération coup de poing contre une manifestation de migrants à Bruxelles le 26 mai dernier, est revenu sur cette action dans le webzine d’extrême droite Le Bréviaire des patriotes. Alors qu’il était venu jouer les provocateurs, souhaitant “rappeler qu’ils n’étaient pas les bienvenus, que nous étions chez nous et que nous les ferions repartir”, Ozon se plaint que les manifestants aient répliqué à son discours de haine, se posant en victime pacifique de méchants étrangers violents : “Quelques échanges de coups ont été nécessaires pour nous protéger, même si je tiens à le préciser, je n’étais pas venu pour cela.” Tout en affirmant qu’en venant perturber leur manifestation, il s’attendait bien à ne pas être accueilli avec des roses, il a fait retomber toute la faute sur les migrants, n’hésitant pas à renverser les rôles en les désignant comme racistes (anti-chrétiens) et en qualifiant d’“agressive” et de “provocation” leur simple présence sur les territoires des pays européens : “Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’état d’esprit de personnes capables de noyer leurs congénères en mer parce qu’ils sont chrétiens ni de la nature agressive de leur démarche en arrivant chez nous. Ces gens sont violents et nous l’avons prouvé. C’est parce qu’ils ne rencontrent pas les réactions de la population qu’ils peuvent jouer aux misérables devant les journalistes. […] Pour ce qui est de la « provocation », je crois bien que c’est la présence massive de clandestins dans nos villes, hébergés et nourris avec nos impôts qui constitue une provocation.” Bien entendu, les questions posées par Le Bréviaire des Patriotes étaient du même acabit : “La remigration se veut un plan pacifique et réfléchi. Ce genre de débordements ne fait-il pas mentir votre analyse, selon laquelle il existe une solution « douce » au problème migratoire ?” Ce à quoi Ozon a répondu par une menace : “Il existe une solution douce mais elle sera politique et diplomatique. Ce n’est pas une raison pour que les citoyens ne manifestent pas leur mécontentement d’ici-là. Après, si ces clandestins ne gardent pas leur calme, on verra bien.” L’extrême droite fidèle à elle-même…

Laurent Ozon et ses partisans agressent des migrants à Bruxelles

Alternative libertaire Bruxelles nous apprend qu’hier, un rassemblement de migrants a été perturbé par des nervis d’extrême droite. Le groupe décrit ainsi la scène, photos à l’appui :

“L’appel à venir perturber le rassemblement des migrant.es avait en réalité été lancé par le Mouvement pour la remigration, le 22 mai dernier. Celui qui dirige ce mouvement n’est pas un inconnu. Il s’agit de Laurent Ozon, propulsé au bureau du FN par Marine Le Pen elle-même en janvier 2011. Celui-ci quittera le Front National quelques mois plus tard désavoué par la présidente du FN suite à ses propos après les attentats d’Oslo. Ozon ex-cadre du FN appartient à la mouvance identitaire française et est l’un des idéologues de « l’invasion migratoire » et de « l’échec de la société multiculturelle », des idées que partage le mouvement Nation. Laurent Ozon et plusieurs membres du mouvement nation sont donc venus jouer la provocation lors de ce rassemblement. Provocation qui en s’associant avec Nation a rapidement tourné en agression des migrant.es qui tentaient de les faire dégager. Il fallait plus que quelques nazis dégénérés et un ex-cabinetard frontiste pour faire peur à des sans-papiers en luttes depuis plusieurs mois. Ceux-ci ont repoussé les militants de Nation (gratifiés de quelques coups au passage) qui ont dû fuir la place du Luxembourg protégés comme à leur habitude par la police du capital.”

Ozon, proche de la Nouvelle droite, a été responsable des questions écologiques au FN, problématique qu’il lie à celle de la lutte contre l’immigration. Voir aussi, sur ce sujet, la revue de presse de La Horde.

L’extrême droite et l’écologie

L’intérêt d’une certaine extrême droite pour l’écologie a des origines anciennes. Le partage de thématiques communes favorise les ponts avec d’autres courants de l’écologie, notamment à gauche, qui tendent malheureusement à se développer largement depuis quelques années, au cœur même de nos mouvements. Petit tour d’horizon de la mouvance