Tag Archives: Jean Bricmont

Physicien belge, compagnon de route de Noam Chomsky, aujourd’hui défenseur des négationnistes et “idiot utile” de l’extrême droite.

Jean Bricmont et Diana Johnstone à la librairie Résistances

2015-10-29_bricmont_johnstone_ailJean Bricmont était bien présent à la librairie Résistances pour la présentation du dernier livre de la complotiste Diana Johnstone publié aux éditions Delga (la maison favorite des adorateurs de Staline), il en a profité pour (encore) donner une interview à l’Agence Info libre. Michel Collon y est lui aussi allé de son laïus sur Facebook pour soutenir Johnstone (cliquer pour agrandir) :2015-10-29_johnstone_guyet2

Quand Netanyahou fait le bonheur à la fois d’E&R et de la LDJ

Il y a deux jours, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui dirige un gouvernement de droite conservatrice et d’extrême droite, a stupéfié le monde entier en faisant porter la responsabilité de la Shoah en grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin Al-Husseini, à l’époque réfugié en Allemagne nazie : « Il s’est envolé vers Berlin. Hitler ne voulait pas à l’époque exterminer les juifs, il voulait expulser les juifs. Et Haj Amin Al-Husseini est allé voir Hitler en disant : “Si vous les expulsez, ils viendront tous ici.” “Que dois-je faire d’eux ?”, demanda-t-il. Il a répondu : “Brûlez-les. » Une thèse qui fait le bonheur des négationnistes et de leurs soutiens, mais aussi des plus fanatiques supporters de la politique de colonisation israélienne, à savoir la Ligue de Défense juive, qui a d’ailleurs agressé un journaliste lors de la manifestation qu’elle a organisé hier devant l’AFP contre “la désinformation des médias sur Israël”. Cliquer pour agrandir :2015-10-23_bricmont_netanyahou 2015-10-23_er_netanyahou2015-10-23_er_netanyahou_coms12015-10-23_er_netanyahou_coms22015-10-23_er_netanyahou_coms32015-10-23_er_netanyahou_coms42015-10-23_er_netanyahou_coms52015-10-23_ldj_netanyahou2Si le grand Mufti a effectivement incité des musulmans – essentiellement bosniaques, pas palestiniens – à s’engager dans la Waffen-SS, fondant la division Handschar, il n’est certainement pas à l’origine de la Shoah, qui avait commencé bien avant cette déclaration supposée, dont la seule source est un témoin au procès d’Adolf Eichmann. De plus, le mufti était à l’époque marginalisé tant auprès de son peuple qu’auprès des nazis, qui se méfiaient de lui et le méprisaient, même s’ils l’utilisaient pour leur propagande. Plusieurs médias proposent une revue des réactions suscitées par cette déclaration de Netanyahou, citons par exemple Courrier International, Le Monde ou Le Point.

Les curés à l’honneur chez l’athée Jean Bricmont

Décidément, on aime les curés chez les soutiens du régime syrien, même quand on est prétendument athée et de gauche : c’est ainsi que Le Grand Soir (LGS) vient de publier une interview d’Atallah Hanna, archevêque grec orthodoxe du Patriarcat de Jérusalem, en présentant ses analyses comme étant la voix de la jeunesse palestinienne. Un article repris par Jean Bricmont, qui quelques jours avant relayait un autre curé, l’archevèque d’Alep, depuis une traduction reprise sur le site du blogueur cégétiste Jacques Tourteaux, qui est un habitué des publications complotistes et de soutien aux habituelles dictatures soutenues par les campistes rouges-bruns. Cliquer pour agrandir : 2015-10-23_bricmont_lgs_curé 2015-10-23_bricmont_tourteaux_curéCe n’est pas la première fois que Bricmont rend hommage à un curé bachariste. Lors du meeting du 31 mars 2012 que nous évoquions ici, il avait dit, à propos du père Michel Lelong (défenseur de Maurice Papon et de Roger Garaudy) : “bien que Belge et athée je me suis senti assez proche de ce catholique français”. La veille, il s’en était remis à dieu pour que cette rencontre ait bien lieu. Cliquer pour agrandir :

2015-10-23_bricmont_dieuNotons que ces derniers jours, Bricmont a aussi relayé un entretien du site d’extrême droite Boulevard Voltaire avec Alain de Benoist, tandis que LGS a publié ces dernières semaines Edouard Limonov (25 septembre) ou un article sexiste et anti-LGBTI de la conspirationniste Ariane Walter (11 octobre). Cliquer pour agrandir :

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La complotiste Diana Johnstone à la Librairie Résistances

Hier, la journaliste complotiste Diana Johnstone était l’invitée de l’association Capjpo-Europalestine et de la librairie Résistances à Paris. Jean Bricmont lui a apparemment rendu une petite visite (cliquer pour agrandir) :2015-10-23_bricmont_johnstone1Johnstone, qui écrit régulièrement sur Counterpunch (une sorte de Grand Soir américain), s’est faite remarquer en écrivant que lors des élections de 2012 en France, tous les candidats et « en particulier » Marine Le Pen étaient de gauche, hormis Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Eva Joly, de droite car soumis selon elle à la finance. Dans le même article paru sur Counterpunch, elle regrettait le manque de couverture médiatique de François Asselineau. Accusée en 2005 par le Guardian de relativiser l’importance du massacre de Srebrenica, elle a répondu que « le nombre de victimes n’avait pu être établi scientifiquement » et en accusant les médias de « simplifier et de dramatiser » un événement qu’elle se refuse à qualifier de génocide. En 2009 enfin elle accusait, toujours dans Counterpunch, les black blocks d’être “objectivement” des provocateurs au service de la police, et renvoyait dos à dos autorités et organisateurs dans la violence (pourtant surtout due à la répression) qui a marqué le rassemblement et la manifestation anti-Otan à Strasbourg.

Sources : counterpunch.org/2012/04/24/disillusion-with-the-euro-and-europe/ ; archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.chomsky.info%2Fonchomsky%2F20051031.htm ; theguardian.com/world/2005/nov/23/warcrimes.comment ; counterpunch.org/2009/04/07/nato-strasbourg-and-the-black-block/

Jean Bricmont et Aymeric Chauprade au Forum public mondial “Dialogue entre les civilisations”

Ce 10 octobre, Jean Bricmont et Aymeric Chauprade ont participé sur l’île de Rhodes (Grèce) au Forum public mondial “Dialogue entre les civilisations” (World Public Forum “Dialogue of Civilizations”). Outre Chauprade et Bricmont, étaient invités à ce forum l’ex-députée conspirationniste américaine Cynthia McKinney ou encore John Laughland, directeur des études de l’Intitut de la démocratie et de la coopération, une officine pro-Poutine sise à Paris. Experts et représentants politiques du monde entier (dont Giorgos Tsipras, secrétaire général chargé des relations économiques internationales au ministère grec des Affaires étrangères, Ali Allawi, ancien ministre irakien du gouvernement par intérim consécutif à la chute de Saddam Hussein ou l’universitaire américain Richard Falk) s’y sont retrouvés pour discuter de l’avenir des zones nord africaine et d’Asie occidentale. Ce forum, soutenu par des instances internationales comme l’Unesco, est présidé par Vladimir Yakounine, aussi dirigeant de la Société Les chemins de fer russes et président de l’Union Internationale des Chemins de fer. On trouve aussi parmi ses membres éminents un ancien chancelier fédéral d’Autriche, Alfred Gusenbauer, et des chefs d’entreprises. Le forum est né en 2002 à l’initiative de représentants de Russie, d’Inde et de Grèce et se présente comme une réalisation pratique de la résolution “Agenda global pour le dialogue entre les civilisations” (“Global Agenda for Dialogue among Civilizations”) votée le 9 novembre 2001 par l’Assemblée des Nations unies sur une idée du président iranien Mohammad Khatami. En 2012, pour les dix ans du Forum, ce dernier lui avait d’ailleurs envoyé une adresse.

Document : 2015_Rhodes_Forum_Scientific_Program_web_light

Source : http://wpfdc.org

Réfugiés : encore une diarrhée verbale de Jean Bricmont

Après Saint Michel, Saint Jean dans ses grandes oeuvres. Illustration Conspis hors de nos vi[ll]es.
Après Saint Michel, Saint Jean dans ses grandes oeuvres. Illustration Conspis hors de nos vi[ll]es. (Cliquer pour agrandir)
Jean Bricmont a publié il y a deux jours un texte aux relents nauséabonds sur RT, à propos de la solidarité avec les réfugiés. Ça commence fort, puisqu’il entend distinguer les “vrais” des “faux” réfugiés et remet en cause la sincérité des actions de solidarité avec les réfugiés, puisque diligentées selon lui par ce qu’il appelle la “gauche morale” qui va de BHL, Cohn-Bendit et Attali (dont on se demande bien ce qu’ils ont pu faire de concret pour les réfugiés) à “l’extrême gauche” (dont les composantes sont effectivement mobilisées sur ce terrain) : “Personne ne peut rester insensible à la tragédie des réfugiés, même lorsqu’il s’agit de «faux réfugiés» ou de «réfugies économiques» et même s’ils viennent de Turquie et pas directement de Syrie. Et on ne peut qu’applaudir les gestes de solidarité avec les réfugiés, quand ils sont sincères.” Bricmont se demande, à l’image de la droite et de l’extrême droite mais aussi d’une partie du PS par exemple, quel est le “seuil de tolérance” de nos sociétés, en s’interrogeant : “Combien de réfugiés voulez-vous accueillir ?” Mobilisant les clichés les plus éculés, il affirme : “Et il est illusoire de croire que l’arrivée de nouveaux travailleurs sur le marché du travail (qui est aussi un marché) n’exerce pas une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. Par conséquent, il n’est pas étonnant que ce soient les «couches populaires» qui réagissent, en général négativement, à l’arrivée des réfugiés et les couches privilégiées, dans lesquelles se recrute le gros de la gauche morale, qui sont favorables à cette arrivée.” Ainsi selon Bricmont, “on assiste à une sorte de lutte des classes un peu nouvelle et qui ne concerne pas seulement les réfugiés, mais tout ce qui nous est vendu comme «ouverture» : les délocalisations, l’importation massive de biens produits dans des pays à bas salaires et l’arrivée de gens venant de tels pays, principalement de l’est de l’Europe.” Sympathique comparaison : les êtres humains au même niveau que les marchandises. Étrange vision de la lutte des classes aussi, qui oppose les pauvres entre eux en fonction de leurs origines nationales et soutient qu’il y aurait une sorte d’alliance objective entre les plus pauvres d’entre les pauvres et la grande bourgeoisie intellectuelle. “On peut reprocher aux travailleurs qui veulent éviter d’être mis en concurrence directe avec plus pauvres qu’eux d’être égoïstes. Mais la gauche morale est mal placée pour donner des leçons d’altruisme à une époque où la croissance des inégalités profite aux couches sociales dont elle fait partie. C’est bien pour cela que l’accusation principale contre le «peuple» est fondée, non sur l’égoïsme, mais sur le racisme, la gauche morale étant évidemment «antiraciste», c’est-à-dire favorable à une ouverture qui la favorise économiquement. Dans le temps, ce genre d’altruisme avait un nom : l’hypocrisie.” Il est vrai que Bricmont, lui-même intellectuel bourgeois et grand moraliste, ne fait pas ici preuve d’un paternalisme méprisant à l’égard d’un peuple fantasmé. De plus, il est inepte d’associer des composantes de l’extrême gauche au genre de discours qu’il décrit. Le physicien belge trouve également légitimes les interrogations venues de l’extrême droite selon lesquelles des terroristes puissent s’infiltrer parmi les réfugiés. Enfin, s’exprimant sur un média poutinien, Bricmont, qui ne cesse de condamner “le droit d’ingérence”, le trouve tout à coup très bien quand il est appliqué en Syrie par “la Russie qui, avec son président, est constamment diabolisée par la gauche morale.” Sans surprise, il finit son laïus avec des relents nationalistes : “Ultimement, la question des réfugiés repose la question fondamentale de la souveraineté nationale […]. Il y a une grande différence entre aider librement des gens en détresse et être forcés à le faire. […] personne n’aime être forcé à être «altruiste», surtout lorsque cela est imposé par des gens qui ne le sont pas.” Fermez le ban !

Source : francais.rt.com/opinions/7888-tragedie-refugies-gauche-morale

Jean Bricmont : le combat contre l’extrême droite est “futile”

Dans un court texte publié le 11 septembre sur le site de Silvia Cattori Arrêt sur Info, Jean Bricmont se défend d’avoir voulu défendre Soral en chroniquant négativement le livre publié récemment par deux journalistes de Streetpress. Il explique (c’est lui qui insiste) :

“Ce livre contribue à renforcer le climat de terreur intellectuelle qui existe en France et que je trouve abominable, et c’est uniquement pour cette raison qu’il a retenu mon attention. […]

J’ajoute que si certains veulent « lutter » contre l’extrême-droite, Soral et Dieudonné, les Le Pen ou le racisme de leurs concitoyens,  libre à eux de le faire. Même si je ne suis pas d’accord avec ce qu’on appelle l’extrême-droite, ce « combat » n’est pas ma priorité et il me semble en grande partie futile.

Ce qui importe dans le monde actuel, ce n’est pas « l’extrême-droite » française, mais l’UE, la politique étrangère des Etats-Unis, notre soumission à celle-ci et tous les discours sur les droits de l’homme et l’antiracisme/anti-fascisme de la « gauche morale » qui empêchent de mettre en question ces politiques ou même d’en discuter.”

Ainsi donc, selon Jean Bricmont, “Même si je ne suis pas d’accord avec ce qu’on appelle l’extrême-droite, ce « combat » n’est pas ma priorité et il me semble en grande partie futile.” Au cas où on n’aurait pas encore compris…

Le système Soral : “un livre à ne pas lire”, selon Jean Bricmont

systèmesoralQuand Jean Bricmont déconseille un livre, c’est en général plutôt un compliment pour ses auteurs. C’est le cas de celui de Robin d’Angelo et Mathieu Molard sur le système Soral, “un livre à ne pas lire” selon le physicien belge, qui explique pourquoi sur les sites de l’Agence Info libre ou de Sylvia Cattori (Arrêt sur Info). Le livre ne serait ainsi “qu’un ramassis de ragots, vrais ou faux (sic), je n’en sais rien, n’étant pas familier de ce qu’ils appellent la « fachosphère », mais sans le début du commencement d’un argument […].” On notera au passage que Bricmont prétend critiquer un ouvrage à propos duquel il reconnaît lui-même ne pas maîtriser le sujet dont il traite, ce qui ne l’empêche pas d’affirmer que “c’est une accumulation de faits et de bouts de phrases tirées de leur contexte, qui valent condamnation, sans discussion. Exactement comme le livre antérieur (2011) « La galaxie Dieudonné » de Briganti, Déchaut et Gauthier.” Toujours en tête pour défendre l’UPR et son chef, il indique que “pour le peu que je puisse vérifier, leurs propos sont excessifs : l’UPR n’est pas un groupuscule et Asselineau n’est pas « complotiste »”, tandis que “les propos de Nicolas Bourgoin sont déformés”. Même Vincent Lapierre trouve grâce à ses yeux. “Pour le reste, c’est-à-dire le plus gros du livre, je ne peux pas juger des faits, poursuit le physicien. Alors que même la presse américaine « mainstream » parle ouvertement de la défaite du lobby pro-israélien dans l’affaire de l’accord avec l’Iran (ce qui suppose que ce lobby avait remporté des victoires auparavant), peut-on se demander si un tel lobby existe en France? Il semble que le simple fait que Soral en parle prouve son inexistence.” Bien entendu, s’agissant des interdictions de spectacles ou de livres, les auteurs “ne se posent jamais la question de la légitimité de ces interdictions ni de la possibilité que ces interdictions puissent porter atteinte à la liberté d’expression.” En bref, “ce livre illustre une réalité plutôt regrettable: ce qui se fait passer pour antiraciste et antifasciste en France a atteint de degré zéro de la pensée”, car “la question ici n’est pas de « défendre Soral » […] Il s’agit plutôt de défendre le droit de discuter sérieusement de certaines questions comme le rôle du lobby pro-israélien, la censure, ou la souveraineté nationale sans reductio ad hitlerum ou ad soralum.” Ce livre, sur lequel nous reviendrons, est le fruit d’un travail d’enquête de plusieurs mois au cours duquel les auteurs ont réalisé près de 200 interviews. Au-delà de la personne d’Alain Soral qui en est le fil conducteur, il propose une excellente synthèse sur le fonctionnement des réseaux soraliens, leur histoire et l’idéologie qu’ils véhiculent.

Jean Bricmont sur les migrants : “le Mur de Berlin, il n’était pas très franchissable.”

Jean Bricmont, qui continue de clamer qu’il aurait des amis à gauche, a donné une longue interview à l’Agence Info libre sur la question des migrants. Comme à son habitude, il s’y est fait l’avocat des idées d’extrême droite. Sous prétexte que l’expression de la solidarité ne serait pas majoritaire et que tout cela allait provoquer “une réaction anti-réfugiés”, il faudrait prêter l’oreille aux discours xénophobes de tous poils : “Là je vais me faire l’avocat du diable des différents “racistes” qu’on dénonce comme anti-réfugiés. Même si moi je ne me situe pas là-dedans, je comprends pourquoi il y a ces réactions : premièrement, on ne dite jamais aux gens combien de réfugiés vont venir. beaucoup de bonnes âmes nous disent que l’Europe n’accueille qu’une toute petite fraction des réfugiés dans le monde. mais les gens qui ont peur de ceux qui viennent déjà ne vont pas être enthousiastes si on leur dit : “vous savez, il y en a huit millions en Syrie”. […] Ca va encore plus les pousser à vouloir fermer les frontières.” Faut-il en conclure qu’il faut fermer les frontières pour combattre la montée du racisme ? On n’en est pas loin, d’autant que Bricmont explique aussi, s’agissant du mur anti-migrants hongrois, et alors que Jonathan Moadab lui-même trouve que “ce n’est pas une solution” : “Mais n’empêche, le Mur de Berlin il n’était pas très franchissable. Ça dépend quel mur on fait. Moi je ne suis pas pour construire des mur, mais dire que ça n’a pas d’effet… Aux États-Unis, leur mur a réduit l’immigration.” Tous les clichés y passent, y compris le fameux argument de la concurrence des mains d’œuvre et de la remise (forcée ?) des chômeurs au travail : “A gauche, j’entends toute le temps dire : oui, mais il n’y a pas d’emplois, ça ne sert à rien de forcer les gens. Mais il y a des emplois ou il n’y a pas d’emplois ? si il y a des emplois pour les travailleurs clandestins ou les gens qui viennent ici, pourquoi ne pas mettre des chômeurs à travailler à ça ?” Ou encore l’argument de la présence potentielle de terroristes parmi les migrants (que Bricmont appelle “clandestins”)… “Il n’y a pas de solution humaine et politiquement possible : ce qui serait humain c’est de les accueillir, mais c’est politiquement impossible”, conclut-il. Et de dénoncer le “gauche morale” et les “droits-de-l’hommistes” qui ont “poussé à l’ingérence et maintenant poussent à l’accueil des réfugiés”. Et de rappeler que la guerre de Libye a été un épisode-clé ayant déclenché cette arrivée massive de migrants, sans dire que jusque là l’Europe sous-traitait le problème à la dictature kadhafiste. A l’adresse de BHL et d’autres intellectuels qui traiteraient le peuple français de “racistes” et de “salauds”, Bricmont répond : “une petite parenthèse pour ceux d’entre eux qui sont des défenseurs d’Israël, on se demande pourquoi si accueillir des réfugiés c’est tellement bien, Israël n’a pas repris les réfugiés palestiniens de 1948.” Il trouve “odieux” ce “mépris du peuple” (mais que fait-il en prétendant parler en son nom ?) et “l’idéologie des droits de l’Homme” qui selon lui “imprègnent une bonne partie de la gauche” et qui s’agissant de la seconde “remplace les religions traditionnelles”. Il y a quelques mois, invité dans l’émission “Hors-Série” de Judith Bernard, il expliquait déjà que vouloir expulser les gens en situation illégale ne relevait pas du racisme, car “ça rentre dans la définition même de la souveraineté nationale”, qui suppose “une définition de la différence entre les citoyens et les non-citoyens”.