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Iran : Rassemblements contre la venue d’Hassan Rohani en France

rouhani-hollandevrpdesdictatures2Cette semaine, François Hollande recevra le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani. Les opposants à la dictature appellent à protester mercredi et jeudi après-midi à Paris, comme l’annoncent nos camarades de Soliran Paris. Deux rassemblements sont prévus :

Le mercredi 27 janvier 2016 de 15 h à 18 h place de la République,
Le jeudi 28 janvier de 15 h à 18 h à l’angle de la rue Vaugirard et de la rue de Tournon (face au sénat).

Venez les soutenir !

Les nouveaux papes verts

Depuis quelques années, les religions, en perte de vitesse dans des sociétés de plus en plus laïcisées (en tout cas en Occident), ont trouvé un nouveau filon pour assurer la promotion de leurs visions du monde : l’écologie. La Cop 21 leur offre une occasion en or de se faire entendre. Exemple avec l’Église catholique, particulièrement active dans ce domaine, notamment en France.

Déchéance de nationalité : François Hollande se propose d’appliquer le programme du FN

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François Hollande vient d’annoncer un programme inquiétant devant le Parlement réuni en Congrès : modification de l’article 36 de la Constitution qui porte sur l’état de siège pour y inclure l’état d’urgence, introduction de la possibilité de déchoir des bi-nationaux de leur nationalité et facilitation des expulsions :

“Nous ne pouvons pas rendre quelqu’un apatride, mais nous devons pouvoir le faire pour une personne condamnée pour des actes de terrorisme même s’il est né français, s’il a une autre nationalité. Nous devons pouvoir expulser plus rapidement des étrangers qui représentent une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public et la sécurité de la Nation. Nous devons pouvoir interdire à un binational de revenir sur le sol national sauf à ce qu’il se soumette à un dispositif de contrôle, comme le font les Britanniques. Nous devons pouvoir expulser plus rapidement un étranger qui présente une menace, mais nous pouvons le faire dans le respect de notre législation.”

Par ailleurs, le Président souhaite que les parlementaires votent la prorogation de l’état d’urgence pour trois mois (une période qui couvrira donc la Cop 21 et les contre-manifestations prévues). Il a annoncé un renforcement des moyens et des effectifs de la police et de l’armée, incluant une discussion sur le droit à la « légitime défense » des policiers : « Face à la violence des terroristes, la condition de la légitime défense des policiers, des conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leurs armes doivent être traitées. » Or, on sait très bien que ce type de mesures sécuritaires prises sous le coup de l’émotion et sous des prétextes anti-terroristes ne tarde jamais à être étendu à d’autres faits. On remarque qu’alors que seul le FN (et, depuis Sarkozy, une partie grandissante de la droite) proposait jusque là la déchéance de nationalité, aujourd’hui, la gauche de gouvernement se propose de prendre le train en marche. Quant au droit pour les policiers de faire usage de leurs armes et à la notion de « légitime défense » dans ce cas, on sait aussi qu’elle sert depuis longtemps de prétexte pour couvrir des « bavures ». De même, la notion de « menace » appliquée aux étrangers est extrêmement large : potentiellement, tous pourraient être touchés, surtout les plus précaires (migrants, réfugiés, sans-papiers). Bien sûr, toutes ces décisions doivent encore être votées, mais nul doute que le ver et dans le fruit et qu’on se dirige vers une société de plus en plus sécuritaire. De fait, c’est l’ensemble de la société qui risque de subir dans les mois à venir d’importantes restrictions des libertés publiques. Enfin, François Hollande a proposé de rencontrer les présidents américain et russe en vue d’une coalition élargie en Syrie qui intensifierait les bombardements contre Daesh, dont on sait qu’ils font pourtant de nombreuses victimes civiles. Voir les déclarations de François Hollande sur le site des Echos.

Le “Sommet des consciences”, vaste farce écolo-religieuse

Une belle brochette de farceurs.
Une belle brochette de farceurs. (Source : La Croix. Cliquer pour agrandir)

Les 20 et 21 juillet derniers s’est tenu un “Sommet des consciences pour le climat” qui a réuni a Paris des représentants des grandes religions, en vue de préparer la Cop21. Le journal La Croix, qui était partenaire de l’événement, indique que celui-ci était “une initiative conjointe de Nicolas Hulot, envoyé spécial auprès du président de la République française, de l’association Alliance of Religions and Conservation (ARC), de Bayard (éditeur de La Croix), du R20 (réseau associant collectivités locales et entreprises, fondé par Arnold Schwarzenegger) et du Conseil économique, social et environnemental (CESE)”. Une quarantaine de personnalités religieuses de toutes obédiences et d’hommes politiques s’y sont retrouvés, dont le président François Hollande, l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le Prince Albert de Monaco, Nicolas Hulot, Ségolène Royal, mais aussi le patriarche œcuménique Bartholomeos 1er (Eglise orthodoxe de Constantinople), le cardinal Turkson (catholique), Maître Zhang Gaocheng (taoïste), des représentants juifs, bouddhistes, hindous ou musulmans ou encore de peuples amazoniens, ainsi que l’indispensable Vandana Shiva (liste complète ici : whydoicare.org/fr/le-sommet-des-consciences). Même les Colibris de Pierre Rabhi étaient là :

12346456_1510922299207842_1677820086558621097_nEn revanche, Arnold Schwarzenegger a préféré se décommander à la dernière minute afin d’assurer la promotion du dernier Terminator. Le tout a débouché sur un “appel des consciences” qui en appelle à la réflexion intime des dirigeants politiques pour sauver le climat : “Alors que vous vous préparez à venir à Paris, nous souhaitons vous demander de réfléchir à votre  rôle personnel, de vous interroger sur ce qui vous a conduit aux fonctions que vous occupez aujourd’hui, et, pour cela, de vous poser, en votre for intérieur, cette simple question : Why do I care ? Votre réponse sera sans doute très intime.” L’appel vise à “inciter au questionnement individuel chacun d’entre nous, quel que soit son rôle, son investissement, sa mission au regard des négociations à venir” et cite le Pape François comme une référence. En bref, encore un énième raout aussi coûteux que ridicule et inutile, n’ayant d’autre but que de nourrir la bonne conscience de ceux qui, par leurs décisions et prises de position, contribuent à transformer l’écologie en vaste farce sans débouchés.

Thierry Meyssan toujours aussi délirant

En réponse à la publication par Rudy Reichstadt, animateur de Conspiracy Watch, d’une note sur le conspirationnisme pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès, un think tank proche du Parti socialiste, Thierry Meyssan a publié le 9 mars sur le site du Réseau Voltaire un long article intitulé “L’État contre la République”. Selon le plus célèbre des conspirationnistes français, la note de Reichstadt aurait été écrite à la demande de François Hollande lui-même, dans le but “préparer une nouvelle législation lui (le “mouvement international ‘conspirationniste’ », ndlr) interdisant de s’exprimer”. Alors qu’il soutient des dictateurs et fréquente des militants d’extrême droite, Meyssan ose se revendiquer du “radicalisme républicain français, de Léon Bourgeois, de Georges Clemenceau, d’Alain et de Jean Moulin”, tout en expliquant que “l’État est un Léviathan qui par nature abuse de ceux qu’il gouverne” et que François Hollande serait “pétainiste”, la preuve étant qu’il pratiquerait une “inversion des valeurs [qui] plonge le pays dans la confusion”. C’est vrai qu’en matière d’inversion des valeurs, Meyssan s’y connaît ! Comparant modestement ses idées à celles de Platon et de Galilée qui auraient été les complotistes de leur temps, il n’oublie pas non plus de reprendre à son compte le mythe aux relents antisémites de la “loi Pompidou-Rothschild”, ni de mentionner le combat des négationnistes contre la “loi Fabius-Gayssot” (terme utilisé par les négationnistes pour souligner les prétendues origines “juives” – en y accolant le nom de Laurent Fabius – de cette loi punissant la contestation de crimes contre l’humanité), soulignant que selon lui il ne s’agit de s’opposer qu’à son volet répressif mais pas de combattre la législation antiraciste dans son ensemble (on rigole). Enfin, Meyssan prend la défense d’Etienne Chouard et conclut par un long pensum sur le “sionisme”, Léon Blum, le Parti socialiste et, tiens donc, le “lobby israélien”.

L’UPR regrette de n’avoir pas été reçue à L’Elysée, à l’instar du FN

Dans un communiqué publié avant-hier annonçant sa non-participation à la marche républicaine d’hier, l’Union populaire républicaine (UPR) semble regretter le fait que l’union nationale voulue par François Hollande et le gouvernement ait exclu… le Front national. “Les organisateurs de l’Élysée affirment vouloir faire de ces manifestations la marque d’une « union nationale » ? Mais ils ont pris le soin de préciser qu’ils interdisaient au Front National d’y participer, après que M. Hollande eut néanmoins aimablement reçu Mme Le Pen à l’Élysée.” C’est que l’UPR aurait bien aimé elle aussi être conviée au palais présidentiel : “L’UPR, quant à elle, n’a reçu aucune invitation de la part du locataire de l’Élysée : nos 6 790 adhérents et nos 77 000 électeurs aux élections européennes sont considérés comme n’existant pas.” Le FN reçu à L’Elysée, en dépit de son exclusion de la manifestation, mais pas l’UPR ? Caramba ! Comment y voir autre chose qu’une manœuvre servant un “objectif politicien et retors”, à savoir de “faire croire aux Français que seul le FN serait un opposant au gouvernement”, au détriment sans doute de l’UPR ?

La défense de la liberté de la presse sacrifiée sur l’autel de la lutte contre le terrorisme ?

Comme on s’y attendait, le cortège de tête de la marche républicaine qui s’est déroulée cet après-midi à Paris a accueilli de bien étranges invités, si l’on considère que l’un de ses objectifs semblait être de défendre la liberté de la presse. Dès lors, on se demande bien ce qu’y faisaient le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, dont le pays jetait le 12 juin dernier le caricaturiste Mehmet Düzenli en prison ; le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, dont le pays s’est distingué ces dernières années par l’emprisonnement d’opposants politiques (Pussy Riots et militants antifascistes comme Alexander Kolchenko notamment), plusieurs chefs d’État africains dont le président de la République gabonaise Ali Bongo, le ministre des Affaires étrangères égyptien Sameh Choukryou ainsi que le premier ministre tunisien Mehdi Jomaa ; le couple royal jordanien Abdallah II et Rania ; Viktor Orban, le chef d’État de droite radicale qui dirige la Hongrie, dont les médias publics sont dirigés par deux journalistes d’extrême droite ; le premier ministre de droite nationaliste israélien Benyamin Netanyahou mais aussi Mahnoud Abbas, président de l’État de Palestine ou encore le président ukrainien Petro Porochenko. Selon Le Figaro, le Maroc, le Qatar et l’Arabie saoudite s’en tiennent de leur côté à un soutien discret. Autant de pays qui, comme le souligne Le Monde, sont très mal classés en matière de liberté de la presse par Reporters sans Frontières, qui s’est « indigné de la présence de représentants de pays répressifs de la liberté d’information ». Sur 180 pays, l’Égypte est 159e, la Turquie 154e, la Russie 148e, la Jordanie 141e, la Palestine 138e, la Tunisie 133e, l’Ukraine 127e, le Gabon 98e, Israël 96e et la Hongrie 64e. Rien d’étonnant cependant pour une manifestation largement orchestrée par les autorités françaises elles-mêmes, et dont l’objectif affiché dès le départ relevait d’une sorte d’union sacrée contre le terrorisme (mot d’ordre semblant justifier ces invitations aux yeux de François Hollande) surmontant les clivages partisans et incluant jusqu’à Nicolas Sarkozy et Nicolas Dupont-Aignan. Même le FN a défilé dans certaines villes, à l’image de Marine Le Pen à Beaucaire.