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Président de l’Union populaire républicaine (UPR), François Asselineau est un ancien énarque, inspecteur général des finances qui a fait toute sa carrière politique à droite : d’abord comme directeur de cabinet de Françoise de Panafieu puis chargé de mission au cabinet d’Hervé de Charette dans les gouvernements Juppé entre 1995 et 1997, ensuite au sein du Rassemblement pour la France (RPF) auprès de Charles Pasqua (à qui il a servi de plume et dont il a été directeur de cabinet au Conseil général des Hauts-de-Seine dans les années 1990) puis comme candidat RPF dans le 19e arrondissement de Paris lors des municipales de 2001 (dans le cadre d’une alliance électorale Pasqua/Tiberi), ce qui lui a valu d’être élu conseiller de Paris. En 2004, il a rejoint le groupe UMP au Conseil de Paris. Après un bref passage au Rassemblement pour l’Indépendance de la France (Rif) de Paul-Marie Coûteaux à partir de novembre 2006, il a fondé l’UPR le 25 mars 2007.

François Asselineau a sa fiche Wikipedia

2015-12-27_wikipedia_asselineauÇa y est, François Asselineau a depuis peu sa fiche Wikipedia en français. Et pour une fois, alors que dans sa version francophone l’encyclopédie libre a tendance a être particulièrement complaisante avec les théoriciens du complot et avec certains intellectuels d’extrême droite, ici, la fiche est critique. Dès les premières lignes, son complotisme est mentionné : “Il est décrit comme étant souverainiste, antiaméricain et conspirationniste. […] certains militants de l’UPR mènent une insistante démarche de lobbying auprès des médias de masse, accusés par François Asselineau de le censurer, au point que leur action a pu être décrite comme un « harcèlement ».” Sa carrière à droite est détaillée, ainsi que les principales critiques qui ont été faites de son orientation politique par des journalistes ou experts d’horizons différents ainsi que ses liens passés mais pas si anciens avec certaines personnalités d’extrême droite, même si les sources à proprement parler antifascistes sont savamment omises :

“Arrêt sur images le présente comme un « énarque de droite, aux lisières de l’extrême-droite ». Le politologue Jean-Yves Camus juge quant à lui qu’Asselineau, homme « intelligent » et « bien sous tous rapports », peut viser à distraire les électeurs du Front national, en attirant « ceux qui sont séduits par le souverainisme et la droite dure ». Cependant, « à la différence d’autres figures intellectuellement proches de l’extrême-droite, [l’]anti-américanisme [de François Asselineau] est exclusif de toute trace d’islamophobie, de racisme, ou d’antisémitisme ». Pour Marianne, le programme de l’UPR « n’est pas sans rappeler Solidarité et progrès, la formation de Jacques Cheminade », ce que l’UPR conteste fermement. François Asselineau affirme par ailleurs que le Front national « ne veut en aucun cas la sortie de l’Europe » et que Marine Le Pen copie certaines de ses idées. Le militant d’extrême-droite Serge Ayoub a accueilli en 2010 l’une de ses conférences dans son bar mais François Asselineau affirme qu’il ignorait qui était Serge Ayoub. […] Rudy Reichstadt, animateur du site Conspiracy Watch, résume les idées de François Asselineau comme « un souverainisme intégral mâtiné de théorie du complot antiaméricaine », et voit dans sa stratégie l’intention de mener « une sorte d’OPA sur le public séduit par les discours complotistes de sites comme le Réseau Voltaire ou Égalité et réconciliation, d’Alain Soral » ; en 2012, l’université d’été de l’UPR a invité un membre du Réseau Voltaire, ainsi que Robert Ménard et le blogueur Étienne Chouard.”

Il faut dire que les relations entre Asselineau et Wikipedia France sont houleuses, l’encyclopédie ayant refusé il ya quelques années de lui dédier une fiche pour cause de manque de notoriété, alors que les militants de l’UPR avaient réussi à en créer une sur plusieurs autres Wikipedia, dont la version anglophone et même une version japonaise.

Les savants calculs de François Asselineau

Selon François Asselineau, son faible score aux élections régionales (l’UPR a recueilli en moyenne 0,87 % des suffrages exprimés) s’expliquerait par son manque de notoriété, lié à la “censure” qu’il subirait de la part des médias. Il se livre donc à un savant calcul :

“Le fait de faire 0,9% des suffrages avec peut-être 2 ou 3% des Français qui nous connaissent, ça témoigne que […] s’il y avait, mettons, 100 % des Français qui nous connaissaient […], on ferait de l’ordre de 45 à 50 % !”

On l’écoute :

 

Même mathématiquement, c’est douteux.

totoSource : youtube.com/watch?v=c7RhXZJPDfg

Des menaces de François Asselineau (UPR) : “nous les avons dans le collimateur et nous n’allons pas les rater !”

asselineau_tractFrançois Asselineau me fait les honneurs de son dernier “Entretien d’actualité” publié le 8 décembre. Très inquiet de son manque de succès électoral, il l’attribue à la “censure” des médias. Il en avait d’ailleurs fait le slogan de campagne de l’UPR pour ces élections régionales : “Le parti qui monte malgré le silence des médias”. Mais quand la presse parle de lui, il n’est pas content non plus. Le déclencheur de son ire ? Un article de Streetpress repris par Le Monde et Libération, que j’avais également signalé, et qui souligne son conspirationnisme. Après avoir invité ses auditeurs à “aller se renseigner un petit peu sur qui sont les financiers de Streetpress” (il y a quelques mois, la revue de feu Emmanuel Ratier Faits et documents avait “révélé” sur le site d’Egalité et Réconciliation que le patron de Streetpress était… Juif) , il poursuit, très énervé : “Nous avons affaire à une véritable petite nébuleuse de fascistes – parce qu’il faut dire le mot, ce sont des fascistes – qui interdisent tout débat démocratique et qui croient que le grand retour du maccarthysme est arrivé.” Et Asselineau de menacer : “maintenant nous les avons dans le collimateur et nous n’allons pas les rater !” Sont visés par ces paroles Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch, Streetpress et moi-même, ainsi que notre entourage professionnel ou militant (les fameuses “nébuleuses”). Écouter l’extrait :

PS : Parmi les articles intéressants parus sur François Asselineau pendant ces élections, notons ce portrait sur le site de France Télévisions. O. G.

Source : youtube.com/watch?v=c7RhXZJPDfg (à 21 min 30)

Régionales : grâce à l’UPR, les conspirationnistes ont des candidats dans toutes les circonscriptions.

L’UPR a réussi a présenter des candidats dans toutes les circonscriptions pour les élections régionales. Cependant, malgré des tentatives de lifting visant à évincer les candidats les plus problématiques, le parti de François Asselineau reste fondamentalement complotiste, comme le rapporte Streetpress. Le site pro-Israélien Inglourious Basterds pointe aussi l’un de ses candidats en Midi-Pyrénées, Nicolas Mauriange, pour ses sympathies complotistes, dieudonnistes et soraliennes. Nous avons pu vérifier nous-mêmes que l’homme était par exemple un chaud partisan des théories du complot s’agissant du 11-Septembre et que contrairement aux consignes d’Asselineau, il n’a pleinement pas nettoyé son Facebook, puisqu’on y trouve encore de nombreux posts émanant de Dieudonné, d’Egalité et Réconciliation ou du Parti antisioniste. Quelques exemples parmi tant d’autres, pris sur le seul mois d’octobre 2014 :

2015-12-05_mauriange_er 2015-12-05_mauriange_pas 2015-12-05_mauriange_dieudonné 2015-12-05_mauriange_quenelleSource : theinglouriousbasterds.com/la-brigade-juive-et-les-basterds-vous-presentent-nicolas-mauriange-bds-theorie-du-complot-et-negationnisme/

Laurent Dauré (UPR) donne des leçons de rationalisme

Laurent Dauré (UPR, Acrimed), collabore également à l’Union rationaliste. Dans un article repris avec l’autorisation de cette dernière sur le site du Grand Soir, il dénonce le mysticisme de la commissaire européenne Violeta Bulc, femme d’affaire et diplômée en chamanisme délivré en Ecosse par une école fondée par une gourou new age californienne, Peggy Dylan. Dauré, toujours prompt à pointer l’irrationalisme des autres, ne s’en est pourtant jamais pris à celui de son chef, François Asselineau, ni de certains de ses subordonnés, pourtant habitués des sorties conspirationnistes ou des interprétations extravagantes de l’histoire, entre autres. Le fait que son parti propose par ailleurs, s’il accède au pouvoir de “lancer une grande politique publique de médecines douces et alternatives” ne semble pas le déranger non plus. Il est vrai que tant que cela repose sur “des expertises médicales incontestables” (lesquelles ? pour quelles pratiques et quels produits ?)…

François Asselineau : “La Réunion, une terre française depuis toujours”

Pour François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR), l’île de la Réunion sur laquelle il s’est rendu récemment est une “terre française depuis toujours”. Voici la citation complète, tirée d’un communiqué vantant l’arrivée d’un 8000e adhérent issu de l’île :

“Il m’apparaît aussi comme un merveilleux symbole : car « la Réunion » porte bien son nom. Dans cette terre française depuis toujours, des Français de toutes les ethnies, de toutes les religions, de toutes les convictions, y vivent de façon harmonieuse, dans une « réunion » autour des grandes valeurs de la France et de la République.

Au fond, l’idéal de l’UPR est justement de « réunir » les Français du XXIe siècle autour de l’amour de la France et des idéaux d’égalité et de justice dont notre pays est porteur, et dont le modèle réunionnais est l’un des plus émouvants exemples.”

Alors que la France elle-même n’a pas été “française depuis toujours” (faut-il encore rappeler que les États et les nations tels que nous les connaissons sont des constructions historiques relativement récentes ?), c’est pourtant encore moins le cas de ses ex-colonies comme la Réunion, colonisée aux tournants des 17e et 18e siècles. Reprenant la propagande touristique, le leader de l’UPR, qui y a effectué un voyage récent, y a vu une société “harmonieuse”. Pourtant, derrière les clichés, comme dans toutes les sociétés issues de la colonisation et anciennement esclavagistes, les discriminations tant sociales que raciales ou de genre persistent aussi à la Réunion (un exemple parmi d’autres). François Asselineau est apparemment en très grande forme en ce moment, puisqu’il a aussi appelé ces jours derniers les éleveurs en colère, pourtant pour la plupart membres de la FNSEA et premiers bénéficiaires de la Politique agricole commune (Pac) à rejeter l’Union européenne comme cause de tous leurs maux, mais aussi les militants des autres partis politiques et notamment ceux du NPA, du MRC, de Debout la France et du FN à rejoindre l’UPR pour ne pas “se faire “syriser””.

 

L’hommage controversé de Jean-Luc Mélenchon à Charles Pasqua

Jean-Luc Mélenchon a encore créé la polémique à gauche en rendant hommage à Charles Pasqua ce matin sur France Info. Même si l’édile du Front de Gauche a rappelé le meurtre de Malik Oussekine par la police pasquaïenne, il a aussi souligné la participation à la Résistance de l’ancien ministre et déclaré avoir vu en lui “un républicain qui n’avait pas peur”, notamment face aux Américains. Une déclaration qualifiée de “bel hommage” par le journaliste Jean-François Achilli, qui ne s’y est pas trompé. Après sa participation en 2012 à la remise de la légion d’hommeur de Patrick Buisson et ses louanges au “grand industriel” Serge Dassault, après ses déclarations ces derniers mois saluant le “courage” de Nicolas Dupont-Aignan ou la “cohérence intellectuelle” de  Nicolas Sarkozy et félicitant Florian Philippot d’avoir exclu Jean-Marie Le Pen du FN, cela devient décidément une habitude chez Jean-Luc Mélenchon de rendre hommage à des personnalités de droite. Silence assourdissant en revanche du côté de François Asselineau, qui n’a à notre connaissance toujours pas salué la mémoire de l’ancien ministre de l’Intérieur. Il faut dire qu’il tient, depuis qu’il a fondé l’UPR, à faire oublier sa proximité passée avec Charles Pasqua.

L’UPR, Chevènement, le Comité Valmy, Sapir et Drweski se retrouvent à l’ambassade de Russie

L’UPR continue de renforcer ses liens avec les autorités russes. Ces dernières ont invité le 11 juin dernier François Asselineau aux célébrations de leur fête nationale à l’ambassade de Russie à Paris. Asselineau est fier d’avoir rencontré à la réception “de nombreux invités français présents, dont plusieurs m’ont abordé pour me dire qu’ils « suivaient » avec intérêt à la fois nos analyses et nos actions.” Il a aussi conversé avec Jean-Pierre Chevènement, “qui connaît bien l’UPR”, Jacques Sapir, Claude Beaulieu du Comité Valmy et Bruno Drweski.

François Asselineau et Jean-Pierre Chevènement. (Source : UPR)
François Asselineau et Jean-Pierre Chevènement. (Source : UPR)

L’UPR en visite en Crimée

Une délégation de l’Union populaire républicaine (UPR) s’est récemment rendue en Crimée occupée, pour le plus grand bonheur des autorités et des médias russes (dont RT, qui lui a consacré un reportage). Selon le communiqué du parti,

“A l’invitation de la ville fédérale de Sébastopol, et avec l’accord du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, François Asselineau a effectué une visite officielle de plusieurs jours en Crimée, pour le 70ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Le Président de l’Union Populaire Républicaine, ainsi que la délégation qui l’accompagnait ont assisté, dans le grand port de Sébastopol, au spectaculaire défilé militaire du 9 mai, et cela depuis la tribune officielle et à la grande satisfaction des autorités. […] Lors de sa visite, la délégation de l’UPR s’est également rendue sur la colline de Malakoff afin de procéder à un dépôt de gerbes sur la tombe de soldats français et russes, tombés lors de la guerre de Crimée de 1854-1855. […] La délégation de l’UPR a été reçue par une délégation de la Douma de Sébastopol, conduite par ses deux vice-présidents, pour une longue séance de travail. Les délégations sont tombées d’accord pour développer une coopération en matière de viticulture – l’UPR comptant plusieurs viticulteurs de grands vins français parmi ses adhérents –, mais également concernant l’établissement d’une chambre des métiers s’inspirant du modèle français, la création d’une école pour adolescents ouverte sur l’international, et l’entretien du cimetière français de la guerre de Crimée de 1854-55, honteusement laissé à l’abandon par la France. […] L’UPR rappelle d’ailleurs que la Crimée n’a été ukrainienne qu’en vertu d’une décision de Khrouchtchev en 1954, sans aucune réelle portée politique puisqu’elle intervenait dans le cadre de l’Union soviétique dont personne n’envisageait alors la dissolution. La ville même de Sébastopol a été directement fondée par la tsarine Catherine de Russie en 1783 et sa population est très majoritairement russe depuis 232 ans.”

Ainsi, l’UPR apporte officiellement son soutien à l’occupation de la Crimée par la Russie. Comme tout un pan de la droite et de l’extrême droite française, elle confirme ses liens avec le régime de Vladimir Poutine. A noter qu’elle n’est pas la seule à avoir des projets à visée économique en Crimée, puisque Philippe de Villiers par exemple prévoit d’y ouvrir une version russe du Puy du Fou.

Dépôt de gerbe au monument de Malakoff en compagnie des autorités occupantes, dont vice-gouverneur de Sébastopol nommé par Moscou.
Dépôt de gerbe au monument de Malakoff en compagnie des autorités occupantes, dont le vice-gouverneur de Sébastopol nommé par Moscou.