Tag Archives: Emmanuel Todd

A lire sur Mondialisme.org : “Idéologues et militants du social-chauvinisme”

A lire sur Mondialisme.org, un long dossier de Ni Patrie Ni Frontières qui revient sur l’histoire et l’actualité du social-chauvinisme et dresse un panorama de ses idéologues et militants. Voici sa présentation :

“Le « social-chauvinisme » est une vieille expression polémique utilisée durant la Première Guerre mondiale par les socialistes marxistes internationalistes (Lénine, Luxembourg, etc.) pour dénoncer les sociaux-démocrates qui soutenaient leurs bourgeoisies nationales respectives en usant d’une phraséologie pseudo-radicale… Aujourd’hui on retrouve le même type d’arguments sociaux-patriotes chez :

– des intellectuels (Todd, Lordon, Michéa, Ariès , les équipes du « Monde diplomatique » et de « Politis », à gauche mais aussi les mêmes arguments nationalistes chez des républicains de droite, Taguieff, Finkielkraut, etc.)

– et des organisations (ATTAC, PCF, Parti de Gauche, MPEP, etc.).

Les membres de cette mouvance :

– critiquent « l’oligarchie » (vieux concept d’extrême droite), la dictature de la finance et la Bourse (idem) ;

– ils prônent un capitalisme industriel, productif, national et un Etat fort menant une politique keynésienne d’indépendance nationale, sans oublier, bien sûr, la défense des PME « bien de chez nous ».

Pour ce faire, ils s’affublent d’un masque critique, anticapitaliste ou altermondialiste, toujours chauvin.

Démystifier ces discours et ces organisations est essentiel dans une période où la compétition économique entre les Etats européens ne fait qu’attiser les régionalismes, les nationalismes, et la xénophobie sous toutes ses formes.”

Le FN, parti des opprimés ? La preuve par Charles Beigbeder

Non, les ouvriers ne sont pas les seuls à voter FN et le FN n’est pas “le premier parti ouvrier de France”. Qu’importe : ce mythe, développé par le FN suite à un sondage qui en 1995 créditait de 30 % les intentions de vote pour la formation d’extrême droite chez les ouvriers, est aujourd’hui répandu par toute une clique d’intellectuels réactionnaires, qui malheureusement rencontrent des échos à gauche : Laurent Bouvet, Christophe Guilluy, Jacques Sapir ou Emmanuel Todd. Ce dernier expliquait par exemple il y a un an au journal Fakir que le succès du FN reposait sur l’alliance de “deux groupes de parias” : “les milieux populaires d’origine française” qui “sont exclus ou menacés dans leur emploi” et “les cadres du Front national” car “l’extrême droite, dans la tradition française, c’est marginal, à l’inverse de l’Allemagne”. Le même soutient d’ailleurs que « le FN ne parviendra pas au pouvoir, parce que les classes qu’il représente sont trop opprimées » et que “le vote Front national devient un marqueur social, celui des “basses classes”, un stigmate moral, et la bourgeoisie, les éduqués se refusent dès lors à voter Front national, ne serait-ce que pour se démarquer”. Ainsi selon Todd, “ne pas voter Front national est devenu un symbole social : « Je n’appartiens pas aux basses classes ».” C’est en effet tout à fait ce qu’a du se dire le grand patron Charles Beigbeder quand il a déclaré sa flamme au FN il y a quelques jours… apportant le preuve par trois qu’en effet, le parti des Le Pen représente les “classes opprimées” et ne saurait être soutenu par la bourgeoisie (ou au moins certaines de ses franges) ni compatible avec le capitalisme.

Philippe Corcuff : « Le confusionnisme néoconservateur brouille l’espace idéologique »

Nous avons rencontré le sociologue Philippe Corcuff, afin qu’il nous présente son livre paru récemment, Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard : un ouvrage stimulant qui mérite d’être lu et discuté car il pose publiquement un problème trop souvent éludé dans les milieux de la gauche radicale et libertaires.