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Philippe Verdier, de France 2 à RT

2015-12-24_verdier_rtSuspendu courant octobre, Philippe Verdier a été licencié de France 2 le 1er novembre dernier, après y avoir officié pendant des années comme chef du service météo, au motif de la publication d’un livre climato-sceptique, Climat investigation, publié aux éditions du Ring, maison classée à l’extrême droite. Pour lui, le réchauffement climatique est “une religion” et il n’y aurait pas lieu de le combattre puisque égoïstement un pays comme la France pourrait même en tirer parti, ainsi que l’indique le résumé du livre sur le site de l’éditeur : “La France figure pourtant parmi les pays les moins touchés par le changement climatique. Notre économie et notre société bénéficient déjà des avantages considérables du réchauffement. Le développement des énergies renouvelables menace notre sécurité et ne compensera aucunement l’explosion démographique identifiée comme une cause principale du problème. Qui osera ouvertement rompre ces tabous sous la pression extrême des dirigeants ?” Pendant la Cop21, on a retrouvé Philippe Verdier sur RT, la télévision poutinienne. Il y animé une émission modestement intitulée “Verdier libre”. Dans le premier épisode, il affirmait par exemple : “force est de constater, c’est ce que disent certains observateurs, que depuis vingt ans nous vivons les années les plus chaudes et que nous avons en parallèle une baisse des guerres, une baisse de victimes de conflits.”

La Décroissance ou l’hôpital qui se moque de la charité

La Décroissance a finalement annulé, en raison de l’émotion suscitée par les attentats de la veille, son contre-sommet anti-Cop 21 qui devait se tenir le 14 novembre à Vénissieux et auquel la revue catholique Limite avait apporté son soutien. Devaient s’y trouver, aux côtés des contributeurs habituels du journal et d’universitaires, plusieurs de ses collaborateurs occasionnels issus de courants marxistes ou libertaires (Célia Izoard, Yannis Youlountas, Anselm Jappe), des militants antipub (Alessandro di Guiseppe, Yvan Gradis) mais aussi Thierry Jaccaud (rédacteur en chef de L’Ecologiste, revue proche de la Nouvelle Droite), Serge Latouche, le souverainiste Aurélien Bernier ou encore Cédric Biagini (éditions L’Échappée) et Pierre Thiesset (éditions Le Pas de côté), tous deux éditeurs du livre Vivre la simplicité volontaire qui réunit des chroniques du journal et dont les 4 000 premiers numérisation0017exemplaires sont épuisés. Dans le numéro du mois de décembre qui annonce ces deux nouvelles, on trouve également une chronique anti-“théorie du genre” sous couvert d’humour (voir ci-dessous), une illustration anti-Cop 21 à l’iconographie douteuse (voir ci-contre, cliquer pour agrandir) ou même un texte contre la manifestation anti-Cop 21 qui était prévue le 29 novembre et qui a finalement été interdite. “Le 18 novembre, le gouvernement a annulé les “marches pour la Cop21 à cause des événements du 13. Est-ce un mal ?”, s’interroge le journal, se réjouissant presque de la répression contre cet événement, au prétexte de la présence prévue de Nicolas Hulot : “Voilà toute une partie de ce que la France compte d’organismes prêts à donner des leçons d’anticapitalisme à qui mieux mieux se ranger derrière la figure de proue du capitalisme maquillé en vert : Hulot. […] A noter que dans cette coalition figurent aussi des groupes confessionnels, quasiment tous représentés.” Le moins que l’on puisse dire, c’est que La Décroissance aime jouer au jeu de l’hôpital qui se moque de la charité, lui qui publie régulièrement des partisans de la Manif pour Tous, des proches de la Nouvelle Droite ou même le vice-président de la si détestée Fondation Nicolas Hulot, Dominique Bourg, comme nous l’avons déjà montré ici, ou . Sans surprise, ce numéro compte d’ailleurs son réactionnaire attitré en la personne de Kevin Victoire (ex-Ragemag, actuellement co-animateur du Comptoir et contributeur de Limite, qui se dit “socialiste conservateur” ou “socialiste antimoderne”).

Inversion des valeurs, toujours : ce sont ici les défenseurs des études de genre qui sont traités de "pudibonds". (Cliquer pour agrandir)
Inversion des valeurs, toujours : ce sont ici les défenseurs des études de genre qui sont traités de “pudibonds”. (Cliquer pour agrandir)

Les nouveaux papes verts

Depuis quelques années, les religions, en perte de vitesse dans des sociétés de plus en plus laïcisées (en tout cas en Occident), ont trouvé un nouveau filon pour assurer la promotion de leurs visions du monde : l’écologie. La Cop 21 leur offre une occasion en or de se faire entendre. Exemple avec l’Église catholique, particulièrement active dans ce domaine, notamment en France.

Qu’est-ce qu’Alternatiba ?

Les 26 et 27 septembre s’est tenu à Paris une Alternatiba, qui a réunit autour de 60 000 personnes sur la place de la République. Une autre, de dimension européenne, est prévue les 5 et 6 décembre à l’occasion de la Cop 21 à Montreuil. Mais d’où vient ce mouvement ? Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses orientations ?

Violences policières : et ce sont les manifestants que l’on condamne…

On en sait plus sur la manifestation d’hier après-midi à République contre l’état d’urgence. 341 personnes ont été interpellées et 316 placées en garde-à-vue pour participation à une manifestation interdite. Ce soir, la plupart ont été libérées mais neuf sont encore détenues par les forces de l’ordre. Nous leur exprimons toute notre solidarité et appelons à leur libération immédiate. Malgré la violence de la police, responsable du déclenchement des hostilités, c’est une nouvelle fois celle des manifestants qui est pointée du doigt par la plupart des médias et par nombre de personnalités politiques, dont Cécile Duflot, qui a déclaré : « C’est une catastrophe, ce sont des voyous qui jettent des projectiles, ils n’ont rien à voir avec l’écologie, avec la COP21 ». Mention spéciale cependant pour Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble! qui, si elle compte parmi les 58 signataires d’une pétition « Nous manifesterons pendant l’état d’urgence » portée essentiellement par des intellectuels dont on se dit pour certains qu’ils feraient déjà bien de commencer à aller manifester tout court avant de donner des leçons, a publié sur son blog une tribune condamnant lesdits “casseurs”. Voici ce qu’elle écrit, loin de remettre en cause la légitimité de l’état d’urgence :

“Comment faire vivre la démocratie dans un contexte d’État d’urgence ? Soyons vigilants sur les conditions véritables de la démocratie et de la liberté. Hier, l’événement majeur fut la grande réussite de la chaine humaine. […] Malheureusement, les images de violence sur la Place de la République entachent celles de plus de milliers de citoyens et militants se donnant la main ou déposant leurs chaussures pour dire leur volonté que les Etats s’engagent concrètement et fortement pour le Climat. Sur les chaines d’info continu comme dans les grands médias papier, ce sont les photos de personnes portant des cagoules et piétinant le monument dédié aux victimes du 13 décembre qui dominent. […] Une poignée d’individus cagoulés venus « casser du flic » et non défendre le Climat a provoqué. Les forces de police étaient présentes en nombre impressionnant au regard de la taille de cette manifestation interdite et à laquelle très peu d’organisations appelaient – Ensemble-Front de Gauche, dont je suis porte-parole, n’y appelait pas. Des échauffourées entre quelques individus et la police ont crée ce climat destructeur pour la mémoire des victimes.”

A la fin de ce long développement, Autain n’écrit qu’une seule phrase pour dénoncer les violences policières, tout en jugeant “révoltant” le fait que des manifestants aient été arrêtés et en condamnant les atteintes aux libertés liées à l’état d’urgence. Avant de revenir à sa marotte : “Le mouvement social ne doit pas dépérir avec l’état d’urgence mais trouver la voix de son expression face à un pouvoir qui ne lui facilite pas la tâche. Les images de violence telles que celles de la Place de la République ne servent aucunement la cause du Climat et de la justice sociale.” Pas à une contradiction près, elle regrette cet emballement médiatique tout en y participant :

“Les images de violence telles que celles de la Place de la République ne servent aucunement la cause du Climat et de la justice sociale. La fachosphère, très en forme par les temps qui courent, se charge de les utiliser contre nous. BFM n’hésite pas à sur-saturer ses télespectateurs d’images sélectives qui ne sont pas favorables aux visées d’une gauche sociale et écologiste : vous verrez et reverrez les bougies jetées par des hommes cagoulés, vous ne verrez pas les fleurs écrasées par les crampons de policiers ou les militants se tenant la main pour protéger le monument aux victimes.”

Rappelons que les parlementaires du Front de gauche auquel appartient Ensemble! ont voté le prolongement de l’état d’urgence pendant trois mois.

Source : blogs.mediapart.fr/clementine-autain/blog/301115/du-cote-de-la-chaine-humaine

Pour rappel : casseurs casqués et encagoulés pétinant le monument en hommage aux victimes des attentats place de la République. (Les Enragés)
Pour rappel : casseurs casqués et encagoulés piétinant le monument en hommage aux victimes des attentats place de la République. (Les Enragés)
Et la palme de l'hypocrisie revient à... Jean-Luc Mélenchon, qui s'offusque de l'état d'urgence que sa formation a elle-même voté.
Et la palme de l’hypocrisie revient à… Jean-Luc Mélenchon, qui s’offusque de l’état d’urgence que sa formation a elle-même voté. (Cliquer pour agrandir)

Deux semaines d’état d’urgence : revue de presse

En ce moment même, des dizaines de personnes sont en train de se faire embarquer par la police place de la République à Paris pour avoir manifesté contre l’état d’urgence, bravant l’interdiction de manifester. Voici deux semaines que ce régime d’exception est opérant en France, que la loi le régissant a été modifiée en vue de l’étendre à “toute personne […] à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics”, tandis que la France a annoncé qu’elle allait déroger à la Convention européenne des droits de l’Homme. Vendredi, on comptait déjà 1 616 perquisitions sur tout le territoire. Comme on pouvait s’y attendre, le mouvement social est prioritairement visé, et on ne compte plus les gardes-à-vues, perquisitions, assignations à résidence, gardes à vues touchant des salariés, des militants syndicaux, associatifs, écologistes et même un jeune aveugle (on peut consulter un relevé aussi exhaustif que possible de ces abus sur le site de la Quadrature du Net, mais aussi sur le site du Monde)… De fait, l’état d’urgence facilite la mise en place de mesures coercitives arbitraires sur simple décision administrative, là où il faudrait d’ordinaire la décision d’un juge. L’interdiction de manifester est toujours en vigueur à Paris jusqu’à demain au moins, tandis qu’à notre connaissance, certains syndicats ont renoncé à des mouvements de grève la semaine dernière au nom de l’union nationale. Suite à l’assaut sur les terroristes de Saint-Denis, un de leurs voisins sans-papiers à reçu une OQTF (obligation de quitter le territoire français) après avoir manqué de se faire tuer par les forces de l’ordre, tandis que les habitants du quartier évacués attendent toujours d’être relogés. Et pendant qu’on nous demande d’accrocher des drapeaux français à nos fenêtres ou de cyber-manifester notre patriotisme avec le hashtag martial #FiersdelaFrance, la popularité du FN continue de monter.

Un des permiers usages du hashtag #FiersdelaFrance promu par le governement.
Cocorico ! Un des premiers usages du hashtag #FiersdelaFrance promu par le gouvernement.
Une image forte : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Florian Philippot côte-à-côte lors de l'hommage national aux victimes des attentats vendredi aux Invalides. D. R.
Une image forte : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Florian Philippot côte-à-côte lors de l’hommage national aux victimes des attentats vendredi aux Invalides. D. R.