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Meeting du 11 décembre : retour sur polémique

Vendredi 11 décembre, un meeting «  pour une politique de paix, de justice et de dignité» a réuni 600 personnes à Saint-Denis et a fait couler beaucoup de pixels. Si la tension est depuis retombée, il est sans doute utile de revenir un peu dessus. En effet, plusieurs personnalités polémiques y étaient invitées, dont Tariq Ramadan, et cet événement était soutenu par les Indigènes de la République. Le journal Libération est revenu sur ce qui s’y est dit. A côté de Ramadan, étaient notamment présents à la tribune le journaliste Alain Gresh (ex-Monde diplomatique, Contre-Attaque(s)), Omar Slaouti (ex-NPA), Marwan Muhammad du CCIF, mais aussi Ismahane Chouder, présentée par Libération comme une représentante du Collectif des féministes pour l’égalité, alors qu’en réalité elle est surtout la porte-parole de Participation et Spiritualité musulmanes, antenne française d’une organisation qui dans les années 1990 assassinait des syndicalistes étudiants au Maroc et qui a pris part à la Manif pour Tous. A leurs côtés, se sont retrouvés à la tribune Michel Tubiana, ancien président de la LDH ou Laurence Blisson, du Syndicat de la Magistrature. La britannique Salma Yakoob, enfin, qui est présentée comme une militante pacifiste, participe au Royaume-Uni à la Stop The War Coalition, un collectif de gauche campiste qui sous couvert d’anti-impérialisme soutient diverses dictatures, dont l’Iran ou la Syrie de Bachar Al-Assad. C’est une personnalité très en vue dans son pays. L’organisation de ce meeting mêlant gauche radicale et organisations ou personnalités réactionnaires a malheureusement fait les choux gras d’adversaires pas franchement sympathiques, que ce soit la revue raciste et islamophobe Causeur, Eugénie Bastié du Figaro ou encore Gilles Clavreul, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui est bien mal placé pour dénoncer ce genre d’initiative à l’heure où le gouvernement pour lequel il travaille organise dans le cadre de l’état d’urgence une politique répressive qui vise en priorité des musulmans ou présumés tels, les militants et globalement tous les opprimés. Notons cependant que les explications alambiquées sur fond d’électoralisme d’une Clémentine Autain niant que son organisation ait appelé à ce meeting alors qu’il était signalé sur son site ne sont pas pour clarifier les choses s’agissant d’un compagnonnage qui ne peut tout de même que poser question avec des organisations comme PSM ou des personnalités comme Tariq Ramadan.

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Dans un autre genre, une pique de Félic Boggo Ewanjé-Epée contre la "gauche de gauche", dont toute une partie est pourtant bien prompte à soutenir ce genre d'initiative.
Dans un autre genre, une pique de Félic Boggo Ewanjé-Epée contre la “gauche de gauche”, dont toute une partie est pourtant bien prompte à soutenir ce genre d’initiative.

 

Le fin mot de la conférence sur le Yémen du 29 avril dernier

Le 29 avril dernier, un mystérieux Collectif français pour la Liberté des Peuples avait annoncé la tenue d’une conférence sur le Yémen avec Alain Gresh, qui avait démenti sa présence la veille. Qu’à cela ne tienne, la conférence a tout de même eu lieu, en présence de Bruno Drweski, vieux routier de l’anti-impérialisme campiste, de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France et contributeur du Réseau Voltaire ainsi que d’Ayssar Midani, militante pro-Assad des plus actives et intervenante auprès de plusieurs médias d’extrême droite (Cercle des Volontaires, Egalité et Réconciliation). Rappelons que la conférence était animée par Sayeed Imededdin Hamrouni, un proche du régime iranien. Encore une fois, il s’agissait pour tous ces gens de prendre prétexte du conflit au Yémen pour afficher leur soutien à des régimes autoritaires comme celui de l’Iran ou de la Syrie, sous couvert d’anti-impérialisme. Le Yémen est en effet devenu le nouveau champ de bataille où s’affrontent indirectement les puissances impérialistes régionales, que ce soit l’Iran (qui soutient les insurgés houthistes) ou l’Arabie saoudite (qui soutient le gouvernement), deux régimes aussi peu enviables l’un que l’autre. Et pendant ce temps-là, ce sont les populations qui trinquent

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Alain Gresh donne une conférence sur le Yémen à l’invitation d’un collectif douteux

Hamrouni et Gashgavhi à Téhéran lors des cérémonies du 36e anniversaire de la révolution islamique.
Hamrouni et Ghashgavhi à Téhéran lors des cérémonies du 36e anniversaire de la révolution islamique. (Cliquer pour agrandir)

Demain soir, Alain Gresh, journaliste au Monde diplomatique, donnera une conférence sur la situation au Yémen au Palais des Congrès de Montreuil, à l’initiative du Collectif Français Pour La Liberté des Peuples. La conférence sera animée par le principal porte-voix de ce collectif, Sayeed Imededdin Hamrouni, un Tunisien chiite proche du régime iranien qui pense que la révolution iranienne aurait dû être un modèle pour la révolution tunisienne. Il intervient régulièrement dans des médias iraniens comme l’Irib ou l’Iranian Quran News Agency (Iqna) et a par exemple participé aux cérémonies célébrant le 36e anniversaire de la révolution islamique tant en France qu’en Iran. Sur Facebook, il est entre-autres ami avec Gilles Munier et Jacob de Meknés (autre nom de Jacob Cohen), et pose en compagnie du quenellier iranien Haméd Ghashghavi. Le Collectif Français Pour La Liberté des Peuples est aussi activement soutenu par la négationniste et kadhafiste Ginette Skandrani, et relayé par le Cercle des Volontaires ainsi que par des groupes Facebook favorables à Bachar Al-Assad. En 2007, Alain Gresh avait accordé une interview au Centre Zahra, une officine chiite liée au régime iranien et dont le fondateur Yahia Gouasmi préside depuis 2009 le Parti antisioniste. Surtout, il avait fait polémique en 2009 en recensant positivement l’ouvrage de Paul-Eric Blanrue Sarkozy, Israël et les Juifs. Mise à jour, 23h51 : Alain Gresh nous indique par mail que cette conférence n’aura pas lieu. Dont acte.gresh_skandrani