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Déchaînement de violence fasciste hier à Pontivy

Hier, le parti d’extrême droite breton Adsav a manifesté contre les migrants, réunissant 150 personnes à Pontivy (Morbihan) au cri de “Breton, ouvre les yeux, ferme ta frontière !” Une manifestation sous haute tension, après les attentats de vendredi. Et ça n’a pas manqué : une fois encore, l’extrême droite nous a montré son vrai visage en lynchant un passant d’origine maghrébine. Des voisins en ont témoigné sur France Bleu, comme cette commerçante située à proximité des lieux du drame : “non loin de notre magasin, un monsieur d’origine maghrébine a été pris par le col. six personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui. C’était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. Plus loin c’était exactement pareil. C’était de la violence et de la haine. On voyait qu’on était cerné dans la rue principale. Tous les magasins se sont fermés au fur et à mesure. On avait l’impression qu’on était en état de siège. C’était terrible, terrible… C’est une haine, une haine… Il y avait des jeunes mais aussi des quadragénaires. Ils disaient à la police et à la gendarmerie “on va les tuer, ils n’ont rien à faire ici”. Vraiment c’est la haine.” Un autre habitant a témoigné du désarroi des passants et du climat de terreur qui a régné hier dans la petite ville bretonne : “Les gens couraient, les gens criaient, c’était la panique.”

La manifestation de Pontivy relayée sur Twitter par le média identitaire Breizh Info.
La manifestation de Pontivy relayée sur Twitter par le média identitaire Breizh Info.

D’autres témoignages sont parvenus à France 3 : Georges-Yves Guillot, délégué à la vie associative de la ville, a ainsi expliqué à la chaîne que des bombes agricoles ont explosé dans les rues et que ces explosions ont provoqué des mouvements de foule dans le centre-ville : “certains magasins ont fermé leurs rideaux et ont mis à l’abri leurs clients et quelques passants, afin qu’il n’y ait plus personne dans les rues.” Une autre commerçante a confirmé qu’elle a dû fermer son bar pendant 1h30 : “vu ce qui s’était passé la veille à Paris, il y a eu un mouvement de panique: une dame est venue reprendre ses esprits chez moi, elle était choquée.” Des échauffourées ont également éclaté avec des contre-manifestants. Dans Libération, Ronan Le Gall, responsable local d’Adsav, a justifié le lynchage par le fait que le passant victime aurait voulu contester la présence de l’extrême droite dans la rue : “Quant au Maghrébin en question, il a d’abord pris à partie nos militants. Il aurait pu être martien, il aurait dérouillé pareil.” Qu’on se le dise, voilà ce qui risque d’arriver à quiconque s’oppose à ce genre de mouvement… Déjà le 7 novembre, des militants d’Adsav et des gens se revendiquant des Bonnets rouges avaient manifesté devant le parlement de Rennes, affichant une banderole “Bretagne souveraine” :

La manifestation du 7 novembre à Rennes vue par un militant d'Adsav. Les slogans peuvent se traduire par : "Vive la Bretagne libre et indépendante", "Les Français dehors" et "Plutôt la mort que la souillure" (merci au lecteur qui nous a apporté ces précisions), la souillure visant ici sans nul doute les étrangers ou perçus comme tels, au vu de l'état d'esprit de ces gens. Le drapeau blanc à croix noire ou Kroaz Du est le drapeau breton préféré de l'extrême droite locale. (Cliquer pour agrandir)
La manifestation du 7 novembre à Rennes vue par un militant d’Adsav. Les slogans peuvent se traduire par : “Vive la Bretagne libre et indépendante”, “Les Français dehors” et “Plutôt la mort que la souillure” (merci au lecteur qui nous a apporté ces précisions), la souillure visant ici sans nul doute les étrangers ou perçus comme tels, au vu de l’état d’esprit de ces gens. Le drapeau blanc à croix noire ou Kroaz Du est le drapeau breton préféré de l’extrême droite locale. (Cliquer pour agrandir)

Pendant que les fascistes sont autorisés à défiler, nombre de manifestations sont en revanche interdites, comme celles que voulaient faire les opposants iraniens à Paris contre la venue du président de la République islamique d’Iran Hassan Rohani, ainsi que que des actions de soutien avec les migrants. Consulter notre recensement des événements d’extrême droite prévus ce mois-ci.

Document : lire un témoignage que nous avons reçu suite à la publication de cet article : témoignagepontivy.pdf

 

Rassemblement antifasciste à Quimper : deux camarades arrêtés

antifaDeux camarades antifascistes se sont faits arrêter ce soir à Quimper, en voulant manifester contre les racistes de Résistance républicaine, Adsav et Quimper résistance. Nous leur exprimons toute notre solidarité et espérons qu’il seront libérés aussi vite que possible. Entre trente et cinquante militants d’extrême droite ont pu se rassembler sur la place Saint-Corentin, protégés par la police qui a repoussé les antifascistes dont la manifestation avait été interdite. Dans leur groupe, des drapeaux bretons et français côte-à-côte : comme quoi, ces deux camps nationalistes qui en principe ne peuvent pas se supporter arrivent bien à se retrouver quand l’occasion se présente. Quoi qu’il en soit, bravo aux militants antifascistes quimpérois pour leur mobilisation.

Répression à Quimper : la police repousse nos camarades, pourtant arrivés les premiers sur les lieux. (Capture d'écran d'une vidéo du Télégramme de Brest)
Répression à Quimper : la police repousse nos camarades, pourtant arrivés les premiers sur les lieux. (Capture d’écran d’une vidéo du Télégramme de Brest)

Rassemblement antifasciste à 17 heures à Quimper

Contre l’extrême droite emmenée par Quimper Résistance et Adsav qui compte manifester aujourd’hui à Quimper contre “l’islamisation”, le collectif antifasciste local appelle à un contre- rassemblement ce mardi 30 juin à 17 heures place Saint-Corentin. Voir ci-dessous le texte de l’appel (cliquer pour agrandir).10983336_836715449730126_5687440154931200758_o

L’extrême droite contre les squats

Le site toulousain d’information alternative Iaata.info est revenu sur les tentatives opérées depuis deux ans par divers groupuscules d’extrême droite pour faire expulser des squats à Calais, Rennes, Montpellier et Toulouse. Ces dernières semaines à Rennes, c’est selon nos informations un mélange de militants d’Adsav (nationalistes bretons), du Front national et d’Identitaires ainsi que de gens se revendiquant des Bonnets rouges (l’organisation officielle de ces derniers s’étant désolidarisée) qui sont passés à l’action, tentant de faire croire qu’un groupe de précaires habitant une maison délabrée inoccupée depuis plusieurs années (et récemment expulsé) risquait d’entraîner la mise à la rue de sa propriétaire octogénaire, Maryvonne Thamin, alors même que cette dernière n’avait  rien fait pendant près de deux ans pour récupérer son bien, n’y vivait pas et envisage de le vendre. A Calais, c’est le collectif anti-migrants “Sauvons Calais” qui a à plusieurs reprises sonné la charge en 2013 et 2014, tandis qu’à Toulouse, un tout nouveau collectif du nom d’Ucodel s’est monté en mars et a pris d’assaut un squat en mai. Ces initiatives au discours néo-poujadiste (il s’agit de défendre la propriété privée) ont reçu le soutien éditorial du Figaro, qui a récemment publié un dossier anti-squats reprenant sans recul critique les informations des soutiens de Maryvonne Thamin, tandis qu’un député UMP proposait une nouvelle loi de criminalisation des squatteurs (voir aussi sur Squat.net et sur Iaata.info), un an après le vote d’un premier texte visant à faciliter leur expulsion et proposé par la sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart, à tel point que le journal Le Monde qualifie de “surenchère” les initiatives des élus de droite sur ce sujet. Avec la récente attaque de Laurent Ozon et du groupe néo-nazi belge Nation contre une manifestation de migrants, les pressions de militants du Groupe Union Défense (Gud) contre des syndicalistes de la CNT à l’Ecole supérieure d’architecture (voir aussi sur Sons le luttes) ou encore, en Italie, celle de grévistes par des fascistes, ces tentatives relèvent d’une inquiétante tendance des forces radicales d’extrême droite à vouloir réoccuper la rue, y compris en se confrontant directement au mouvement social et en mettant en danger les plus fragiles, rassérénée par le soutien qu’elle perçoit de la part d’une droite parlementaire suiveuse, de médias souvent complaisants et d’un patronat demandeur.

Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP
Source : Citizenside/Kévin Niglaut/AFP