Category Archives: Les souverainistes

A propos des souverainistes de droite comme de gauche et des ponts qui se créent entre eux.

François Asselineau a sa fiche Wikipedia

2015-12-27_wikipedia_asselineauÇa y est, François Asselineau a depuis peu sa fiche Wikipedia en français. Et pour une fois, alors que dans sa version francophone l’encyclopédie libre a tendance a être particulièrement complaisante avec les théoriciens du complot et avec certains intellectuels d’extrême droite, ici, la fiche est critique. Dès les premières lignes, son complotisme est mentionné : “Il est décrit comme étant souverainiste, antiaméricain et conspirationniste. […] certains militants de l’UPR mènent une insistante démarche de lobbying auprès des médias de masse, accusés par François Asselineau de le censurer, au point que leur action a pu être décrite comme un « harcèlement ».” Sa carrière à droite est détaillée, ainsi que les principales critiques qui ont été faites de son orientation politique par des journalistes ou experts d’horizons différents ainsi que ses liens passés mais pas si anciens avec certaines personnalités d’extrême droite, même si les sources à proprement parler antifascistes sont savamment omises :

“Arrêt sur images le présente comme un « énarque de droite, aux lisières de l’extrême-droite ». Le politologue Jean-Yves Camus juge quant à lui qu’Asselineau, homme « intelligent » et « bien sous tous rapports », peut viser à distraire les électeurs du Front national, en attirant « ceux qui sont séduits par le souverainisme et la droite dure ». Cependant, « à la différence d’autres figures intellectuellement proches de l’extrême-droite, [l’]anti-américanisme [de François Asselineau] est exclusif de toute trace d’islamophobie, de racisme, ou d’antisémitisme ». Pour Marianne, le programme de l’UPR « n’est pas sans rappeler Solidarité et progrès, la formation de Jacques Cheminade », ce que l’UPR conteste fermement. François Asselineau affirme par ailleurs que le Front national « ne veut en aucun cas la sortie de l’Europe » et que Marine Le Pen copie certaines de ses idées. Le militant d’extrême-droite Serge Ayoub a accueilli en 2010 l’une de ses conférences dans son bar mais François Asselineau affirme qu’il ignorait qui était Serge Ayoub. […] Rudy Reichstadt, animateur du site Conspiracy Watch, résume les idées de François Asselineau comme « un souverainisme intégral mâtiné de théorie du complot antiaméricaine », et voit dans sa stratégie l’intention de mener « une sorte d’OPA sur le public séduit par les discours complotistes de sites comme le Réseau Voltaire ou Égalité et réconciliation, d’Alain Soral » ; en 2012, l’université d’été de l’UPR a invité un membre du Réseau Voltaire, ainsi que Robert Ménard et le blogueur Étienne Chouard.”

Il faut dire que les relations entre Asselineau et Wikipedia France sont houleuses, l’encyclopédie ayant refusé il ya quelques années de lui dédier une fiche pour cause de manque de notoriété, alors que les militants de l’UPR avaient réussi à en créer une sur plusieurs autres Wikipedia, dont la version anglophone et même une version japonaise.

Les sources conspirationnistes et extrêmes droitières de l’UPR et de ses fans

Suite à l’article que j’ai publié il y a quelques heures au sujet de leur leader et de ses menaces contre Streetpress, Conspiracy Watch et moi-même, l’UPR et ses adeptes, pour protester, ont fait part sur Twitter de quelques unes de leurs sources d’information à mon sujet et au sujet de Streetpress :

2015-12-12_upressonne_bassesse 2015-12-12_upr_bassesseAgoravox est un site conspirationniste bien connu, tandis que l’Ojim (Observatoire des journalistes et de l’information médiatique) est un site d’extrême droite fondé par Jean-Yves Le Gallou et Claude Chollet, tous deux anciens du Grece (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne). En ce qui concerne l’article d’AgoraVox, il s’agit en fait d’une reprise d’un papier récent publié par l’Observatoire du Néoconservatisme, popularisé par Michel Collon et auquel j’ai déjà répondu ici. Cet article ne faisait d’ailleurs que reprendre pour l’essentiel les calomnies diffusées à mon encontre par l’UPR il y a plus de quatre ans, et abondamment reprises par Le Grand Soir.  A l’époque, l’UPR était allé jusqu’à révéler mon identité et à faire le lien avec mon pseudonyme, alors qu’un de ses cadres, Laurent Dauré, fréquentait l’association de critique des médias Acrimed en même temps que moi (il y est d’ailleurs toujours). O. G.

Les savants calculs de François Asselineau

Selon François Asselineau, son faible score aux élections régionales (l’UPR a recueilli en moyenne 0,87 % des suffrages exprimés) s’expliquerait par son manque de notoriété, lié à la “censure” qu’il subirait de la part des médias. Il se livre donc à un savant calcul :

“Le fait de faire 0,9% des suffrages avec peut-être 2 ou 3% des Français qui nous connaissent, ça témoigne que […] s’il y avait, mettons, 100 % des Français qui nous connaissaient […], on ferait de l’ordre de 45 à 50 % !”

On l’écoute :

 

Même mathématiquement, c’est douteux.

totoSource : youtube.com/watch?v=c7RhXZJPDfg

Des menaces de François Asselineau (UPR) : “nous les avons dans le collimateur et nous n’allons pas les rater !”

asselineau_tractFrançois Asselineau me fait les honneurs de son dernier “Entretien d’actualité” publié le 8 décembre. Très inquiet de son manque de succès électoral, il l’attribue à la “censure” des médias. Il en avait d’ailleurs fait le slogan de campagne de l’UPR pour ces élections régionales : “Le parti qui monte malgré le silence des médias”. Mais quand la presse parle de lui, il n’est pas content non plus. Le déclencheur de son ire ? Un article de Streetpress repris par Le Monde et Libération, que j’avais également signalé, et qui souligne son conspirationnisme. Après avoir invité ses auditeurs à “aller se renseigner un petit peu sur qui sont les financiers de Streetpress” (il y a quelques mois, la revue de feu Emmanuel Ratier Faits et documents avait “révélé” sur le site d’Egalité et Réconciliation que le patron de Streetpress était… Juif) , il poursuit, très énervé : “Nous avons affaire à une véritable petite nébuleuse de fascistes – parce qu’il faut dire le mot, ce sont des fascistes – qui interdisent tout débat démocratique et qui croient que le grand retour du maccarthysme est arrivé.” Et Asselineau de menacer : “maintenant nous les avons dans le collimateur et nous n’allons pas les rater !” Sont visés par ces paroles Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch, Streetpress et moi-même, ainsi que notre entourage professionnel ou militant (les fameuses “nébuleuses”). Écouter l’extrait :

PS : Parmi les articles intéressants parus sur François Asselineau pendant ces élections, notons ce portrait sur le site de France Télévisions. O. G.

Source : youtube.com/watch?v=c7RhXZJPDfg (à 21 min 30)

Chalon-sur-Saône : les recrues de “gauche” de Debout la France

De gauche à droite sur la photo : Yves Guillot, conseiller politique Debout la République (DLR) dans le Mâconnais ; France Robert, gérante du camping municipal d’Épinac et sur la liste DLR aux sénatoriales ; Nicolas Dupont-Aignan, député-maire d’Yerres et Président de DLR ; Armand Roy, maire de Flagy (dans le Clunisois) et tête de la liste DLR aux sénatoriales ; Maxime Thiebaut, représentant départemental DLR et Jean-Noël Chassigneux, conseiller municipal d’opposition à Gueugnon et sur la liste DLR aux sénatoriales. Photo N.D. / JSL
De gauche à droite sur la photo, prise en 2014 à l’occasion des élections sénatoriales : Yves Guillot, conseiller politique Debout la République (DLR) dans le Mâconnais ; France Robert, gérante du camping municipal d’Épinac et sur la liste DLR aux sénatoriales ; Nicolas Dupont-Aignan, député-maire d’Yerres et Président de DLR ; Armand Roy, maire de Flagy (dans le Clunisois) et tête de la liste DLR aux sénatoriales ; Maxime Thiebaut, représentant départemental DLR et Jean-Noël Chassigneux, conseiller municipal d’opposition à Gueugnon et sur la liste DLR aux sénatoriales. Photo N.D. / JSL

A Chalon-sur-Saône, la liste Debout la France (DLF) conduite par Maxime Thiébaut pour les élections régionales réunit des candidats venus de la gauche, nous a appris il y a quelques temps un média local. Des faits confirmés depuis le dépôt officiel des listes. Samuel Brandily s’était présenté aux municipales de 2001 au nom du Mouvement républicain et citoyen (MRC) alors présidé par Jean-Pierre Chevènement sur la liste d’union de la gauche conduite par Bettina Laville, et aux législatives de 2002. Après avoir arrêté la politique pendant dix ans, il a rejoint DLR en janvier 2013 et se définit comme “un souverainiste de gauche qui a rejoint Dupont-Aignan” (Le Journal de Saône-et-Loire (JSL) édition Montceau, 9 novembre 2015). Si les porosités entre chevènementistes et souverainistes de droite sont néanmoins connues, le parcours de Jean-Noël Chassigneux est sans doute moins commun. En remontant dans le temps, on retrouve la trace de cet ancien militant de la CGT Métallurgie en tant que premier adjoint du maire PCF de Clichy-sous-Bois André Deschamps, mis en cause à la fin des années 1980 pour des propos racistes et désavoué par son parti. En 1992, son nom apparaît sur une liste classée à l’extrême gauche aux élections régionales en Ile-de-France, puis en 1995 lors des élections municipales à Clichy-sous-Bois comme bras droit de André Sainjon, ancien secrétaire de la fédération des métaux CGT évincé par les communistes les plus «durs», réélu député européen sur la liste de Bernard Tapie en juin 1994, selon Libération. L’année dernière, il s’était présenté aux élections sénatoriales pour Debout la République en Saône-et-Loire. Notons aussi la présence sur la liste de Thiébaut de France Robert, présentée comme « engagée dans l’écologie intelligente » et qui serait une adepte de Pierre Rabhi. D’autre part, DLF a aussi réussi à rallier à lui des candidats venus de la droite la plus classique, à savoir des Républicains (ex-UMP) comme Michèle Boucomont, qui se présente dans la Nièvre. Si la campagne de Nicolas Dupont-Aignan en région parisienne vise les “automobilistes maltraités”, celle de Thiébaut en Bourgogne n’est pas moins démagogique, puisqu’elle vise les “usagers maltraités” des TER, auprès desquels le jeune candidat est allé diffuser sa propagande le 8 novembre dernier. Enfin, il aimerait bien s’allier les voix du Medef local, comme en témoigne cette lettre ouverte au syndicat patronal dans laquelle il regrette de ne pas avoir été invité à un débat économique organisé par lui  (cliquer pour agrandir) :

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Pour Jacques Sapir, une frontière, c’est comme la membrane d’un protozoaire

Jacques Sapir a encore publié le 22 octobre dernier un éloge des frontières, partant du principe que la question de leur légitimité ne se posait pas : “La véritable question n’est pas est-on pour ou contre des frontières, mais à quoi ces frontières doivent-elles servir.” Dans ce texte intitulé “Frontières, mondialisation, souveraineté”, l’économiste enchaîne les poncifs :

“La frontière est en réalité la condition de la démocratie. C’est elle qui permet de relier la décision collective et la responsabilité. […] C’est la frontière qui met l’étranger voulant vivre dans un autre pays devant le choix de s’intégrer ou d’être privé de droits politiques. Elle est une séparation entre l’intérieur et l’extérieur, séparation sans laquelle aucune organisation, et je rappelle qu’un Etat est une organisation, ne saurait – tout comme tout être vivant – exister. Même les protozoaires ont une membrane qui les isole de leur environnement. Une frontière doit donc jouer le rôle d’un filtre laissant passer certaines choses, et bloquant certaines autres. Aussi, la question des frontières pose celle du protectionnisme.”

A l’appui de son propos, Sapir cite le livre Eloge des frontières de Régis Debray, qu’il analyse comme suit : “On voit que le propos est large. Il faut en tenir compte. Sans l’existence de frontières la distinction entre l’invitant et l’invité cesserait d’exister.” Notons qu’on retrouve une analyse très similaire dans le livre Nos Limites écrit par les anciens Veilleurs Gaultier Bès, Marianne Durano et Axel Nørgaard Rokvam. Vous pensiez que les frontières étaient la cause des drames en Méditerranée et ailleurs ? Que nenni ! Au contraire, c’est grâce à elles qu’on peut accueillir les réfugiés : “Dès lors [sans les frontières, ndlr] ne pourrait plus être pensée l’obligation morale qu’il y a à accueillir un étranger poursuivi par un pouvoir tyrannique sur son sol natal, obligation qui – il faut le rappeler – existe dans la déclaration des Droits de l’Homme et dans le préambule de la Constitution en France.” C’est aussi elles qui permettent l’internationalisme (décidément, que de vertus cachées !) : “C’est l’existence de frontières, parce qu’elle permet l’existence de nations, qui permet l’internationalisme et non, comme le confondent beaucoup aujourd’hui, un a-nationalisme, une généralisation du statut d’apatride pour tous.” On reconnaîtra ici en creux une rhétorique très inspirée de l’extrême droite. Sapir poursuit : “Mais, parler de frontière est une autre manière de parler de la souveraineté.” Et se contredit : “C’est donc une notion [la souveraineté, ndlr] qui s’enracine profondément dans une vision de gauche de la société. […] De ce point de vue, et contrairement à ce que d’aucuns écrivent, il n’existe pas de souverainisme « de gauche » ou « de droite ».” Alors, de gauche ou de droite les notions de souveraineté et de souverainisme ? Une chose est sûre : “Il existe des opinions, de droite ou de gauche, tenues par des souverainistes. Mais, l’ensemble des « anti-souverainistes » sont en réalité des gens que l’on peut qualifier comme « de droite » car ils se prononcent contre les bases mêmes de la démocratie.” Anarchistes, sociaux-démocrates, ultra-libéraux, même combat ? Qu’on se rassure cependant : “le retour des Nations n’implique nullement celui du nationalisme et du bellicisme.” Ouf !

Source : russeurope.hypotheses.org/4402

Jacques Sapir donne une conférence pour les catholiques de Liberté Politique

Ce mercredi soir, Jacques Sapir donne une conférence à l’invitation de la Fondation de Service Politique qui anime la revue Liberté Politique. Cette association fondée en 1992 est liée à Ichtus, elle-même héritière elle de la Cité catholique (tout comme Civitas) fondée par le maurassien et vichyste Jean Ousset. Son président, François Billot de Lochner, dirige également France Audace, un collectif qui ambitionne de fédérer les associations catholiques de France et qui était présent à « Jour de Colère ». Parmi les « personnalités amies » qui soutiennent cette fondation qui bien entendu s’est opposée au mariage pour tous, on reconnaît les noms de plusieurs patrons dont François Michelin ou Robert Halley (président d’honneur de Carrefour), mais aussi des intellectuels, des ecclésiastiques, des élus (Jean-Frédéric Poisson, Jean-Marc Nesme, Xavier Breton, Hervé Mariton, Christian Vanneste, Véronique Besse, Dominique Souchet), des journalistes (Gérard Leclerc, Philippe Oswald) ainsi que, parmi les « acteurs associatifs », Tugdual Derville, porte-parole de la Manif pour Tous. La conférence de Sapir se tient à l’Espace Georges Bernanos, qui dépend de la paroisse parisienne Saint-Louis d’Antin et est un lieu habituel pour ce genre de rendez-vous.

L'annonce de l'événement. (Cliquer pour agrandir)
L’annonce de l’événement. (Cliquer pour agrandir)

Jean-Pierre Chevènement à l’université d’été de Debout la France

deboutlafranceToujours dans la galaxie souverainiste, nous avions oublié de mentionner la présence de Jean-Pierre Chevènement à l’université d’été de Debout la France. Cela fait suite à l’appel initié par l’ancien ministre en juin dernier à l’attention des « républicains de l’autre rive », dont Nicolas Dupont-Aignan. Lequel avait répondu par une tribune dans FigaroVox le 17 juin, qu’en effet, “l’enjeu est au-delà de la gauche et de la droite puisqu’il s’agit d’offrir un autre destin à notre pays avant qu’il ne soit trop tard”, se félicitant de voir ses valeurs et celles de Chevènement partagées “par de nombreuses figures, comme Henri Guaino ou Arnaud Montebourg”. Et de conclure : “Nul besoin de se renier pour travailler tous ensemble: ce qui nous rassemble est plus fort ce qui nous divise ! Cher Jean Pierre, bravo, merci et à bientôt.” Les deux souverainistes se sont donc logiquement retrouvés à l’université d’été du parti de Dupont-Aignan qui s’est exclamé : “On nous appelait les Républicains des deux rives, comme si il y avait un fleuve entre nous. Ce fleuve, c’est un petit ruisseau, et on peut l’enjamber aujourd’hui !” Il a logiquement dénoncé le «faux clivage gauche-droite», s’affirmant convaincu que le vrai clivage se situe «entre patriotes et mondialistes», dénonçant «une France colonisée économiquement, démographiquement, culturellement» et citant en exemples Philippe Séguin, Charles Pasqua, Philippe de Villiers ou Régis Debray.

Frédéric Lordon juge “monstrueuse” une possible alliance avec le FN

Face aux déclarations de Jacques Sapir appelant à une alliance anti-euro qui regrouperait jusqu’au FN, celles de Jean-Pierre Chevènement allant dans le même sens ou celles de Nicolas Dupont-Aignan qui le 29 août dernier lors de la soirée de clôture de l’université d’été de Debout la France a « rassembler au-delà des appareils les patriotes de droite, de gauche et d’ailleurs », une des rares voix dissonantes chez les intellectuels souverainistes est celle de Frédéric Lordon. L’économiste a en effet publié sur son blog le 26 août dernier un texte intitulé “Clarté” dans lequel il juge de telles alliances “invraisemblables”. “Le drame politique se noue véritablement quand la confusion n’est plus seulement alimentée par ce qu’on appellera la droite générale – où le PS se trouve évidemment inclus – mais depuis la gauche également, et sous deux formes diamétralement opposées : l’entêtement de la gauche alter-européiste à « changer l’euro », la perdition d’une autre gauche dans la tentation, pour le coup, oui, monstrueuse, de l’alliance avec le Front national”, explique l’économiste, qui reproche à Jacques Sapir d’avoir cédé à “une idée despotique” et d’avoir “perdu tout sens de l’histoire”, indiquant : “il y a pire que l’égarement : l’égarement pour rien. Car voici la tragique ironie qui guette les dévoyés : le FN, arrivé au pouvoir, ne fera pas la sortie de l’euro.” Et d’en appeler à une sortie de gauche de l’euro, la seule possible selon lui. Pour autant, Lordon ne renonce pas à son antienne : réhabiliter l’idée nationale à gauche, alors même que le chauvinisme est une des sources importantes de la confusion qui règne dans certaines franges de ce camp politique. “Dans ces conditions, la faute intellectuelle de l’alter-européisme est triple : il a manqué à voir la dualité du signifiant « nation souveraine », abandonné à la droite d’en imposer sa lecture, et par cet abandon même trahi son propre legs historique : car en France la nation souveraine naît en 1789, elle se constitue comme universalité citoyenne, elle exprime le désir de l’autonomie politique, désir d’un peuple en corps de se rendre maître de son destin, bref elle est de gauche”, explique-t-il. L’économiste, qui continue donc d’affirmer qu’il ne faut pas laisser l’idée nationale à l’extrême droite, n’analyse pour autant pas le retournement de Sapir (que d’ailleurs il fallait être aveugle pour ne pas voir avant août) comme n’étant finalement que la conclusion logique et pratique de son souverainisme. De même, en focalisant sur l’euro (ne fait-il pas à ce sujet du “mono-idéisme” lui aussi ?), il n’explique pas non plus comment une sortie de cette monnaie pour revenir à une monnaie nationale permettrait de combattre efficacement le capitalisme et de mettre fin à ses ravages, dans la mesure où la monnaie, qu’elle qu’elle soit, est un des principaux instruments sur lequel ce dernier repose.

Laurent Dauré (UPR) donne des leçons de rationalisme

Laurent Dauré (UPR, Acrimed), collabore également à l’Union rationaliste. Dans un article repris avec l’autorisation de cette dernière sur le site du Grand Soir, il dénonce le mysticisme de la commissaire européenne Violeta Bulc, femme d’affaire et diplômée en chamanisme délivré en Ecosse par une école fondée par une gourou new age californienne, Peggy Dylan. Dauré, toujours prompt à pointer l’irrationalisme des autres, ne s’en est pourtant jamais pris à celui de son chef, François Asselineau, ni de certains de ses subordonnés, pourtant habitués des sorties conspirationnistes ou des interprétations extravagantes de l’histoire, entre autres. Le fait que son parti propose par ailleurs, s’il accède au pouvoir de “lancer une grande politique publique de médecines douces et alternatives” ne semble pas le déranger non plus. Il est vrai que tant que cela repose sur “des expertises médicales incontestables” (lesquelles ? pour quelles pratiques et quels produits ?)…