Category Archives: Les partis de gouvernement

Où il est question du PS, des Républicains (ex-UMP) et de certains partis étrangers…

Calais : CGT Dockers, commerçants, Alliance Police, élus LR et PS unis contre les migrants

© Simond Colaone via France 3
© Simond Colaone via France 3

Dimanche, un rassemblement suivi d’une manifestation a rassemblé de 1000 à 2000 personnes Calais. En dépit du caractère auto-proclamé “apolitique” de l’événement, qui avait pour mot d’ordre “Mon port est beau, ma ville est belle”, personne n’est dupe quant à sa signification politique, puisqu’il s’agit d’une réaction à l’occupation du port et d’un ferry la veille par des migrants et leurs soutiens. Si parmi les organisateurs, on n’est pas surpris de retrouver les traditionnelles organisations droitières : Agir ensemble pour sauver le port de Calais (commerçants), Fédération maritime (association patronale), mais aussi selon La Voix du Nord et plusieurs autres médias le syndicat de police Alliance, des CRS et plusieurs entreprises, force est cependant de souligner la présence des fédérations nationales CGT Dockers et Port de Calais. Côté élus, on a pu apercevoir Natacha Bouchart (mairesse LR de Calais), mais aussi le député Yann Capet (PS), le maire de Oye-Plage Olivier Majewicz (PS) ou encore le maire de Sangatte, Guy Allemand (sans étiquette). De son côté, l’extrême droite locale prévoit de manifester le 31 janvier.2016-01-27_commercantscalais2

Christian Estrosi, opposant au FN ?

2015-12-11_estrosi_fnDu PS qui se retire fasse à lui pour faire barrage à Marion Maréchal-Le Pen en passant par différents médias, on nous présente aujourd’hui Christian Estrosi, candidat LR en Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme une alternative crédible à l’extrême droite, alors que le FN est aux portes du pouvoir dans cette région. Pourtant, si Estrosi n’est pas au FN, il en partage un certain nombre d’idées. Rappelons quelques uns de ses faits d’armes : en 1991, l’actuel maire de Nice a déposé un projet de loi pour rétablir la peine de mort suite à un fait divers sordide. En 1998, il a voté contre le Pacs avant d’admettre avoir commis éune grave erreur de jugement”, ce qui ne l’empêche pas de s’abstenir lors du vote du projet de loi sur le mariage pour tous. En 2008, il a préconisé d’appliquer un droit du sol strict à Mayotte, pour contrer les demandes de naturalisations émanant de personnes ayant migré depuis les Comores et fantasmant une invasion possible de cette île par l’archipel, dans le cadre du conflit territorial qui l’oppose à la France. Au menu de sa gestion sécuritaire de la mairie niçoise, l’édiction ces dernières années d’arrêtés anti-SDF, anti Rroms et même anti-drapeaux étrangers. En revanche, Michel Onfray et Eric Zemmour sont les bienvenus à l’opéra municipal. S’agissant du FN, Estrosi n’a pas toujours été gêné de le fréquenter et le parti d’extrême droite aime ressortir régulièrement de vieilles photos pour le rappeler. Dans les années 1980, il a ainsi participé à une manifestation commune d’élus RPR et FN au moment de la crise de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, avant de déclarer par la suite avoir été piégé par le déploiement de la banderole du parti frontiste. Et il y a deux jours, c’est le patriarche du clan Le Pen qui publiait sur Twitter une photo du jeune Estrosi en sa compagnie. Soulignons d’ailleurs qu’en 1998, l’actuel maire de Nice était partisan d’une alliance avec le FN pour gouverner la région Paca. Qu’il se présente aujourd’hui comme “un combattant de la première heure” contre le FN prête donc à rire…

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Déchéance de nationalité : François Hollande se propose d’appliquer le programme du FN

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François Hollande vient d’annoncer un programme inquiétant devant le Parlement réuni en Congrès : modification de l’article 36 de la Constitution qui porte sur l’état de siège pour y inclure l’état d’urgence, introduction de la possibilité de déchoir des bi-nationaux de leur nationalité et facilitation des expulsions :

“Nous ne pouvons pas rendre quelqu’un apatride, mais nous devons pouvoir le faire pour une personne condamnée pour des actes de terrorisme même s’il est né français, s’il a une autre nationalité. Nous devons pouvoir expulser plus rapidement des étrangers qui représentent une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public et la sécurité de la Nation. Nous devons pouvoir interdire à un binational de revenir sur le sol national sauf à ce qu’il se soumette à un dispositif de contrôle, comme le font les Britanniques. Nous devons pouvoir expulser plus rapidement un étranger qui présente une menace, mais nous pouvons le faire dans le respect de notre législation.”

Par ailleurs, le Président souhaite que les parlementaires votent la prorogation de l’état d’urgence pour trois mois (une période qui couvrira donc la Cop 21 et les contre-manifestations prévues). Il a annoncé un renforcement des moyens et des effectifs de la police et de l’armée, incluant une discussion sur le droit à la « légitime défense » des policiers : « Face à la violence des terroristes, la condition de la légitime défense des policiers, des conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leurs armes doivent être traitées. » Or, on sait très bien que ce type de mesures sécuritaires prises sous le coup de l’émotion et sous des prétextes anti-terroristes ne tarde jamais à être étendu à d’autres faits. On remarque qu’alors que seul le FN (et, depuis Sarkozy, une partie grandissante de la droite) proposait jusque là la déchéance de nationalité, aujourd’hui, la gauche de gouvernement se propose de prendre le train en marche. Quant au droit pour les policiers de faire usage de leurs armes et à la notion de « légitime défense » dans ce cas, on sait aussi qu’elle sert depuis longtemps de prétexte pour couvrir des « bavures ». De même, la notion de « menace » appliquée aux étrangers est extrêmement large : potentiellement, tous pourraient être touchés, surtout les plus précaires (migrants, réfugiés, sans-papiers). Bien sûr, toutes ces décisions doivent encore être votées, mais nul doute que le ver et dans le fruit et qu’on se dirige vers une société de plus en plus sécuritaire. De fait, c’est l’ensemble de la société qui risque de subir dans les mois à venir d’importantes restrictions des libertés publiques. Enfin, François Hollande a proposé de rencontrer les présidents américain et russe en vue d’une coalition élargie en Syrie qui intensifierait les bombardements contre Daesh, dont on sait qu’ils font pourtant de nombreuses victimes civiles. Voir les déclarations de François Hollande sur le site des Echos.

Migrants : au bal des faux-culs, le premier ministre finlandais Juha Sipilä

En Finlande, le premier ministre centriste Juha Sipilä, face à un afflux de migrants qui sature les structures d’accueil du pays, appelle les Finlandais à la solidarité et a décidé de donner l’exemple en proposant d’ouvrir à partir de janvier sa maison de campagne, capable d’accueillir selon lui trois ou quatre familles de migrants et située à Kempele, petite ville située à 500 km au nord d’Helsinki.

La maison de campagne du Premier ministre finlandais à Kempele. - Timo Heikkala/AP/SIPA
La maison de campagne du Premier ministre finlandais à Kempele. – Timo Heikkala/AP/SIPA

Proposition démagogique ? On peut se le demander, dans la mesure où Juha Sipilä gouverne dans le même temps avec l’appui d’une coalition comptant le parti d’extrême droite Les Vrais Finlandais, qui lui affiche une ligne souverainiste et anti-immigration et souhaite l’instauration de quotas limitant le nombre d’asiles accordés chaque année au même niveau que les années précédentes, soit entre 750 et 1 050. Début août, c’est un autre membre du gouvernement finlandais, le ministre de l’Intérieur Petteri Orpo, qui appelait à mieux surveiller les mouvements d’extrême droite, après que des violences néo-nazies aient suivi à une importante manifestation anti-raciste à Helsinki, qui elle-même se voulait une réaction aux déclarations d’un cadre des Vrais Finlandais qui a appelé sur Facebook à combattre le multiculturalisme. Une déclaration jugée “préjudiciable” à l’image de son parti par Timo Soini, son leader et ministre des Affaires étrangères.

Nadine Morano invoque les deux guerres mondiales pour dénigrer les migrants

La haine anti-migrants ne semble plus connaître de limites à droite et à l’extrême droite, où on mobilise une batterie d’arguments tous les plus absurdes les uns que les autres pour cracher sur ces populations pourtant particulièrement vulnérables. Dernière en date : Nadine Morano, qui contre l’argument mettant en avant le fait que bien des migrants fuient des zones de guerres (guerres dans lesquelles la France est bien souvent loin d’être étrangère), estime que “c’est trop facile” : “Heureusement que nous n’avons pas fait pareil, nous, en 1939-1945 ou en 1914! Nous avons tous des aïeux qui reposent dans la terre de France, qui se sont battus pour la liberté et pour sauver la France. Alors moi je dis qu’il faudrait aussi que ces personnes, plutôt que de fuir parce que ça n’est pas la solution, se battent pour leur pays et qu’on les accompagne dans ce combat.” Pourtant, même Le Figaro pointe l’absurdité de l’argument, qui se “heurte à une réalité historique: c’est précisément à cette période que s’est produit l’un des mouvements de masse les plus importants du XXe siècle, appelé «l’exode de 1940». Quelque huit à dix millions de civils belges, hollandais, luxembourgeois et français fuient alors l’invasion du Benelux et d’une grosse moitié de l’Hexagone par l’armée allemande après la percée de Sedan, pendant la bataille de France. De même, et alors que la Résistance s’organisait principalement à Londres, de nombreux français tenteront de fuir l’occupation et les persécutions raciales en passant clandestinement en Espagne, en Suisse, vers la zone occupée par l’Italie et vers les États-unis.” Des fait pourtant balayés d’un revers de main par l’eurodéputée des Républicains, qui dit souhaiter la mise en place “d’un service public de la reconduite vers les pays d’origine mutualisé avec les pays européens où nous aurions une flotte aérienne.” : “Il ne faut pas tout confondre, ce sont surtout des déplacés qui circulaient de la France occupée vers la France libre! Nous avons combattu pour sauver notre pays”. Et pendant ce temps-là, des centaines de migrants meurent toujours en Méditerranée, tandis que d’autres errent dans Paris sans solutions de logement pérenne, ballottés de camp en camp et de foyer en foyer, trouvant parfois refuge dans un collège désaffecté, qu’on s’empresse de vouloir expulser. Une situation dont Marine Le Pen, qui souhaite aussi expulser les mineurs, fait ses choux gras, estimant, a contrario de tout bon sens, que “Nicolas Sarkozy porte une responsabilité historique dans l’aggravation des flux d’immigration clandestine dans notre pays” et trouvant que le peu de moyens mis à disposition des migrants sont déjà de trop : “Quelle honte ! Il y a des centaines de milliers de Français qui attendent un logement d’urgence, qui attendent un logement social”.

Emmanuel Macron plus royaliste que le Roi

“La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n’est plus là !”

Emmanuel Macron, ministre de l’économie, Le 1 hebdo n°64, 8 juillet 2015. Macron y est présenté comme “un philosophe en politique”. (Source.)

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Manuel Valls pousse les députés PS à applaudir en mémoire de Charles Pasqua

Alors que les députés des Républicains ont lancé avant-hier une standing ovation pour Charles Pasqua, ceux du Parti socialiste ont dans un premier temps refusé de le rejoindre. Une offense pour Manuel Valls, qui s’est aussitôt levé, s’est mis à applaudir en incitant ses collègues hésitants à faire de même (voir ici et ). Rejoint bon gré mal gré par les bancs de la gauche, le ministre de l’Intérieur s’est ensuite fendu d’un petit discours appelant à “honorer la mémoire” d’“un des plus jeunes résistants de notre pays”, alors que l’Elysée s’est lui contenté de son côté d’un communiqué laconique publié douze heures après l’annonce du décès. Il est à noter qu’il y a quelques mois, les mêmes députés avaient refusé d’observer une minute de silence en hommage à Rémi Fraisse. Face au concert de louanges quasi-unanimes qui agite la classe politique française depuis le décès de Charles Pasqua, notons le communiqué détonnant du NPA qui salue la “mort d’un pourri” et rappelle les aspects les plus sombres de la carrière de l’ancien ministre de l’Intérieur, dont l’image restera associée à des lois répressives notamment à l’encontre des migrants et à la mort de Malik Oussekine.

En Suède, une alliance des partis de gouvernement contre l’extrême droite

Depuis quelques jours, certains sites de droite et d’extrême droite français annoncent que la Suède serait subitement devenue une sorte de dictature, l’ensemble des partis démocratiques du pays représentés au parlement s’étant mis d’accord pour contrer les Démocrates suédois (extrême droite). L’un d’eux annonce même que les élections prévues en 2019 auraient été annulées. Qu’en est-il réellement ?