Category Archives: Les écologistes

Contrairement à une idée reçue, l’écologie n’est pas le propre de la gauche. Si elle a toujours été le terrain favorable d’un certain confusionnisme, le phénomène tend à prendre une ampleur inédite depuis quelques années.

La Décroissance ou l’hôpital qui se moque de la charité

La Décroissance a finalement annulé, en raison de l’émotion suscitée par les attentats de la veille, son contre-sommet anti-Cop 21 qui devait se tenir le 14 novembre à Vénissieux et auquel la revue catholique Limite avait apporté son soutien. Devaient s’y trouver, aux côtés des contributeurs habituels du journal et d’universitaires, plusieurs de ses collaborateurs occasionnels issus de courants marxistes ou libertaires (Célia Izoard, Yannis Youlountas, Anselm Jappe), des militants antipub (Alessandro di Guiseppe, Yvan Gradis) mais aussi Thierry Jaccaud (rédacteur en chef de L’Ecologiste, revue proche de la Nouvelle Droite), Serge Latouche, le souverainiste Aurélien Bernier ou encore Cédric Biagini (éditions L’Échappée) et Pierre Thiesset (éditions Le Pas de côté), tous deux éditeurs du livre Vivre la simplicité volontaire qui réunit des chroniques du journal et dont les 4 000 premiers numérisation0017exemplaires sont épuisés. Dans le numéro du mois de décembre qui annonce ces deux nouvelles, on trouve également une chronique anti-“théorie du genre” sous couvert d’humour (voir ci-dessous), une illustration anti-Cop 21 à l’iconographie douteuse (voir ci-contre, cliquer pour agrandir) ou même un texte contre la manifestation anti-Cop 21 qui était prévue le 29 novembre et qui a finalement été interdite. “Le 18 novembre, le gouvernement a annulé les “marches pour la Cop21 à cause des événements du 13. Est-ce un mal ?”, s’interroge le journal, se réjouissant presque de la répression contre cet événement, au prétexte de la présence prévue de Nicolas Hulot : “Voilà toute une partie de ce que la France compte d’organismes prêts à donner des leçons d’anticapitalisme à qui mieux mieux se ranger derrière la figure de proue du capitalisme maquillé en vert : Hulot. […] A noter que dans cette coalition figurent aussi des groupes confessionnels, quasiment tous représentés.” Le moins que l’on puisse dire, c’est que La Décroissance aime jouer au jeu de l’hôpital qui se moque de la charité, lui qui publie régulièrement des partisans de la Manif pour Tous, des proches de la Nouvelle Droite ou même le vice-président de la si détestée Fondation Nicolas Hulot, Dominique Bourg, comme nous l’avons déjà montré ici, ou . Sans surprise, ce numéro compte d’ailleurs son réactionnaire attitré en la personne de Kevin Victoire (ex-Ragemag, actuellement co-animateur du Comptoir et contributeur de Limite, qui se dit “socialiste conservateur” ou “socialiste antimoderne”).

Inversion des valeurs, toujours : ce sont ici les défenseurs des études de genre qui sont traités de "pudibonds". (Cliquer pour agrandir)
Inversion des valeurs, toujours : ce sont ici les défenseurs des études de genre qui sont traités de “pudibonds”. (Cliquer pour agrandir)

Pour Benjamin Ball, on peut convaincre des fachos de respecter la parole des sans-papiers

La nouvelle création de Ball, "les Jedis pour la justice climatique", est contre les "banksters", notion promue par l'extrême droite. Photo Michela Cuccagna pour Streetpress.
La nouvelle création de Ball, “les Jedis pour la justice climatique”, est contre les “banksters”, notion promue par l’extrême droite. Photo Michela Cuccagna pour Streetpress.

Benjamin Ball sur Streetpress le 30 novembre 2015 :

« C’est ma vision de la mobilisation. Il n’y a pas d’ennemis de classe. Le flic, le curé, le patron, et même le facho sont des êtres humains. C’est sûr, il faut écrire en très gros et crier très fort qu’on est contre les idées d’extrême droite. Après, si les mecs viennent quand même, et qu’on arrive à leur faire accepter que l’avis des sans-papiers compte autant que le leur, j’estime que c’est une victoire sur le fascisme. »

Pour rappel, Benjamin Ball, ancien de Nouvelle Donne, est une figure bien connue des milieux militants parisiens, qui s’est largement décrédibilisée par ses pratiques et ses fréquentations. Lieutenant de Xavier Renou, il a longtemps eu comme bras droit Grégory Pasqueille, passé depuis dans le camp néo-nazi. En son temps, Indymedia Paris l’avait épinglé à plusieurs reprises. Voici trois articles publiés à l’époque par le site militant :

28042011-fausse_amie_-_la-manif_sarkozy-dc3a9gage_du_1mai
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25112012-copwatch-le_retour_des_branquignoles

Qu’est-ce qu’Alternatiba ?

Les 26 et 27 septembre s’est tenu à Paris une Alternatiba, qui a réunit autour de 60 000 personnes sur la place de la République. Une autre, de dimension européenne, est prévue les 5 et 6 décembre à l’occasion de la Cop 21 à Montreuil. Mais d’où vient ce mouvement ? Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses orientations ?

Paul Watson et Pierre Rabhi fondent la “Nation Océan”

Les fondateur de la nouvelle "nation" : Watson, Dubuquoy et Rabhi lèvent leur drapeau à La-Seyne-sur-Mer.
Les fondateurs de la nouvelle “nation” : Watson, Dubuquoy et Rabhi lèvent leur drapeau à La-Seyne-sur-Mer. (Le Monde)

Paul Watson et Pierre Rabhi ont lancé ce mois-ci la “Nation Océan” (The Ocean Nation) en compagnie du géographe Olivier Dubuquoy, initiateur du projet. Ce dernier, qui s’est fait connaître en militant contre le déversement des boues rouges en plein parc national marin des Calanques a déclaré : « “Ensemble, nous allons donner naissance à une nouvelle nation en revendiquant l’océan mondial, au nom de la totalité des citoyens liés par la Déclaration universelle de la nation océan. Nous voulons que l’océan acquière le rang de nation afin qu’il soit enfin reconnu comme un bien commun. Personne ne l’avait revendiqué avant nous. L’idée est un peu folle, mais elle nous paraît un bon moyen de rallier l’opinion publique à cette cause et, nous l’espérons, d’inciter des chefs d’Etat à s’engager » Plusieurs artistes, dont Matthieu Chedid et Sergent Garcia ce sont produits bénévolement lors du premier levé de drapeau à La-Seyne-sur-Mer, dans le Var, le 17 octobre dernier. Auparavant, le drapeau avait été agité le 1er octobre dans le Golfe de Saint-Tropez, “au moment même où se déroul[ait] le défi entre les navires du prince Albert II de Monaco et du prince Charles de Bourbon des deux Siciles dans le cadre des prestigieuses Voiles de Saint-Tropez”, nous apprend Var Matin. Lire aussi l’article du Monde sur le même sujet. La Nation Océan a reçu le soutien d’Eva Joly et de José Bové :

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Dérives de l’écologisme

“Lundi matin”, l’émission de Radio libertaire animée le groupe libertaire d’Ivry-sur-Seine, a consacré son émission de lundi dernier à la question du confusionnisme dans l’écologie. Y est en particulier évoqué le danger de certains discours anti-féministes qui sous couvert de critique de la technologie sont prêts à remettre en cause le libre accès des femmes à la contraception ou à l’avortement. Confusionnisme.info y est cité. Merci à ces camarades pour leur soutien.

Dans La Décroissance, une BD qui fait Führer

Décidément, c’est la consécration : après Michel Collon, c’est le journal La Décroissance qui vante mes succès dans la lutte contre le “confusionazisme”, en me consacrant toute une bande dessinée dans son numéro d’octobre. Confusionnisme.info n’y est pas explicitement cité, au contraire du Lys noir en son temps, mais désigné sous le terme méprisant de … Continue reading Dans La Décroissance, une BD qui fait Führer

Jean-Sébastien Herpin, le responsable “anti-antifa” d’EELV

Sur Twitter, Jean-Sébastien Herpin, co-secrétaire régional d’EELV Centre et membre de la commission LGBT du parti écologiste vient de dénoncer l’action de militants antifascistes contre l’entrée du FN à Sciences-Po en des termes reprenant les pires clichés véhiculés par l’extrême droite contre l’antifascisme (cliquer pour agrandir) :

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Les derniers faits d’armes de Reporterre

Reporterre a publié il y a quelques jours sans doute une des analyses les plus alambiquées de la crise migratoire actuelle : selon le site écologiste, les migrants seraient avant tout des “réfugiés climatiques”. Le réchauffement du climat, en entraînant des épisodes de sécheresse au Proche et au Moyen-Orient, serait ainsi la cause première de la guerre en Syrie. Si Reporterre ne nie pas les causes politiques et sociales de la révolte contre la dictature sanglante de Bachar Al-Assad, il les relativise tellement que ça en devient inquiétant.

2015-09-17_reporterre_migrants_climatDans le même temps, le site d’Hervé Kempf a trouvé pertinent d’assurer la promotion du dernier film de Yann Arthus-Bertrand, sous couvert de le critiquer. On apprend dans une longue interview de l’écologiste en hélicoptère que ce dernier n’a “pas d’avis” sur le nucléaire, ni sur la lutte contre la destruction des serres d’Auteuil et s’interroge, s’agissant de Notre-Dame-des-Landes : “On n’a pas besoin d’un autre aéroport. Mais en même temps, est-ce que ça vaut le coup de jeter des parpaings sur la gueule des flics ? Est-ce que ça vaut la vie de quelqu’un ? Non, je ne pense pas.” En même temps, celui qui trouve “courageux” que la famille Bettencourt le finance, n’hésite pas à donner des leçons de stratégie s’agissant des luttes écologistes, mais sans proposer beaucoup de solutions autres qu’individuelles ou abstraites : “on a besoin de plus d’amour, plus de vivre ensemble, de moins de cynisme et de scepticisme. […] Le message c’est que c’est toi qui vas changer le monde, personne d’autre. C’est à toi de te sentir humain, c’est à toi d’aimer un peu plus les autres. Faut arrêter de toujours demander aux autres de faire ce que l’on n’a pas envie de faire. C’est ce que dit Gandhi : « Sois toi-même le changement que tu veux voir dans le monde. » Aujourd’hui je pense que le monde écolo est un monde de combat. Ce n’est pas comme cela que je vois l’écologie. Je la vois beaucoup plus amoureuse, et pleine de bienveillance.” Bienvenue au pays des Bisounours !

A lire chez Les Enragés, un dossier sur Sea Shepherd

Les Enragés proposent un dossier très complet sur Sea Shepherd et son leader, Paul Watson, qui analyse de manière détaillée ses liens avec diverses mouvances réactionnaires. Outre son amitié avec Brigitte Bardot, Watson a eu pour mentor David Foreman, membre du Parti républicain et fondateur de l’association Earth First! (la Terre d’abord) dont une des antiennes est le racisme anti-migrants, une thématique partagée par son élève. En France, l’association de défense des animaux est aussi très liée aux réseaux de Pierre Rabhi, avec qui elle partage une rhétorique empreinte de mysticisme.

Encore un florilège de réactionnaires dans La Décroissance

Le sommaire du dernier numéro de La Décroissance est encore gratiné. Le dossier consacré à la COP 21 et au contre-sommet en préparation accueille ainsi les signatures de Jean-Claude Michéa, penseur réactionnaire, de Thierry Jaccaud, rédacteur en chef de la revue L’Ecologiste liée à la Nouvelle Droite, du souverainiste Aurélien Bernier, de Serge Latouche et de Dominique Bourg, vice-président de la Fondation Nicolas Hulot contre laquelle ce journal n’a pourtant d’ordinaire jamais de mots assez durs. Ailleurs dans le journal, on trouve encore un article de Maurizio Pallante, conseiller de Beppe Grillo ou de Chems Eddine Chitour, chantre du lobby pétrolier algérien. Autant de noms que nous évoquions pour la plupart déjà dans le premier article que nous avions consacré à ce journal, et la preuve qu’il s’agit donc bien d’une ligne assumée et non pas de simples erreurs de parcours. Mais que fait donc Yannis Youlountas, intellectuel libertaire, dans pareille galère ?

La journaliste réactionnaire Natacha Polony lit assidument le dernier numéro de La Décroissance. (Source : twitter.com/patthomas/status/618305350392004608)
La journaliste réactionnaire Natacha Polony lit assidument le dernier numéro de La Décroissance. (Source : twitter.com/patthomas/status/618305350392004608)