Les savants calculs de François Asselineau

Selon François Asselineau, son faible score aux élections régionales (l’UPR a recueilli en moyenne 0,87 % des suffrages exprimés) s’expliquerait par son manque de notoriété, lié à la “censure” qu’il subirait de la part des médias. Il se livre donc à un savant calcul :

“Le fait de faire 0,9% des suffrages avec peut-être 2 ou 3% des Français qui nous connaissent, ça témoigne que […] s’il y avait, mettons, 100 % des Français qui nous connaissaient […], on ferait de l’ordre de 45 à 50 % !”

On l’écoute :

 

Même mathématiquement, c’est douteux.

totoSource : youtube.com/watch?v=c7RhXZJPDfg

Des menaces de François Asselineau (UPR) : “nous les avons dans le collimateur et nous n’allons pas les rater !”

asselineau_tractFrançois Asselineau me fait les honneurs de son dernier “Entretien d’actualité” publié le 8 décembre. Très inquiet de son manque de succès électoral, il l’attribue à la “censure” des médias. Il en avait d’ailleurs fait le slogan de campagne de l’UPR pour ces élections régionales : “Le parti qui monte malgré le silence des médias”. Mais quand la presse parle de lui, il n’est pas content non plus. Le déclencheur de son ire ? Un article de Streetpress repris par Le Monde et Libération, que j’avais également signalé, et qui souligne son conspirationnisme. Après avoir invité ses auditeurs à “aller se renseigner un petit peu sur qui sont les financiers de Streetpress” (il y a quelques mois, la revue de feu Emmanuel Ratier Faits et documents avait “révélé” sur le site d’Egalité et Réconciliation que le patron de Streetpress était… Juif) , il poursuit, très énervé : “Nous avons affaire à une véritable petite nébuleuse de fascistes – parce qu’il faut dire le mot, ce sont des fascistes – qui interdisent tout débat démocratique et qui croient que le grand retour du maccarthysme est arrivé.” Et Asselineau de menacer : “maintenant nous les avons dans le collimateur et nous n’allons pas les rater !” Sont visés par ces paroles Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch, Streetpress et moi-même, ainsi que notre entourage professionnel ou militant (les fameuses “nébuleuses”). Écouter l’extrait :

PS : Parmi les articles intéressants parus sur François Asselineau pendant ces élections, notons ce portrait sur le site de France Télévisions. O. G.

Source : youtube.com/watch?v=c7RhXZJPDfg (à 21 min 30)

Bernard Langlois, le Boulevard Voltaire et son “ami” Dominique Jamet (DLF)

Un lecteur (merci à lui) a eu l’amabilité de faire une recherche sur Twitter et a trouvé pas moins de quinze occurences du Boulevard Voltaire sur le compte de Bernard Langlois entre 2013 et aujourd’hui. Nous étions loin du compte. Outre Alain de Benoist, celui-ci a l’air d’apprécier tout particulièrement les écrits de Dominique Jamet, vice-président de Debout la France, qu’il appelle “l’ami Jamet”, même lorsque ceux-ci sont des plus cyniques, comme cet article qui se demande quel type de dictature, obscurantiste ou “laïque”, est préférable en Syrie. Voici le résultat de cette recherche :

2015-12-12_langlois_bvdvoltaireSur certains de ses posts, ses lecteurs ont réagi. Sans surprise, il leur a opposé sa langue de bois habituelle :

2015-12-12_langlois_bvdvoltaire_attentats 2015-12-12_langlois_bvdvoltaire_passectaireMais c’est qu’il deviendrait agressif :

2015-12-12_langlois_bvdvoltaire_agressifEt le Yéti n’est pas en reste :

2015-12-12_langlois_yeti_bvdvoltaire

Bernard Langlois fan d’Alain de Benoist

L’éviction du Yéti de Politis, qui a mis en joie plusieurs de nos lecteurs, nous a donné l’occasion de nous repencher sur le cas de Bernard Langlois, fondateur du journal et figure du mouvement altermondialiste qui continue contre vents et marées de soutenir le blogueur confusionniste. Déjà il y a quelques mois, à l’occasion d’autres commentaires en soutien au Yéti, nous notions : “Pour rappel, Bernard Langlois avait participé en 1992 au n°12 de la revue Krisis, dirigée par Alain de Benoist. Erreur de parcours ? Le doute est permis, puisqu’il rendait encore hommage à l’intellectuel d’extrême droite sur Twitter en 2013.” En refouillant les poubelles du web, nous n’avons pas été déçus ! Langlois a de nouveau diffusé un texte d’Alain de Benoist en décembre 2014. Aux lecteurs qui ont pointé le problème, il a fait la même réponse que précédemment, à savoir que c’était le contenu du texte qui l’intéressait et pas l’identité ou l’orientation politique de son auteur et en affichant de nouveau son estime pour l’intellectuel phare de l’extrême droite française :

2015-12-11_Langlois_DeBenoist2Répondant avec une condescendance toute sexiste quand une femme lui a posé le problème, il a évoqué le proverbe du doigt qui regarde la lune :

2015-12-11_langlois_luneMais que vient faire ici cette fumeuse comparaison ? Langlois a développé plus récemment, en réponse à des lecteurs scandalisés qu’il ait diffusé le 19 novembre dernier un post du blog Les Crises reprenant une interview sur France Inter d’Yves de Kerdrel, directeur de la publication de Valeurs actuelles, à propos de supposées révélations de Bernard Squarcini, ex-directeur de la DCRI sur les relations entre services secrets français et syriens, les premiers étant accusés d’avoir refusé des informations des seconds sur les djihadistes français combattant en Syrie. Bien que la source ait été jugée douteuse par nombre de ses collègues et lecteurs, voici ses réponses :

2015-12-11_langlois_yéti32015-12-11_Langlois_crises2Ont suivi les leçons de morale, dont l’histoire du fameux doigt qui regarde la lune :

2015-12-11_langlois_minute22015-12-11_langloisluneUn lecteur a souligné qu’à côté de Minute, feu le journal rouge-brun de Jean-Edern Hallier L’Idiot International avait lui aussi révélé l’information sur la fille cachée de François Mitterand. Dans sa réponse, Langlois nous apprend que même ce dernier a pu trouver grâce à ses yeux :

2015-12-11_langlois_idiotinternationalConclusion : Bernard Langlois n’est pas gêné de mettre sa notoriété au profit de la promotion d’auteurs d’extrême droite ou réactionnaires, contribuant ce faisant à banaliser leurs idées au sein de la gauche de gauche que pourtant il prétend avec d’autres incarner. Mais s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est sa constance dans la confusion…

Politis a mis fin à sa collaboration avec le blogueur Le Yéti

Il y a trois semaines, Politis a mis fin à sa collaboration avec le blogueur Pierrick Tillet dit Le Yéti, connu pour son conspirationnisme et son soutien à divers régimes autoritaires dont celui de Poutine. Ça avait pourtant commencé en fanfare :12345522_10206374407053124_9129724009908781149_nVisiblement, sa vision de la politique internationale n’est pas étrangère à cette décision prise à l’occasion d’un changement d’équipe à la tête de l’hebdomadaire, comme l’explique la dernière brève de son blog “Le monde d’après” publiée le 18 novembre : “Suite à une conversation avec Denis Sieffert, directeur de Politis, il a été décidé de mettre un terme à notre collaboration pour divergences d’opinion entre la ligne éditoriale de Politis et celle exprimée sur mon blog, notamment sur certains sujets comme la situation au Moyen-orient.” Le Yéti avait rejoint l’équipe des blogueurs de Politis le 2 juin 2014. C’est Bernard Langlois qui l’avait parrainé, tandis que Michel Soudais avait la charge de son blog au sein de la rédaction, sans qu’on sache très bien en quoi cela consistait.

Jusqu'au bout, Langlois aura soutenu le Yéti, comme l'indique ce commentaire laissé sous son dernier billet.
Jusqu’au bout, Langlois aura soutenu le Yéti, comme l’indique ce commentaire laissé sous son dernier billet. (Cliquer pour agrandir)

Le Yéti a publié sur Bellaciao jusqu’en 2005, avant de rejoindre Rue89 en 2007, site sur lequel ses billets ont plusieurs fois été mis en avant. Il a été un des derniers soutiens d’Etienne Chouard à “gauche” lorsque ce dernier a enfin été définitivement (du moins on l’espère) démasqué il y a un an. Depuis cette éviction, le blogueur continue d’alimenter son site personnel, yetiblog.org.

Souvenirs, souvenirs...
Souvenirs, souvenirs…

Christian Estrosi, opposant au FN ?

2015-12-11_estrosi_fnDu PS qui se retire fasse à lui pour faire barrage à Marion Maréchal-Le Pen en passant par différents médias, on nous présente aujourd’hui Christian Estrosi, candidat LR en Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme une alternative crédible à l’extrême droite, alors que le FN est aux portes du pouvoir dans cette région. Pourtant, si Estrosi n’est pas au FN, il en partage un certain nombre d’idées. Rappelons quelques uns de ses faits d’armes : en 1991, l’actuel maire de Nice a déposé un projet de loi pour rétablir la peine de mort suite à un fait divers sordide. En 1998, il a voté contre le Pacs avant d’admettre avoir commis éune grave erreur de jugement”, ce qui ne l’empêche pas de s’abstenir lors du vote du projet de loi sur le mariage pour tous. En 2008, il a préconisé d’appliquer un droit du sol strict à Mayotte, pour contrer les demandes de naturalisations émanant de personnes ayant migré depuis les Comores et fantasmant une invasion possible de cette île par l’archipel, dans le cadre du conflit territorial qui l’oppose à la France. Au menu de sa gestion sécuritaire de la mairie niçoise, l’édiction ces dernières années d’arrêtés anti-SDF, anti Rroms et même anti-drapeaux étrangers. En revanche, Michel Onfray et Eric Zemmour sont les bienvenus à l’opéra municipal. S’agissant du FN, Estrosi n’a pas toujours été gêné de le fréquenter et le parti d’extrême droite aime ressortir régulièrement de vieilles photos pour le rappeler. Dans les années 1980, il a ainsi participé à une manifestation commune d’élus RPR et FN au moment de la crise de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, avant de déclarer par la suite avoir été piégé par le déploiement de la banderole du parti frontiste. Et il y a deux jours, c’est le patriarche du clan Le Pen qui publiait sur Twitter une photo du jeune Estrosi en sa compagnie. Soulignons d’ailleurs qu’en 1998, l’actuel maire de Nice était partisan d’une alliance avec le FN pour gouverner la région Paca. Qu’il se présente aujourd’hui comme “un combattant de la première heure” contre le FN prête donc à rire…

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La Décroissance ou l’hôpital qui se moque de la charité

La Décroissance a finalement annulé, en raison de l’émotion suscitée par les attentats de la veille, son contre-sommet anti-Cop 21 qui devait se tenir le 14 novembre à Vénissieux et auquel la revue catholique Limite avait apporté son soutien. Devaient s’y trouver, aux côtés des contributeurs habituels du journal et d’universitaires, plusieurs de ses collaborateurs occasionnels issus de courants marxistes ou libertaires (Célia Izoard, Yannis Youlountas, Anselm Jappe), des militants antipub (Alessandro di Guiseppe, Yvan Gradis) mais aussi Thierry Jaccaud (rédacteur en chef de L’Ecologiste, revue proche de la Nouvelle Droite), Serge Latouche, le souverainiste Aurélien Bernier ou encore Cédric Biagini (éditions L’Échappée) et Pierre Thiesset (éditions Le Pas de côté), tous deux éditeurs du livre Vivre la simplicité volontaire qui réunit des chroniques du journal et dont les 4 000 premiers numérisation0017exemplaires sont épuisés. Dans le numéro du mois de décembre qui annonce ces deux nouvelles, on trouve également une chronique anti-“théorie du genre” sous couvert d’humour (voir ci-dessous), une illustration anti-Cop 21 à l’iconographie douteuse (voir ci-contre, cliquer pour agrandir) ou même un texte contre la manifestation anti-Cop 21 qui était prévue le 29 novembre et qui a finalement été interdite. “Le 18 novembre, le gouvernement a annulé les “marches pour la Cop21 à cause des événements du 13. Est-ce un mal ?”, s’interroge le journal, se réjouissant presque de la répression contre cet événement, au prétexte de la présence prévue de Nicolas Hulot : “Voilà toute une partie de ce que la France compte d’organismes prêts à donner des leçons d’anticapitalisme à qui mieux mieux se ranger derrière la figure de proue du capitalisme maquillé en vert : Hulot. […] A noter que dans cette coalition figurent aussi des groupes confessionnels, quasiment tous représentés.” Le moins que l’on puisse dire, c’est que La Décroissance aime jouer au jeu de l’hôpital qui se moque de la charité, lui qui publie régulièrement des partisans de la Manif pour Tous, des proches de la Nouvelle Droite ou même le vice-président de la si détestée Fondation Nicolas Hulot, Dominique Bourg, comme nous l’avons déjà montré ici, ou . Sans surprise, ce numéro compte d’ailleurs son réactionnaire attitré en la personne de Kevin Victoire (ex-Ragemag, actuellement co-animateur du Comptoir et contributeur de Limite, qui se dit “socialiste conservateur” ou “socialiste antimoderne”).

Inversion des valeurs, toujours : ce sont ici les défenseurs des études de genre qui sont traités de "pudibonds". (Cliquer pour agrandir)
Inversion des valeurs, toujours : ce sont ici les défenseurs des études de genre qui sont traités de “pudibonds”. (Cliquer pour agrandir)

Les nouveaux papes verts

Depuis quelques années, les religions, en perte de vitesse dans des sociétés de plus en plus laïcisées (en tout cas en Occident), ont trouvé un nouveau filon pour assurer la promotion de leurs visions du monde : l’écologie. La Cop 21 leur offre une occasion en or de se faire entendre. Exemple avec l’Église catholique, particulièrement active dans ce domaine, notamment en France.

Bohort Mignolet (Mouvement du 14-Juillet) détenu au Cra de Vincennes ?

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Le Belge Bohort Mignolet, qui occupe l’église Sainte-Rita avec le Mouvement du 14-Juillet, prétend avoir été placé pendant six jours en rétention au Centre de rétention administrative de Vincennes suite à sa participation aux chaînes humaines du 29 novembre contre la Cop 21. Et horreur ! On l’y a privé de sa caméra : “les conditions là-bas ne sont pas terribles du tout, explique-t-il benoîtement au Cercle des Volontaires. La preuve : on ne peut pas emmener de caméra, on ne peut pas filmer parce que c’est révoltant.” Néanmoins, la police continue de rester son amie : “Maintenant les forces de l’ordre qui sont là sont des êtres humains, ils parlent avec politesse et tout ça, donc on ne peut pas en vouloir à ceux qui nous détiennent dans le centre administratif parce que voilà, ils n’y peuvent rien, ils suivent des ordres. Donc au niveau du traitement dans le centre sans-papiers il n’y a rien à dire, ils sont corrects et tout ça.” Ah bon ? “A part que évidemment les toilettes c’est dégueulasse, la bouffe, c’est dégueulasse, si on veut dormir on caille, on a une couverture d’à peine trois centimètres, on peut avoir certaines heures pour prendre des boissons ou quoi… […] les détentions sont avec une certaine précarité inhumaine.” Selon lui, deux Belges y seraient encore détenus, et Mignolet d’appeler à la solidarité avec eux “car c’est aussi des citoyens du périmètre Schenghen, ils ont le droit d’être en France, ils ont les papiers”. En revanche, pour ce qui est de la solidarité avec tous ceux qui n’ont pas ue la chance de naître du bon côté de la frontière européenne, on repassera… Et de sous-entendre que les attentats récents auraient été fomentés par “l’oligarchie” pour les mettre sur le dos des réfugiés fuyant les guerres fomentées par cette même “oligarchie”. La conclusion de cette interview vaut son pesant de cacahuètes : “Alors je sais qu’il y a énormément de conflits entre la gauche, la droite, le milieu mais à un moment donné vous devez bien comprendre que si vous n’êtes pas d’accord avec cette oligarchie on a besoin de tout le monde, on a besoin de l’extrême droite, on a besoin de l’extrême gauche, on a besoin du milieu, on a besoin des animaux, de nos enfants, des insectes… On a besoin de toute la population !” Et pour s’organiser efficacement face aux forces de l’ordre, il préconise une alliance de “dissidents” incluant Le Poil à gratter de Sylvain Baron, le site complotiste Le 4e Singe, les agriculteurs ou les Bonnets rouges…

Source : cercledesvolontaires.fr/2015/12/04/consequences-de-letat-durgence-un-citoyen-belge-place-en-centre-de-retention-pour-migrants-2/