Manifestation de soutien aux migrants à Paris ce samedi

2015-12-19_migrantsCe samedi à 15 heures, à l’occasion de la journée internationale es migrant-e-s, manifestation de soutien aux migrants à Paris, entre Barbès et République. Voici l’appel de l’Union nationale des sans-papiers :

A l’occasion de la journée internationale des migrantEs, plus que jamais : “MigrantEs : Bienvenue”

Un drame se déroule aux portes de l’Europe. Fuyant les guerres et les crises des millions de personnes quittent leur pays. Des milliers d’entre elles viennent trouver refuge vers l’Europe. La seule réponse qui leur est faite est la fermeture des frontières.

Des drames se déroulent aussi au cœur de l’Europe. Aujourd’hui à Calais près de 7 000 personnes vivent dans des conditions effroyables, tandis qu’à Paris nombre de migrantEs se retrouvent à la rue. Nous ne pouvons accepter que des gens soient condamnés à vivre dans de telles conditions.

Nous dénonçons les politiques française et européenne qui créent ces situations à Calais comme aux portes de l’Europe.

Nous demandons immédiatement des conditions d’accueil dignes pour tous et toutes. Qu’ils/elles soient nomméEs réfugiéEs, migrantEs ou sans-papiers, nous exigeons des droits égaux pour touTEs, des titres de séjour, l’accès aux soins et au logement.

Aujourd’hui l’Europe a fait la preuve de son incurie. Il faut supprimer le règlement de Dublin et démanteler Frontex qui sont les premières causes des drames que vivent aujourd’hui les migrants.

Dans le contexte actuel de violences racistes et d’état d’urgence, il est plus que jamais nécessaire de faire entendre une voix de solidarité avec les migrant-e-s. Les défendre est un combat anifasciste.

Michel Onfray : “tant que la France restera un pays judéo-chrétien, le vin sera libre”

Le pétainisme décomplexé deviendrait-il à la mode chez les réactionnaires ? Dans le numéro de novembre de La Revue du Vin de France, Michel Onfray était annoncé en “une” avec ce titre : “Le vin et l’identité française”. Il a fait cette sortie :

2015-12-13_onfray_rvf2Manque de chance pour lui, Emmanuel Berl, tout d’origine juive qu’il ait été, était en réalité le “nègre” de Philippe Pétain et l’extrait dont il parle est issu d’un discours prononcé le 25 juin 1940, alors que le maréchal était président du conseil mais non encore investi des pleins pouvoirs. Berl est également l’auteur du célèbre discours annonçant l’armistice. Or, par l’usage de la conjonction “alors que”, Onfray laisse entendre que la phrase “La terre ne ment pas” n’aurait rien à voir avec Philippe Pétain, ce que souligne la définition qu’il en donne juste après : “ce bon mot d’un brillant écrivain des villes”. Voici un exemple d’utilisation de ce “bon mot” par la propagande vichyste trouvée au Mémorial de Caen (cliquer pour agrandir) :DSC_0055_01

Ce n’est pas la première fois que Michel Onfray introduit un référence pétainiste dans un de ses discours. Plus loin, il précise son propos, suite à une question à la formulation douteuse de la revue sur le risque que l’islam pourrait faire courir au vin gaulois. Pour Onfray, “tant que la France restera un pays judéo-chrétien, le vin sera libre”. Et de rendre hommage à la période coloniale qui a permis l’introduction du vin en Algérie (à noter d’ailleurs que dans ce pays, du vin est toujours produit) :

onfray_rvf_judeochristianismeDans le même numéro, Onfray explique enfin n’avoir rien contre les vins biodynamiques, tant qu’ils sont bons :

onfray_rvf_biodynamieUne déclaration en contradiction avec son dernier livre, Cosmos, dans lequel il écrit : “Hélas, je n’ai jamais bu de vin issu de la biodynamie qui ne soit une exécrable piquette.”

A propos d’anarchisme et de religion

L'affiche de l'événement. (Cliquer pour agrandir)
L’affiche de l’événement. (Cliquer pour agrandir)

Une polémique a éclaté il y a quelques temps dans le microcosme libertaire s’agissant d’un débat qui s’est déroulé à la librairie La Gryffe de Lyon le 6 novembre 2015. Il faut dire que le thème était dès le départ plutôt casse-gueule, puisque la conférence s’intitulait “Anarchisme et Islam” et se proposait notamment d’aborder la question : “Qu’est-ce que l’anarchisme a à dire des différences entre sunnisme et shiisme ?” Qu’aurait-on pensé d’un débat intitulé “Anarchisme et christianisme : qu’est-ce que l’anarchisme a à dire des différences entre catholicisme et protestantisme” ? Que l’anarchisme ait quelque chose à dire sur le fait religieux en général, c’est une certitude : sa ligne se situe d’ailleurs traditionnellement dans le cadre d’une critique radicale de la religion comme système d’oppression (le slogan “ni dieu ni maître” est un des plus célèbres slogans anarchistes). Qu’il soit dès lors intéressant pour faire la critique des discours religieux d’en connaître les fondements y compris théoriques et qu’à ce titre il soit pertinent de s’intéresser aux écrits et aux pensées des uns et des autres ou à l’histoire des religions, c’est une autre certitude. Les exposés des intervenants à La Gryffe, Waheb Messaoud et Daniel Colson, allaient d’ailleurs dans ce sens. En revanche, on voit mal en quoi l’anarchisme aurait quelque chose à dire sur les débats théologiques internes aux différents mouvements religieux et dans quel but : s’agirait-il de prendre parti ? Résultat : un problème si mal formulé ne pouvait que donner lieu  à d’improbables débats, dont on peut voir les traces sur le site de Pierre Tévanian Les Mots sont importants (lmsi.net/Vous-avez-dit-race-sociale) ou sur Indymedia Nantes. Pour une critique du concept de “race sociale” évoqué par LMSI, on peut se référer à ce texte récent paru sur Ni Patrie Ni Frontières. Enfin, le son du débat peut être écouté sur le site Rebellyon.

Face au FN, Libération, journal irresponsable ?

2015-12-13_liberationCet entre-deux tours d’élections régionales aura été marqué dans le journal Libération par la publication d’une tribune raciste et sexiste de Luc Le Vaillant contre les femmes musulmanes voilées intitulée “La femme voilée du métro”, complètement irresponsable alors que le FN est aux portes du pouvoir dans au moins deux régions, jouant sur les peurs. Face à la polémique qui s’en est suivie et alors que la Société des journalistes et du personnel s’est vivement désolidarisée de ce texte, la direction du quotidien a répondu sous la plume de Laurent Joffrin : “L’accusation de racisme ou de sexisme qui court ici et là est évidemment ridicule quand on connaît un tant soit peu notre chroniqueur et notre journal. […] [les chroniques] n’engagent pas le journal au même degré qu’un éditorial ou un article d’information.” Arguant d’une “restitution littéraire et ironique de préjugés et d’angoisses qu’il se reproche lui-même”, Libération se dédouane : “Toutes nos prises de position, toute notre histoire, tout notre travail montre que Libération s’attache en permanence à lutter contre les discriminations, de quelque nature qu’elles soient.” Le site islamophobe et raciste Causeur, sous la plume de Jean-Paul Brighelli (un ancien gauchiste passé à l’extrême droite), a en tout cas applaudi démagogiquement : “Scandale: le quotidien a failli renouer avec le peuple”. Dans un tout autre registre, quelques jours avant le premier tour, le 29 novembre, Libération avait publié une interview de Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg, deux spécialistes reconnus de l’extrême droite. Problème : Camus, qui est beaucoup plus un intellectuel qu’un militant, y crache sur “l’antifascisme militant”, l’accusant d’être trop caricatural (il parle à son sujet de “paresse intellectuelle”, oubliant un pe vite toutes les analyses y compris théoriques fournies par lui, à côté de son travail de terrain) pour contrer efficacement l’extrême droite (de là à dire qu’il serait en partie responsable de la montée du FN… il y a un pas qu’heureusement il ne franchit pas) : “Le grand échec de l’antifascisme militant est de ne pas avoir su penser la complexité du phénomène auquel il répond. Nous sommes en 2015 et nous savons désormais que répéter «F comme fasciste, N comme nazi» pendant trente ans ne mobilise pas. Parce qu’intuitivement, les citoyens ont le sentiment que cela ne colle pas. Le propre du fascisme, c’est de préparer la transformation intégrale de l’homme, l’avènement d’un homme nouveau. Je n’ai pas l’impression que tel soit le projet du FN.” On se demande tout de même quel était le sens de cette pique à quelques jours d’un premier tour qui a vu le FN triompher et en plein état d’urgence…

Le FUIQP de Saïd Bouamama diffuse un dessin antisémite tiré d’Egalité et Réconciliation

Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP), une organisation dont le porte-parole est le sociologue Saïd Bouamama, également proche de Michel Collon, vient de publier sur Facebook un dessin antisémite tout droit sorti d’Egalité et Réconciliation.

L’original :

Source : egaliteetreconciliation.fr/Les-dessins-de-la-semaine-34186.html
Source : egaliteetreconciliation.fr/Les-dessins-de-la-semaine-34186.html (26 juillet 2015)

Sa reprise par le FUIQP :

2015-12-12_fuiqp_er2L’évidence de la rhétorique dieudonniste qui consiste à mettre en concurrence les victimes de la Shoah et celles de l’esclavage aurait pourtant dû sauter aux yeux d’une organisation qui se dit “antiraciste”. Et cet Européen blanc aux cheveux poivre et sel qui enseigne à de petits Africains (représentés eux aussi en usant des clichés racistes les plus crasses), qui porte une chemise blanche entr’ouverte ne figurerait-il pas un certain philosophe, tête de Turc habituelle des antisémites de tous poils ? Ou bien cet autre philosophe réactionnaire, lui aussi d’origine juive mais porteur de lunettes, auteur d’un retentissant “Taisez-vous !” dans une célèbre émission de télévision, les deux étant fondus dans une sorte de chimère au nez crochu ? Jusqu’aux livres tenus en main par les enfants, qui sont estampillés “Fernand Nathan”, du nom du fondateur d’origine juive des éditions Nathan, qui éditent de nombreux manuels scolaires. Tout ceci ne viserait-il pas in fine à faire porter aux Juifs la responsabilité du colonialisme ? Mais non : pas ému pour un sou, le FUIQP n’y voit que de “l’humour”,  et qui plus est “au service des luttes”.

Mise à jour, 12 décembre, 23h35 : Quelques minutes après la publication de notre article, le FUIQP a retiré ce dessin de son mur. Il sera resté en ligne près de huit heures.

Mise à jour, 13 décembre, 10h45 : La référence aux éditions Nathan est tirée d’une déclaration faite par Dieudonné à la télévision iranienne, référence reprise depuis dans un de ses spectacles : “il faut savoir que le sionisme, en France, ça commence dans les manuels scolaires. Fernand Nathan, il s’appelle, celui qui écrivait l’histoire pour tous les petits Français. Cet homme est un sioniste !” (voir, à 4 min 27 : youtube.com/watch?v=TPzgWB46iek La vidéo date de 2011, selon Le Figaro) Merci aux deux lecteurs qui nous ont fourni ces précisions.

Mise à jour, 13 décembre, 18h31 : Dans une autre interview à la télévision iranienne, Dieudonné a expliqué que selon lui, “90 % des bateaux qui déportaient les Noirs d’Afrique vers les Antilles appartenaient à des Juifs, et la majorité des marchands d’esclaves étaient des Juifs.” Dans la même vidéo, il soutenait également qu’il y avait beaucoup de liberté d’expression en Iran. Merci au lecteur qui nous l’a signalée. (Voir, à 5 min 8 sec et 2 min : youtube.com/watch?v=pt_jvLaskM8)

Crime policier à Rennes : 200 personnes rendent hommage à Babacar Guèye

Photo France 3 Régions
Photo France 3 Régions

Aujourd’hui à Rennes, 200 personnes ont rendu hommage à Babacar Guèye, citoyen sénégalais de 27 ans abattu par la police dans la nuit du 2 au 3 décembre derniers. Ses proches ont livré un témoignage poignant à Mediapart : Babacar Guèye dormait chez des amis. Au cours de la nuit, il s’est réveillé, comme pris d’une crise d’angoisse. Son ami est venu le calmer et il s’est rendormi. Puis il s’est à nouveau réveillé et il est allé chercher un couteau à pain avec lequel il s’est auto mutilé. Son ami a essayé de le maîtriser, sans y parvenir, et, ce faisant, il a été blessé. Cet ami a donc appelé les pompiers au secours. Les policiers sont [également] arrivés sur les lieux. Face à cet homme armé d’un simple couteau à pain, la police, pourtant équipée de tazers, gazeuses, matraques, flash balls, l’a abattu de cinq balles dans le haut du corps.” Babacar Guèye a donc été assassiné alors qu’il avait besoin d’une prise en charge médicale, sollicitée par ses amis. Il avait le tort d’être étranger. Cela fait au moins dix ans que les pompiers se font escorter régulièrement par la police à Rennes, ce qui suscite des tensions lors d’interventions qui au contraire mériteraient une prise en charge adaptée et rassurante.

Représentante du Medef et candidate sur une liste de gauche

Photo Le Monde
Photo Le Monde

Marie-Thérèse Mercier, présidente du Medef de Montpellier, figure en position éligible sur une liste d’union de la gauche pour ces élections régionales conduite par Carole Delga. Cette liste emmenée par le PS compte aussi dans ses rangs le Front de Gauche, et est donnée gagnante dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Selon Le Monde, elle “a été sommée de s’expliquer et de mettre entre parenthèses ses activités au Medef”. Quant à la candidate, elle se dit surprise de « la violence de certaines personnes » et précise : “les gens savent que c’est Marie-Thérèse Mercier qui s’engage, pas le Medef. Je comprends davantage la confusion des personnes qui sont le plus à gauche, car elles ne me connaissent pas. Les attaques venant de l’intérieur me paraissent plus injustifiées et peu respecteuses du travail effectué jusqu’ici.” Elle indique : “si j’étais partie sur une liste de droite, cela aurait sûrement provoqué moins d’émois”. Quoiqu’il en soit, elle devrait démissionner de ses fonctions au Medef le 25 janvier : “C’est moi qui ai proposé la date du 25 janvier, précise-t-elle. Ma position est fidèle à l’engagement que j’ai pris le 5 novembre, et selon lequel je ne démissionnerai que si je suis élue. Néanmoins, j’ai expliqué au bureau qu’en affichant certaines opinions au cours de cette campagne, il serait maladroit de rester présidente du Medef. Quand on est un syndicat, on ne doit pas parler de politique. De plus, j’en suis déjà à mon 4e mandat.”

Les sources conspirationnistes et extrêmes droitières de l’UPR et de ses fans

Suite à l’article que j’ai publié il y a quelques heures au sujet de leur leader et de ses menaces contre Streetpress, Conspiracy Watch et moi-même, l’UPR et ses adeptes, pour protester, ont fait part sur Twitter de quelques unes de leurs sources d’information à mon sujet et au sujet de Streetpress :

2015-12-12_upressonne_bassesse 2015-12-12_upr_bassesseAgoravox est un site conspirationniste bien connu, tandis que l’Ojim (Observatoire des journalistes et de l’information médiatique) est un site d’extrême droite fondé par Jean-Yves Le Gallou et Claude Chollet, tous deux anciens du Grece (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne). En ce qui concerne l’article d’AgoraVox, il s’agit en fait d’une reprise d’un papier récent publié par l’Observatoire du Néoconservatisme, popularisé par Michel Collon et auquel j’ai déjà répondu ici. Cet article ne faisait d’ailleurs que reprendre pour l’essentiel les calomnies diffusées à mon encontre par l’UPR il y a plus de quatre ans, et abondamment reprises par Le Grand Soir.  A l’époque, l’UPR était allé jusqu’à révéler mon identité et à faire le lien avec mon pseudonyme, alors qu’un de ses cadres, Laurent Dauré, fréquentait l’association de critique des médias Acrimed en même temps que moi (il y est d’ailleurs toujours). O. G.

En Normandie, l’appel du pied du FN aux électeurs de l’UPR

2015-12-12_nicolasbayUPR, dernière (pour cette fois) : en région Normandie, Nicolas Bay, candidat FN, a fait un appel du pied aux électeurs du parti de François Asselineau lors du débat électoral qui s’est tenu entre les trois finalistes sur France 3 Normandie le soir du 9 décembre :

Cet appel a été rejeté par l’UPR qui dans un communiqué publié deux jours plus tard “confirme son appel à s’abstenir ou à glisser un bulletin UPR lors du second tour des élections régionales” et “rappelle que le Front National est un parti-leurre au service des intérêts atlantistes”, précisant : “cette géopolitique « washingtonio-frontiste » est une vision anxiogène, racialiste et guerrière de l’univers, située à l’exact opposé de la grande tradition universaliste qui a fait la grandeur de la France.” Jamais l’UPR ne rappelle que le FN est un parti d’extrême droite et qu’en soi cela suffit à rejeter toute alliance avec lui. Non : le parti souverainiste préfère argumenter sur le refus du FN de sortir de l’euro ou sur le refus de ses responsables de débattre avec François Asselineau : “l’UPR rappelle que ni Mme Le Pen ni aucun des cadres ou des candidats têtes de liste du FN n’ont jamais eu le courage et la dignité d’accepter le moindre débat avec un responsable de l’UPR. Ils ont tous fui, par peur que leur incompétence technique, leurs incohérences programmatiques, leurs ambiguïtés délibérées et leurs mensonges ne soient démasqués publiquement.” Rappelons que l’UPR considère que le score ridicule qu’elle a fait aux élections est un succès qui lui permet d’entrevoir des financements publics s’il dépassait le seuil requis lors des élections législatives de 2017 auxquelles elle compte présenter des candidats, et qu’elle avait reçu pour ces élections le soutien des rouges-bruns du Comité Valmy :

2015-12-12_uor_comitévalmySources : https://www.youtube.com/watch?v=-GZt6EXPacU (vers 6 min 30) ; upr.fr/communiques-de-presse/upr-rejette-l-appel-lance-par-le-secretaire-general-du-fn-abstention ; upr.fr/communiques-de-presse/upr-elections-regionales-laissent-augurer-un-acces-au-financement-public-apres-les-elections-legislatives-de-juin-2017