Philippe Verdier, de France 2 à RT

2015-12-24_verdier_rtSuspendu courant octobre, Philippe Verdier a été licencié de France 2 le 1er novembre dernier, après y avoir officié pendant des années comme chef du service météo, au motif de la publication d’un livre climato-sceptique, Climat investigation, publié aux éditions du Ring, maison classée à l’extrême droite. Pour lui, le réchauffement climatique est “une religion” et il n’y aurait pas lieu de le combattre puisque égoïstement un pays comme la France pourrait même en tirer parti, ainsi que l’indique le résumé du livre sur le site de l’éditeur : “La France figure pourtant parmi les pays les moins touchés par le changement climatique. Notre économie et notre société bénéficient déjà des avantages considérables du réchauffement. Le développement des énergies renouvelables menace notre sécurité et ne compensera aucunement l’explosion démographique identifiée comme une cause principale du problème. Qui osera ouvertement rompre ces tabous sous la pression extrême des dirigeants ?” Pendant la Cop21, on a retrouvé Philippe Verdier sur RT, la télévision poutinienne. Il y animé une émission modestement intitulée “Verdier libre”. Dans le premier épisode, il affirmait par exemple : “force est de constater, c’est ce que disent certains observateurs, que depuis vingt ans nous vivons les années les plus chaudes et que nous avons en parallèle une baisse des guerres, une baisse de victimes de conflits.”

ERTV dans la jungle de Calais : une obscénité sans limite

Vincent Lapierre tentant d'expliquer à des Syriens qui ont fuit Bachar Al-Assad et Daesh que puisque le premier combat le second, alors il "est bien".
Doigt levé, Vincent Lapierre tente d’expliquer à des Syriens qui ont fuit Bachar Al-Assad et Daesh que puisque le premier combat le second, alors il “est bien”.

Vincent Lapierre, le bras cassé d’ERTV, est allé réaliser un reportage dans la jungle de Calais. Donneur de leçon, il a tenté d’expliquer à des réfugiés syriens qui lui sont opposés les bienfaits de Bachar Al-Assad contre Daesh (“Bachar fights with Daesh”, dit-il…), quand eux lui ont répondu qu’à leurs yeux les deux étaient de mèche. Découvrant quelques épiceries de fortune au milieu du bidonville, il “analyse” : “comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup de commerces. […] Donc c’est assez florissant. Activité économique assez florissante”. Ensuite, il s’est rendu dans une “discothèque” (en réalité une tente où sont organisées des projections de films et des soirées dansantes avec les moyens du bord), sous-entendant que finalement, les migrants ne sont pas si malheureux puisqu’ils peuvent s’amuser, avant de rencontrer un Calaisien qui les soutient, disant ne faire aucune différence entre Français et étrangers quand Lapierre lui suggère avec insistance qu’il faudrait s’occuper en priorité des Français pauvres. Tout en partageant le repas de migrants afghans, Lapierre a cherché à savoir s’il y a une “mafia” dans la jungle, et est parvenu à trouver un réfugié syrien pour lui expliquer que les Afghans gèreraient les passage vers l’Angleterre au détriment des autres migrants. Jouant sur les tensions entre migrants, parlant depuis son confort occidental, Lapierre n’a décidément aucune limite dans l’obscénité, osant demander au même migrant, pourquoi il fuit son pays plutôt que de “le défendre” dans le cadre de la guerre qui le ravage, avant de lui faire dire que Bachar Al-Assad pourrait être une solution. Enfin, Lapierre a fini son reportage en donnant inévitablement la parole aux riverains mécontents, dont l’un accuse les soutiens des réfugiés de “les pousser à l’altercation” et l’autre explique que des Calaisiens souhaitent s’armer. Et de conclure sur les méfaits de l’immigration et des “bobos” qui soutiennent les migrants alors qu’il n’y a pas de travail pour les Français… En août dernier, ce sont des militants de Britain First (La Grande-Bretagne d’abord) qui sont allés à Calais rencontrer des migrants afin de tenter de les dissuader de rejoindre le Royaume-Uni (source : youtu.be/Wa80bT4LbxI).

Noël approche… Noël est là !

11206958_520732784759965_5767758905329900158_nVous pouvez nous offrir un beau cadeau de Noël : faites un don !

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Paris : avec les migrants de la Place de la république

Photo AFP
Photo Dominique Faget / AFP

Ce mercredi soir, une centaine de manifestants se sont rassemblés place de la République à Paris en soutien aux migrants. Alors qu’ils campaient là depuis samedi, la plupart d’entre eux ont été évacués ce matin de la place de la République et de la place Raoul-Follereau  (où ils étaient depuis plusieurs mois) lors d’une opération policière pudiquement qualifiée de “mise à l’abri” par les autorités et par certains médias, alors même que dans les jours précédents, il leur a été interdit d’installer bâches ou tentes pour s’abriter, justement. Si 350 migrants ont été orientés vers des solutions d’hébergement temporaires, une cinquantaines demeurent à la rue, selon le journal Le Monde. La plupart sont Afghans et ont fui la guerre qui ravage leur pays, comme nous l’a expliqué l’un d’entre eux (en anglais) :

Il est d’autant plus urgent de continuer à les soutenir que leurs conditions de vie déjà extrêmement difficiles sont encore aggravées par l’arrivée du froid, comme nous l’a indiqué un camarade qui les soutient sur le terrain depuis plusieurs mois :

Au même moment à Calais, la répression s’intensifie contre les réfugiés. De l’air, ouvrez les frontières !

Paris : rassemblement de soutien aux migrants de la place de la République

refugees_welcome-01Depuis la manifestation de samedi, des dizaines de migrants, essentiellement afghans, campent place de la République à Paris. Si leur présence est “tolérée” par les autorités, c’est à la condition qu’ils n’affichent aucune banderole revendicative ni n’installent bâches ou tentes pour s’abriter. Un rassemblement est organisé demain mercredi 23 décembre à 18h00 place de la République pour les soutenir. Voici leur appel :

Nous sommes réfugiés et nous venons de différents pays. Nous vivons à la rue depuis 8 mois pour certains, un an pour d’autres. Certains sont arrivés plus récemment.
Nous sommes 200 personnes toujours sans logements et sans papiers. Nous avons décidé de rester Place de la République jusqu’à ce que le gouvernement nous donne des logements car nous n’avons pas d’endroit où vivre. Nous continuerons à manifester jusqu’à ce que le gouvernement nous donne un logement, la justice, des droits et des papiers.
Il fait froid place de la République et il pleut mais la police nous empêche d’utiliser des tentes ou même des bâches. Nous vous appelons à venir nous soutenir mercredi 23 décembre à 18h00.

We are refugees and we are from diferent countries. Some of us are living more than one year in the streets, some of us 8 months. Some of us arrived more recently.
We are about 200 people still without houses, still without papers. We decided to stay in Republique until government give us houses. We have no place for living. We will continue to demonstrate until the government give houses, justice rights and papers.
Place de la Republique is cold, it is raining, the police prevent us to use tents or even tarpaulins. We call on people to come to support us on wednesday 23 december at 18.00.

Mobilisons-nous contre les régimes dictatoriaux, les agressions impérialistes et Daesh! Rejetons les politiques sécuritaires, racistes et d’austérité !

Nous publions ci-dessous un appel international qui circule depuis début décembre et a le mérite de la clarté, s’agissant de ce que peut être un positionnement de type “troisième camp” sur les tragiques événements qui bouleversent le monde et sur les politiques qui en sont à l’origine.

Meeting du 11 décembre : retour sur polémique

Vendredi 11 décembre, un meeting «  pour une politique de paix, de justice et de dignité» a réuni 600 personnes à Saint-Denis et a fait couler beaucoup de pixels. Si la tension est depuis retombée, il est sans doute utile de revenir un peu dessus. En effet, plusieurs personnalités polémiques y étaient invitées, dont Tariq Ramadan, et cet événement était soutenu par les Indigènes de la République. Le journal Libération est revenu sur ce qui s’y est dit. A côté de Ramadan, étaient notamment présents à la tribune le journaliste Alain Gresh (ex-Monde diplomatique, Contre-Attaque(s)), Omar Slaouti (ex-NPA), Marwan Muhammad du CCIF, mais aussi Ismahane Chouder, présentée par Libération comme une représentante du Collectif des féministes pour l’égalité, alors qu’en réalité elle est surtout la porte-parole de Participation et Spiritualité musulmanes, antenne française d’une organisation qui dans les années 1990 assassinait des syndicalistes étudiants au Maroc et qui a pris part à la Manif pour Tous. A leurs côtés, se sont retrouvés à la tribune Michel Tubiana, ancien président de la LDH ou Laurence Blisson, du Syndicat de la Magistrature. La britannique Salma Yakoob, enfin, qui est présentée comme une militante pacifiste, participe au Royaume-Uni à la Stop The War Coalition, un collectif de gauche campiste qui sous couvert d’anti-impérialisme soutient diverses dictatures, dont l’Iran ou la Syrie de Bachar Al-Assad. C’est une personnalité très en vue dans son pays. L’organisation de ce meeting mêlant gauche radicale et organisations ou personnalités réactionnaires a malheureusement fait les choux gras d’adversaires pas franchement sympathiques, que ce soit la revue raciste et islamophobe Causeur, Eugénie Bastié du Figaro ou encore Gilles Clavreul, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui est bien mal placé pour dénoncer ce genre d’initiative à l’heure où le gouvernement pour lequel il travaille organise dans le cadre de l’état d’urgence une politique répressive qui vise en priorité des musulmans ou présumés tels, les militants et globalement tous les opprimés. Notons cependant que les explications alambiquées sur fond d’électoralisme d’une Clémentine Autain niant que son organisation ait appelé à ce meeting alors qu’il était signalé sur son site ne sont pas pour clarifier les choses s’agissant d’un compagnonnage qui ne peut tout de même que poser question avec des organisations comme PSM ou des personnalités comme Tariq Ramadan.

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Dans un autre genre, une pique de Félic Boggo Ewanjé-Epée contre la "gauche de gauche", dont toute une partie est pourtant bien prompte à soutenir ce genre d'initiative.
Dans un autre genre, une pique de Félic Boggo Ewanjé-Epée contre la “gauche de gauche”, dont toute une partie est pourtant bien prompte à soutenir ce genre d’initiative.

 

Vague de tags antisémites dans les rues de Paris

Dans la nuit de vendredi à samedi, une série de tags antisémites a défiguré la rue du Faubourg du Temple, le quartier de Ménilmontant et la rue Cavendish dans le 19e arrondissement. Ces graffitis haineux, inspirés des thèses d’Alain Soral et de Dieudonné, proclament entre autres : “Israël stérilise les Noirs”, “Juif athée = racialisme”, “Soral à raison”. A Ménilmontant, plusieurs d’entre eux ciblaient explicitement le mouvement antifasciste, l’accusant de collusion avec la politique d’Israël en Palestine ou l’assimilant au Parti socialiste ou aux capitalistes. Certains camarades ont été nommément visés. Nous vous épargnerons la vue de ces gribouillis infâmes. En revanche, on peut apprécier à sa juste valeur ce sympathique détournement, aperçu rue des Panoyaux :

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Hommage à Pedro

Une fresque a été réalisée hier soir en hommage à Pedro dans le quartier de Ménilmontant.
Une fresque a été réalisée hier soir en hommage à Pedro dans le quartier de Ménilmontant à Paris.

Pedro, militant antifasciste de longue date, est récemment décédé. Nous présentons nos condoléances à nos camarades de La Horde dont il était un des co-fondateurs et au collectif Samizdat avec lequel il a milité pour l’Internet libre, ainsi qu’à sa famille et à ses amis.