Chalon-sur-Saône : les recrues de “gauche” de Debout la France

De gauche à droite sur la photo : Yves Guillot, conseiller politique Debout la République (DLR) dans le Mâconnais ; France Robert, gérante du camping municipal d’Épinac et sur la liste DLR aux sénatoriales ; Nicolas Dupont-Aignan, député-maire d’Yerres et Président de DLR ; Armand Roy, maire de Flagy (dans le Clunisois) et tête de la liste DLR aux sénatoriales ; Maxime Thiebaut, représentant départemental DLR et Jean-Noël Chassigneux, conseiller municipal d’opposition à Gueugnon et sur la liste DLR aux sénatoriales. Photo N.D. / JSL
De gauche à droite sur la photo, prise en 2014 à l’occasion des élections sénatoriales : Yves Guillot, conseiller politique Debout la République (DLR) dans le Mâconnais ; France Robert, gérante du camping municipal d’Épinac et sur la liste DLR aux sénatoriales ; Nicolas Dupont-Aignan, député-maire d’Yerres et Président de DLR ; Armand Roy, maire de Flagy (dans le Clunisois) et tête de la liste DLR aux sénatoriales ; Maxime Thiebaut, représentant départemental DLR et Jean-Noël Chassigneux, conseiller municipal d’opposition à Gueugnon et sur la liste DLR aux sénatoriales. Photo N.D. / JSL

A Chalon-sur-Saône, la liste Debout la France (DLF) conduite par Maxime Thiébaut pour les élections régionales réunit des candidats venus de la gauche, nous a appris il y a quelques temps un média local. Des faits confirmés depuis le dépôt officiel des listes. Samuel Brandily s’était présenté aux municipales de 2001 au nom du Mouvement républicain et citoyen (MRC) alors présidé par Jean-Pierre Chevènement sur la liste d’union de la gauche conduite par Bettina Laville, et aux législatives de 2002. Après avoir arrêté la politique pendant dix ans, il a rejoint DLR en janvier 2013 et se définit comme “un souverainiste de gauche qui a rejoint Dupont-Aignan” (Le Journal de Saône-et-Loire (JSL) édition Montceau, 9 novembre 2015). Si les porosités entre chevènementistes et souverainistes de droite sont néanmoins connues, le parcours de Jean-Noël Chassigneux est sans doute moins commun. En remontant dans le temps, on retrouve la trace de cet ancien militant de la CGT Métallurgie en tant que premier adjoint du maire PCF de Clichy-sous-Bois André Deschamps, mis en cause à la fin des années 1980 pour des propos racistes et désavoué par son parti. En 1992, son nom apparaît sur une liste classée à l’extrême gauche aux élections régionales en Ile-de-France, puis en 1995 lors des élections municipales à Clichy-sous-Bois comme bras droit de André Sainjon, ancien secrétaire de la fédération des métaux CGT évincé par les communistes les plus «durs», réélu député européen sur la liste de Bernard Tapie en juin 1994, selon Libération. L’année dernière, il s’était présenté aux élections sénatoriales pour Debout la République en Saône-et-Loire. Notons aussi la présence sur la liste de Thiébaut de France Robert, présentée comme « engagée dans l’écologie intelligente » et qui serait une adepte de Pierre Rabhi. D’autre part, DLF a aussi réussi à rallier à lui des candidats venus de la droite la plus classique, à savoir des Républicains (ex-UMP) comme Michèle Boucomont, qui se présente dans la Nièvre. Si la campagne de Nicolas Dupont-Aignan en région parisienne vise les “automobilistes maltraités”, celle de Thiébaut en Bourgogne n’est pas moins démagogique, puisqu’elle vise les “usagers maltraités” des TER, auprès desquels le jeune candidat est allé diffuser sa propagande le 8 novembre dernier. Enfin, il aimerait bien s’allier les voix du Medef local, comme en témoigne cette lettre ouverte au syndicat patronal dans laquelle il regrette de ne pas avoir été invité à un débat économique organisé par lui  (cliquer pour agrandir) :

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La tournée d’automne de Michel Collon

Michel Collon et le collectif Investig’Action viennent d’achever une tournée en Belgique, dans le Nord de la France et en Suisse. Il ont été invités au Salon du livre politique de Liège les 7 et 8 novembre, ainsi qu’au Salon des médias de Namur le 13. Entre temps, deux institutions universitaires les ont reçus : l’Institut des hautes Etudes des Communications sociales (IHECS) de Bruxelles le 9 novembre et l’Association des Etudiants en Histoire Economique et Sociale de l’Université de Genève le 11. Lors de son passage à l’IHCES, Collon était accompagné par Ahmed Bensaada, auteur d’un livre publié récemment aux éditions Investig’Action, Arabesque$, dont la thèse centrale est que les révolutions arabes sont le fruit d’un complot fomenté par les Etats-Unis ; mais aussi par Majed Nehmé, directeur de la revue Afrique-Asie accusé par plusieurs sources de complaisance avec l’ancien dictateur tunisien Zine el-Abidine Ben Ali ainsi que par Bahar Kimyongür et Mohamed Hassan. Enfin, Michel Collon et sa bande ont participé à deux événements le 14 novembre, au lendemain des attentats de Paris : tout d’abord à un atelier « Etre ou ne pas être Charlie ? – Réflexions sur la guerre, la terreur, l’islam et la liberté d’expression” à l’occasion des “Huit heures pour l’Ecole démocratique” organisées par l’Association pour une école démocratique à Bruxelles ; ensuite à Lille à un débat organisé par le Front uni des immigrations et des banlieues (FUIQP) de Saïd Bouamama et la CGT Educ’Action autour du thème « Révoltes arabes : quel a été le rôle des USA ? ». Pour ce débat qui a réuni environ 200 personnes à la Bourse du Travail, Collon était accompagné de Bouamama et de Bensaada. Outre les deux instances organisatrices et Investig’Action, l’association France-Cuba y a aussi tenu un stand.

Ahmed Bensaada, Michel Collon et Saïd Bouamama le 14 novembre à Lille. (Source : FUIQP via Facebook)
Ahmed Bensaada, Michel Collon et Saïd Bouamama le 14 novembre à Lille. (Source : FUIQP via Facebook)

Déchéance de nationalité : François Hollande se propose d’appliquer le programme du FN

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François Hollande vient d’annoncer un programme inquiétant devant le Parlement réuni en Congrès : modification de l’article 36 de la Constitution qui porte sur l’état de siège pour y inclure l’état d’urgence, introduction de la possibilité de déchoir des bi-nationaux de leur nationalité et facilitation des expulsions :

“Nous ne pouvons pas rendre quelqu’un apatride, mais nous devons pouvoir le faire pour une personne condamnée pour des actes de terrorisme même s’il est né français, s’il a une autre nationalité. Nous devons pouvoir expulser plus rapidement des étrangers qui représentent une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public et la sécurité de la Nation. Nous devons pouvoir interdire à un binational de revenir sur le sol national sauf à ce qu’il se soumette à un dispositif de contrôle, comme le font les Britanniques. Nous devons pouvoir expulser plus rapidement un étranger qui présente une menace, mais nous pouvons le faire dans le respect de notre législation.”

Par ailleurs, le Président souhaite que les parlementaires votent la prorogation de l’état d’urgence pour trois mois (une période qui couvrira donc la Cop 21 et les contre-manifestations prévues). Il a annoncé un renforcement des moyens et des effectifs de la police et de l’armée, incluant une discussion sur le droit à la « légitime défense » des policiers : « Face à la violence des terroristes, la condition de la légitime défense des policiers, des conditions dans lesquelles ils peuvent faire usage de leurs armes doivent être traitées. » Or, on sait très bien que ce type de mesures sécuritaires prises sous le coup de l’émotion et sous des prétextes anti-terroristes ne tarde jamais à être étendu à d’autres faits. On remarque qu’alors que seul le FN (et, depuis Sarkozy, une partie grandissante de la droite) proposait jusque là la déchéance de nationalité, aujourd’hui, la gauche de gouvernement se propose de prendre le train en marche. Quant au droit pour les policiers de faire usage de leurs armes et à la notion de « légitime défense » dans ce cas, on sait aussi qu’elle sert depuis longtemps de prétexte pour couvrir des « bavures ». De même, la notion de « menace » appliquée aux étrangers est extrêmement large : potentiellement, tous pourraient être touchés, surtout les plus précaires (migrants, réfugiés, sans-papiers). Bien sûr, toutes ces décisions doivent encore être votées, mais nul doute que le ver et dans le fruit et qu’on se dirige vers une société de plus en plus sécuritaire. De fait, c’est l’ensemble de la société qui risque de subir dans les mois à venir d’importantes restrictions des libertés publiques. Enfin, François Hollande a proposé de rencontrer les présidents américain et russe en vue d’une coalition élargie en Syrie qui intensifierait les bombardements contre Daesh, dont on sait qu’ils font pourtant de nombreuses victimes civiles. Voir les déclarations de François Hollande sur le site des Echos.

Retour sur la 9e journée de Synthèse nationale

Le 11 octobre dernier a eu lieu la 9e journée de Synthèse nationale, organisée par la webrevue éponyme. S’y sont notamment retrouvés Roger Holeindre (Parti de la France), Jérôme Bourbon (directeur de Rivarol), Pierre Cassen (Riposte laïque), Pierre Vial (théoricien identitaire et chroniqueur à Rivarol), Richard Roudier (Ligue du Midi), Hugues Bouchu (Ligue francilienne), l’essayiste Philippe Randa, Gabriele Anidolfi (théoricien nationaliste-révolutionnaire italien), Carl Lang (Parti de la France), ainsi qu’un revenant, Serge Ayoub, qui était devenu discret depuis l’assassinat de Clément Méric et y a présenté “un projet pour fixer les Africains en Afrique”. L’événement se plaçait sous le mot d’ordre volé au mouvement altermondialiste “Un autre monde est possible” (cliquer pour agrandir) :

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Il a été couvert par TV Libertés et le site ForumSi, qui suit de près l’actualité des nationalistes italiens et se présente comme animé par des “nationalistes français totalement ouverts à l’idée impériale européenne”. Le dernier numéro de Rivarol y a été distribué gratuitement. Ce mois-ci sont prévus plusieurs événements du même genre. Hier devait par exemple se tenir le Congrès européen du Gud qui devait notamment accueillir des représentants d’Aube Dorée (Grèce) ou de Casapound (Italie), mais aussi, justement, Gabriele Anidolfi. Nous ignorons cependant s’il a pu se dérouler, compte tenu des événements récents. Le 21 novembre est en tout cas prévu un “forum de la dissidence” organisé par la Fondation Polemia, et le week-end suivant une table ronde de Terre et Peuple. La vigilance reste donc de mise.

Sources : synthesenationale.hautetfort.com/la-9e-journee-de-synthese-nationale/ ; forumsi.fr/2015/10/ixeme-journee-nationaliste-et-identitaire-precision-pour-les-camarades-de-synthese-nationale.html

Déchaînement de violence fasciste hier à Pontivy

Hier, le parti d’extrême droite breton Adsav a manifesté contre les migrants, réunissant 150 personnes à Pontivy (Morbihan) au cri de “Breton, ouvre les yeux, ferme ta frontière !” Une manifestation sous haute tension, après les attentats de vendredi. Et ça n’a pas manqué : une fois encore, l’extrême droite nous a montré son vrai visage en lynchant un passant d’origine maghrébine. Des voisins en ont témoigné sur France Bleu, comme cette commerçante située à proximité des lieux du drame : “non loin de notre magasin, un monsieur d’origine maghrébine a été pris par le col. six personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui. C’était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. Plus loin c’était exactement pareil. C’était de la violence et de la haine. On voyait qu’on était cerné dans la rue principale. Tous les magasins se sont fermés au fur et à mesure. On avait l’impression qu’on était en état de siège. C’était terrible, terrible… C’est une haine, une haine… Il y avait des jeunes mais aussi des quadragénaires. Ils disaient à la police et à la gendarmerie “on va les tuer, ils n’ont rien à faire ici”. Vraiment c’est la haine.” Un autre habitant a témoigné du désarroi des passants et du climat de terreur qui a régné hier dans la petite ville bretonne : “Les gens couraient, les gens criaient, c’était la panique.”

La manifestation de Pontivy relayée sur Twitter par le média identitaire Breizh Info.
La manifestation de Pontivy relayée sur Twitter par le média identitaire Breizh Info.

D’autres témoignages sont parvenus à France 3 : Georges-Yves Guillot, délégué à la vie associative de la ville, a ainsi expliqué à la chaîne que des bombes agricoles ont explosé dans les rues et que ces explosions ont provoqué des mouvements de foule dans le centre-ville : “certains magasins ont fermé leurs rideaux et ont mis à l’abri leurs clients et quelques passants, afin qu’il n’y ait plus personne dans les rues.” Une autre commerçante a confirmé qu’elle a dû fermer son bar pendant 1h30 : “vu ce qui s’était passé la veille à Paris, il y a eu un mouvement de panique: une dame est venue reprendre ses esprits chez moi, elle était choquée.” Des échauffourées ont également éclaté avec des contre-manifestants. Dans Libération, Ronan Le Gall, responsable local d’Adsav, a justifié le lynchage par le fait que le passant victime aurait voulu contester la présence de l’extrême droite dans la rue : “Quant au Maghrébin en question, il a d’abord pris à partie nos militants. Il aurait pu être martien, il aurait dérouillé pareil.” Qu’on se le dise, voilà ce qui risque d’arriver à quiconque s’oppose à ce genre de mouvement… Déjà le 7 novembre, des militants d’Adsav et des gens se revendiquant des Bonnets rouges avaient manifesté devant le parlement de Rennes, affichant une banderole “Bretagne souveraine” :

La manifestation du 7 novembre à Rennes vue par un militant d'Adsav. Les slogans peuvent se traduire par : "Vive la Bretagne libre et indépendante", "Les Français dehors" et "Plutôt la mort que la souillure" (merci au lecteur qui nous a apporté ces précisions), la souillure visant ici sans nul doute les étrangers ou perçus comme tels, au vu de l'état d'esprit de ces gens. Le drapeau blanc à croix noire ou Kroaz Du est le drapeau breton préféré de l'extrême droite locale. (Cliquer pour agrandir)
La manifestation du 7 novembre à Rennes vue par un militant d’Adsav. Les slogans peuvent se traduire par : “Vive la Bretagne libre et indépendante”, “Les Français dehors” et “Plutôt la mort que la souillure” (merci au lecteur qui nous a apporté ces précisions), la souillure visant ici sans nul doute les étrangers ou perçus comme tels, au vu de l’état d’esprit de ces gens. Le drapeau blanc à croix noire ou Kroaz Du est le drapeau breton préféré de l’extrême droite locale. (Cliquer pour agrandir)

Pendant que les fascistes sont autorisés à défiler, nombre de manifestations sont en revanche interdites, comme celles que voulaient faire les opposants iraniens à Paris contre la venue du président de la République islamique d’Iran Hassan Rohani, ainsi que que des actions de soutien avec les migrants. Consulter notre recensement des événements d’extrême droite prévus ce mois-ci.

Document : lire un témoignage que nous avons reçu suite à la publication de cet article : témoignagepontivy.pdf

 

Solidarité avec les victimes = Solidarité avec les migrants

Des passants, voisins, amis témoignent de leur solidarité avec les victimes des attentats d’hier mais aussi avec les migrants, têtes de turc d’ores et déjà pointées par l’extrême droite :

Vu en face du Petit Cambodge.
Vu en face du Petit Cambodge.
Vu au pied de la statue figurant la République, à République.
Vu au pied de la statue figurant la République, place de la République.
Vu à Proximité du Bataclan.
Vu à proximité du Bataclan.

Merci à Erio pour ses photos. (Cliquer pour agrandir)

Attentats : l’extrême droite s’en prend à des cérémonies à Lille et à Metz

L’extrême droite ne s’arrête jamais : déjà, elle tente de faire porter la responsabilité des tueries d’hier aux migrants. Cet après-midi, une quinzaine de militants identitaires, identifiés par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) comme appartenant au Front national, s’en sont pris à Lille à une cérémonie d’hommage et de recueillement organisée par la LDH. Lu dans La Voix du Nord :

“15h15, place de la République. Tandis que l’émotion transpire sur ces lieux déjà témoins d’autres drames récents aux mêmes relents écœurants, un groupe d’extrême droite traverse le boulevard de la Liberté. Ils brandissent une banderole sur laquelle sont inscrits ces mots en lettres noires : « Expulsons les islamistes ! » Le poing levé, ils vocifèrent insultes et menaces. La tension monte. Après un bref instant de surprise, des dizaines de manifestants se précipitent au devant des provocateurs. « Dehors les fachos ! » Le slogan résonne haut et fort. Des policiers équipés façon Robocop se glissent entre les deux groupes pour éviter le pire. Les identitaires sont dépassés. Acculés près de l’entrée du métro.”

Un événement similaire a eu lieu à Metz. Dès ce matin, voici le genre d’images qu’on pouvait trouver sur Synthèse nationale, suivi dans la journée d’un communiqué haineux de Carl Lang, président du Parti de la France :

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Philippe de Villiers n’a pas été en reste :

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Demain samedi à Verdun et à Nantes, rendez-vous antifascistes

2015-11-13_tavernedethor_verdunDemain samedi 14 novembre à Verdun aura lieu une manifestation contre la Taverne de Thor, lieu de rendez-vous néonazi situé en Moselle. RDV donc à 14 heures au parc de Londres. Télécharger le tract : tractA5-verdun- 14novembre

12248154_917741324928708_5489707934669198615_oLe même jour, une manifestation aura lieu à Nantes contre le racisme, quelques jours après l’agression violente contre un squat de migrants. RDV à 14 heures place du Bouffay.