Laurent Dauré (UPR) donne des leçons de rationalisme

Laurent Dauré (UPR, Acrimed), collabore également à l’Union rationaliste. Dans un article repris avec l’autorisation de cette dernière sur le site du Grand Soir, il dénonce le mysticisme de la commissaire européenne Violeta Bulc, femme d’affaire et diplômée en chamanisme délivré en Ecosse par une école fondée par une gourou new age californienne, Peggy Dylan. Dauré, toujours prompt à pointer l’irrationalisme des autres, ne s’en est pourtant jamais pris à celui de son chef, François Asselineau, ni de certains de ses subordonnés, pourtant habitués des sorties conspirationnistes ou des interprétations extravagantes de l’histoire, entre autres. Le fait que son parti propose par ailleurs, s’il accède au pouvoir de “lancer une grande politique publique de médecines douces et alternatives” ne semble pas le déranger non plus. Il est vrai que tant que cela repose sur “des expertises médicales incontestables” (lesquelles ? pour quelles pratiques et quels produits ?)…

Michel Onfray soutient Jacques Sapir

Onfray (bis) : le philosophe pseudo-libertaire Michel Onfray a inauguré hier une rubrique hebdomadaire qu’il tiendra désormais sur France Culture, “Le monde selon Michel Onfray”. Dans le premier épisode, consacré à la polémique initiée par Jacques Sapir dans le petit milieu des souverainistes s’agissant d’une éventuelle alliance avec le FN, Onfray explique : “Je crois qu’il ne brouille pas les choses mais il les éclaircit. Ça me paraît extrêmement intéressant de pouvoir changer le schéma habituel, qui est un schéma classique du genre : on a la droite, on a la gauche […].” Tout en niant penser que la différence entre ces deux courants n’existe plus, Onfray se dit “fidèle” à la “mystique de gauche” qui au 19e siècle a sorti les enfants des mines contre la “gauche triviale qui ne veut pas forcément les idées de gauche mais qui veut le pouvoir”. Pour Onfray, “il y a une gauche et il y a une droite”, mais chacune est “coupée en deux”. Selon lui, “ce que propose Jacques Sapir, c’est d’associer une droite et une gauche qui ne s’entendent pas, alors que finalement, une autre droite et une autre gauche s’entendent. C’est-à-dire que quand vous distinguez la droite et la gauche, il faut couper la droite en deux : il y a une droite libérale et une droite antilibérale, et c’est la même chose avec la gauche […].” Alors que les deux premières s’entendent, les deux secondes n’y parviennent pas “alors que, nous dit Onfray, quand vous regardez dans l’histoire, vous vous apercevez que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon partagent nombre de positions”, notamment la défense de Syriza, les positions sur Poutine, l’euro, le libéralisme, la critique de François Hollande, la critique “anti-système” et le souverainisme. Partant de ce constat, Onfray conclut :

“On se dit que peut-être l’idée et bonne – et moi je pense qu’elle est bonne – de fédérer les souverainistes des deux bords. Le problème c’est : est-ce qu’on doit penser ces choses-là en termes de partis – ce que je ne crois pas – ou termes d’électeurs – ce que je crois ? S’il s’agit des partis, évidemment, on voit mal Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon signer des conventions communes ou avoir un candidat commun. Donc je pense qu’il ne faudrait pas tant s’intéresser à des partis qu’à des individus. Et un individu qui serait au-dessus des partis mais qui défendrait un souverainisme et qui serait capable de faire cette synthèse, je pense que cet individu aurait des chances de peser lourd dans une élection présidentielle”.

Migrants : au bal des faux-culs, le premier ministre finlandais Juha Sipilä

En Finlande, le premier ministre centriste Juha Sipilä, face à un afflux de migrants qui sature les structures d’accueil du pays, appelle les Finlandais à la solidarité et a décidé de donner l’exemple en proposant d’ouvrir à partir de janvier sa maison de campagne, capable d’accueillir selon lui trois ou quatre familles de migrants et située à Kempele, petite ville située à 500 km au nord d’Helsinki.

La maison de campagne du Premier ministre finlandais à Kempele. - Timo Heikkala/AP/SIPA
La maison de campagne du Premier ministre finlandais à Kempele. – Timo Heikkala/AP/SIPA

Proposition démagogique ? On peut se le demander, dans la mesure où Juha Sipilä gouverne dans le même temps avec l’appui d’une coalition comptant le parti d’extrême droite Les Vrais Finlandais, qui lui affiche une ligne souverainiste et anti-immigration et souhaite l’instauration de quotas limitant le nombre d’asiles accordés chaque année au même niveau que les années précédentes, soit entre 750 et 1 050. Début août, c’est un autre membre du gouvernement finlandais, le ministre de l’Intérieur Petteri Orpo, qui appelait à mieux surveiller les mouvements d’extrême droite, après que des violences néo-nazies aient suivi à une importante manifestation anti-raciste à Helsinki, qui elle-même se voulait une réaction aux déclarations d’un cadre des Vrais Finlandais qui a appelé sur Facebook à combattre le multiculturalisme. Une déclaration jugée “préjudiciable” à l’image de son parti par Timo Soini, son leader et ministre des Affaires étrangères.

Document : pour Michel Onfray, Marine Le Pen est “libertaire”

En pleine crise migratoire et en plein retour en force du souverainisme dont nous essayons sur ce site de cerner les contours, il est bon de rappeler ce que disait Michel Onfray, pseudo-libertaire, il y a un an sur RTS (Radio-Télévision suisse) le 27 août 2014, à propos des souverainistes et du souverainisme :

“ces gens-là ils sont majoritaires dans la population et minoritaires dans leur représentation. Et je pense que quand on s’aliène, quand on se vend, quand on renonce à sa souveraineté nationale au profit d’une souveraineté européenne, et bien effectivement, on renonce à la liberté, on n’aime pas la liberté quand on demande à Bruxelles de décider de notre ligne politique. […] Ceux qui veulent recouvrer la liberté, je les appelle des “libertaires”, donc ça va chez nous en France de Marine Le Pen à Mélenchon en passant par l’aile gauche du parti socialiste et l’aile gauche de l’UMP, ça fait beaucoup de monde en France.”

Interrogé sur la xénophobie de certains partis souverainistes comme en Suisse celui de l’Union démocratique du Centre (UDC), à la question de savoir si le rejet des étrangers était un risque à courir, Onfray a répondu :

“considérer que la totalité des flux d’immigration du monde ne peuvent pas se trouver concentrés dans les pays d’Europe, ce n’est pas ne pas aimer les étrangers. On peut simplement vouloir protéger un pays ou une Europe, qui elle est impliquée dans une mondialisation, et ça peut être une façon de défendre son économie et son peuple. Je ne pense pas que ce soit une occasion de ne pas aimer les étrangers que de défendre son peuple en disant que nos ouvriers puissent travailler, que les familles puissent avoir de l’argent parce qu’il y aura un travail, etc. Ce n’est pas détester les étrangers, ça.”

Pauvre philosophe, qui ignore que la majorité des migrations se font dans un sens Sud-Sud et pas Sud-Nord ! Merci au lecteur qui nous a déterré cette perle, démontrant encore s’il en était besoin que Michel Onfray n’a rien d’un libertaire, mot dont il ne semble même plus comprendre le sens réel.

La rentrée de la Puy-du-Fou Académie

Source : Ouest-France
Source : Ouest-France

Au Puy-du-Fou aussi c’est la rentrée : le parc à thème fondé par Philippe de Villiers et aujourd’hui repris par son fils Nicolas vient d’ouvrir une école privée hors contrat, la Puy-du-Fou Académie (sic). Mixte, elle accueille cette année une cinquantaine d’élèves, de la maternelle au CM2, surtout vendéens et à 40 % puyfolais (membres bénévoles de l’association du Puy-du-Fou) avec pour ambition d’offrir une “formation artistique d’excellence”. L’enseignement, qui se veut conforme aux programmes de l’éducation nationale et “aconfessionnel” selon le site du Puy-du-Fou, insistera en particulier sur l’histoire et l’anglais. Même si le directeur administratif, François Durand, a indiqué à Ouest-France qu’« il ne s’agit pas de former des enfants en fonction des besoins du Puy du Fou”, le site officiel du parc, lui, précise que les élèves se prépareront ainsi à relever les défis artistiques du Puy du Fou dans les décennies à venir. L’uniforme y est de rigueur : il coûte 170 euros et ressemble à celui de Harry Potter, comme le note malicieusement Ouest-France. Les frais de scolarité s’élèvent quant à eux à 90 euros par mois sur dix mois afin de “ne pas représenter un obstacle”, selon une plaquette de présentation du projet. Les bâtiments étant encore en rénovation, les premiers cours se donnent dans des préfabriqués, que les élèves ont rejoints en petit train touristique lors de la cérémonie d’ouverture. La devise de l’école, “deviens ce que tu es” rappelle furieusement celle des campagnes de communication de l’armée de terre, “devenez vous-même”. D’ailleurs, le directeur pédagogique de l’établissement, Philippe de Beauregard, est aussi colonel dans l’armée de terre et formateur des officiers et sous-officiers à Saint-Cyr. Les classes de CM1 et CM2 doivent être ouvertes l’année prochaine et celle d’après, puis ensuite celles du secondaire. “On ne s’étonne plus de rien en Vendée, a déclaré de son côté Jean-Jacques Bobin, co-secrétaire départemental du syndicat Snuipp-FSU 85, à 20 Minutes. Cette école a un côté communautaire qui interroge, forcément. Les enseignements seront peut-être de qualité, mais l’objectif final me paraît plus enfermant pour l’enfant que l’inverse. Le monde est un peu plus ouvert que le seul site du Puy du Fou, même si ce dernier est une réussite. On est loin de l’école pour tous que nous défendons. » Ça promet !

La Cocarde étudiante, syndicat étudiant de droite souverainiste

Logo martial pour le nouveau syndicat, qui n'est pas sans rappeler celui de la Bac du 92.
Logo martial pour le nouveau syndicat, qui n’est pas sans rappeler celui de la Bac du 92.

La Cocarde étudiante, syndicat étudiant souverainiste fondé en mai dernier, fait sa rentrée. Ses membres se définissent comme “souverainistes et profondément gaullistes” et la nouvelle organisation se veut un “rassemblement indépendant de tous les étudiants patriotes aspirant à la liberté”. Elle regroupe selon les dires de ses responsables 200 étudiants parmi lesquels de nombreux sympathisants des Républicains, du FN et de Debout la France (DLF), et table sur 400 d’ici à fin septembre. Il compte seize sections, dont cinq à Paris. Fondé par d’ex-militants de l’Uni, il est présidé par Maxime Duvauchelle, son président – un ancien de l’Uni et de l’UMP version Droite populaire (courant de l’UMP proche de la droite radicale) et proche de militants FN, dont Kelly Betesh, responsable du syndicat à l’université Paris-Descartes. Les deux avaient d’ailleurs réveillonné ensemble au Nouvel An dernier, tandis que de Florian Philippot avait fait un pasage éclair à la soirée. Interrogé par le journal La Croix, Alexandre Loubet, le tout nouveau président de Debout les jeunes, proche de Dupont-Aignan, se réjouit de l’initiative : “A priori, nous ne pouvons qu’encourager la création d’un syndicat étudiant souverainiste”, explique celui qui attend de savoir “quelles sont les propositions concrètes de La Cocarde étudiante”. Et que ce soit chez les Républicains ou DLF, les proximités avec le FN ne dérangent pas vraiment : “Cela ne nous pose pas de problème qu’il y ait des adhérents du FN, mais l’organisation doit rester indépendante et nous prendrions nos distances si elle s’en rapprochait trop”, ajoute Alexandre Loubet. Des encouragements partagés au FN, toujours selon La Croix : « On n’est pas là pour bloquer la création d’une structure souverainiste et patriote, bien au contraire, s’est contenté d’avancer Gaëtan Dussausaye. Le directeur du Front national de la jeunesse est persuadé quavec les nouvelles générations « tous les souverainistes et patriotes pourront effectuer un travail collectif sur leurs sujets communs. » Florian Philippot aussi a apprécié :2015-09-05_Philippot_CocardeLe syndicat ne fonctionne selon les dires de son président que sur ses cotisations, ainsi que sur “des dons privés”. Ses propositions sont proches de celles de l’Uni et affirment une claire ligne libérale, quoiqu’il s’en défende :  sélection à l’entrée à l’université, accroissement de l’autonomie des universités (un modèle pourtant en partie promu aussi par les instances européennes), hausse du numerus clausus en médecine et augmentation du budget de la recherche, combat contre “l’égalistarisme” que prôneraient selon lui les institutions européennes, entre autres. Et à côté de De Gaulle, le syndicat cite aussi Eric Zemmour comme figure intellectuelle de référence. Parallèlement, alors que le FN, qui a créé un “collectif Marianne” à destination de la jeunesse n’avait plus tenté de monter un syndicat depuis très longtemps, un groupe d’étudiants marinistes essaie en ce moment de se faire reconnaître à Sciences-Po Paris, toujours selon La Croix.

L’Obs interviewe Edouard Limonov

“BibliObs”, la rubrique “livres” du site de L’Obs, a publié ce 29 août une interview complaisante de l’écrivain russe Edouard Limonov, dont les idées ont nourrit les thèses d’Alexandre Douguine sur l’eurasisme qui ont aujourd’hui une influence certaine auprès de toute une partie de l’extrême droite européenne. Fondateur du Parti national-bolchevique en 1993 puis de la coalition d’opposition L’Autre Russie en 2006, l’homme y est présenté comme “poète, écrivain, activiste, homme politique, impérialiste russe –mais pas nationaliste étroit–, c’est un «extrémiste», un radical, de gauche et de droite à la fois”, soit exactement ce qu’il veut qu’on entende de lui, lui qui explique : “Je ne suis ni de droite ni de gauche. Mon premier parti était moitié de droite, moitié de gauche. C’était une nouveauté dans le monde idéologique.” Rappelons à ce sujet que dans les années 1990, Limonov avait participé à la rédaction de L’Idiot international, journal animé par Jean-Edern Hallier qui accueillait des contributeurs tant de gauche (surtout issus du PCF et de la CGT) que d’extrême droite, dans le  but déjà de tisser des liens entre ces deux courants. Ceci dit, l’interview est intéressante en ce qu’elle montre le danger de l’idéologie véhiculée par Limonov, qui prône ouvertement la reconquête par la guerre des territoires perdus après la chute de l’Union soviétique et qui reconnaît que L’Autre Russie a envoyé des combattants au Donbass : “Je l’ai dit dès 1992: nous avons laissé hors de Russie 27 millions de Russes et un jour nous devrons les réunifier avec la Russie les armes à la main. Et nous devrons aussi prendre les villes du nord du Kazakhstan, qui sont des villes russes.” Pour lui, l’Ukraine est donc un pays qui colonise des territoires russes. Accusant Poutine de lui voler ses idées, l’écrivain ne porte pas dans son cœur le maître du Kremlin qu’il définit comme “l’ennemi du Donbass” qui “veut arrêter cette guerre”. Une absurdité même pas relevée par le journaliste, quand on sait à quel point les séparatistes sont soutenus par l’armée russe… D’ailleurs Limonov reconnaît lui-même l’influence du FSB (les services secrets russes héritiers du KGB) dans ce conflit, dont il affirme qu’il aurait expulsé des membres de L’Autre Russie de la région. Il explique aussi que ce conflit a rendu Poutine populaire… dans un tel contexte, on ne voit pas bien pourquoi il voudrait y mettre fin, mais L’Obs n’a pas creusé la question. A propos du choix des habitants de la Crimée qui en 1991 ont voté à 54% pour l’indépendance de l’Ukraine, l’écrivain est catégorique : “C’était une escroquerie que de donner le droit de voter à des gens qui ne comprennent rien du monde.” Au passage, L’Obs n’a pas oublié de faire la promotion de l’ouvrage controversé qu’Emmanuel Carrère a consacré en 2011 à Limonov et dont ce dernier dit : “Je suis pragmatique : il a écrit un best-seller vendu dans une trentaine de pays, même au Japon. Et ce qui compte dans ma vie, ce sont les victoires. Avec l’aide de Carrère, fils d’une famille renommée, je suis arrivé à une place où je n’espérais pas arriver. Dans toutes les familles bourgeoises, dans toutes les bibliothèques. Tout cela me donne un plaisir malin.”

Source : bibliobs.nouvelobs.com/idees/20150827.OBS4864/edouard-limonov-poutine-utilise-mes-idees.html

Le Grand Soir présent au “Remue-méninges” du Parti de Gauche toulousain

C’est Maxime Vivas qui s’en vante lui-même sur le site du Grand Soir : “Le dimanche 30 août 2015 de 9 h à 10h15, un des ateliers du Remue-méninges du Parti de gauche réunissait à l’Université Jean Jaurès de Toulouse, devant un public nombreux, Danielle Simonnet, responsable nationale du PG et ex-candidate à la mairie de Paris, Sara Serrano, représentante de la Tuerka (télé de Podemos) Frédéric Lemaire d’Acrimed et d’Attac et moi-même pour Le Grand Soir.” Rappelons que Danielle Simonnet s’est illustrée dernièrement en accordant une interview à RT (Russia Today). Quant à Acrimed, qui participera le 11 septembre prochain à Lyon à un débat sur les médias et l’extrême droite organisé par le collectif Vigilance 69 contre l’extrême-droite, elle compte toujours parmi ses militants Laurent Dauré, cadre de l’UPR. Le Grand Soir sera aussi encore présent cette année à la Fête de L’Humanité, pour participer à des débats sur Cuba et le Venezuela. (Cliquer pour agrandir)2015-09-02_lgs_pg

Salon du livre de Caracas 2014 : quand Nicolas Maduro a servi la soupe à Michel Collon

Michel Collon a publié le 26 août une vidéo dans laquelle on voit Nicolas Maduro, président du Venezuela, vanter ses mérites lors du salon du livre de Caracas, le 23 mars 2014 : “Ce dixième salon du livre serait le 1er péché du livre Les 7 péchés (Les 7 péchés d’Hugo Chavez, sort en 2009, NDLR). Nous allons justement donner la parole à un invité étranger qui nous apporte ce livre extraordinaire, un livre qui nous permet de comprendre comment vous, les intellectuels d’Europe, avez réussi à capter l’essence rénovatrice du nouveau modèle que le Commandant Chavez a construit dans notre réalité”. Après cette introduction flatteuse, Maduro a interviewé Michel Collon, pour son plus grand bonheur. Ce dernier en a profité pour rappeler qu’il avait plusieurs fois rencontré Hugo Chavez, un homme dont il a vanté en retour “sa capacité à écouter et à apprendre de tout le monde”, expliquant que ce dernier l’avait encouragé “dans mes efforts pour engager la bataille médiatique internationale” contre “les mensonges [qui] préparent l’agression, la guerre, l’intervention, et ce pays est réellement l’objectif de cette armée du mensonge”. Ainsi, il a appelé à “renforcer” ladite bataille “avec les moyens modernes de communication et par une offensive plus coordonnée” et à “contre-attaquer sur le champ de bataille de l’ennemi”, qu’il nomme aussi “l’Empire”, en appelant à la construction d’une “union de résistance aux mensonges” et de “contre-information”. Michel Collon se rêverait-il en conseiller du prince ? Une chose est sûre en tout cas : ses propos sont ici clairement ceux d’un propagandiste, pas ceux d’un journaliste. “Et je suis ici avec mon ami Jean Araud (qui vit sur place depuis quarante ans et qui avait servi fin 2012 de source à la journaliste Meriem Laribi dite Andalounes dite Chavez, une partisane de Dieudonné, pour des reportages publiés dans Rue89 et le Cercle des Volontaires mais que Maduro ne semble pas connaître, NDLR) pour unir les forces du Venezuela, du Sud du Nord pour cette bataille.” Rien que ça ! Autre chose : on apprend dans cet entretien que de son propre aveu “originaire de la grande bourgeoisie bruxelloise” mais qu’il avait “décidé de changer de vie” en devenant “ouvrier, puis plus tard syndicaliste”. Collon a expliqué, citant Araud qui pense la bourgeoisie vénézuélienne ne comprend rien à la situation du pays, qu’au contraire “un ouvrier, une mère vivant dans un quartier, un jeune qui ont reçu une bonne éducation à travers “Allo Presidente” (émission de discours fleuves de Chavez, NDLR) en savent beaucoup plus.” Le lendemain de la publication de cette vidéo, Investig’Action, le site de Michel Collon publiait une interview de son collaborateur castriste Salim Lamrani (également contributeur du Grand Soir) pour promouvoir son dernier livre, Cuba : parole à la défense. (Cliquer pour agrandir)2015-09-02_collon_maduro

Violences d’extrême droite en Ukraine

Après les affrontements armés suscités par les milices de Pravyi Sektor (Secteur droit) en juillet, les violences de l’extrême droite s’intensifient en Ukraine. Hier, des affrontements avec les forces de l’ordre ont fait 141 blessés et deux policiers ont été tués (voir ici, et ). Les nationalistes s’opposent à un projet de décentralisation visant à donner plus d’autonomie aux régions de l’Est en état de rébellion et qui sont soutenues par le Kremlin, en vue de se diriger vers un apaisement sinon une résolution du conflit. Les militants du parti Svoboda, issu d’une tradition néo-nazie mais qui tente ces dernières années de se donner une image respectable, étaient apparemment très présents dans ces manifestations. Selon Le Monde, “A l’intérieur de la Rada (parlement ukrainien, NDLR), au même moment, les six élus de ce parti, mais aussi ceux du populiste Oleh Liachko, théoriquement membre de la coalition gouvernementale, tentaient d’empêcher le vote du texte en occupant le podium de l’Assemblée”. Si aujourd’hui il se fait déborder par ces franges radicales, il n’en reste pas moins que le pouvoir en place en Ukraine entretient un rapport ambigu à son extrême droite. D’obédience conservatrice et libérale, il tolère par exemple dans les rangs de ses forces militaires des unités arborant des insignes néo-nazis, parfois coupables de crimes de guerre, comme le bataillon Azov.