Jean-Luc Mélenchon : “Nous préférons la France à tout autre chose”

Dimanche dernier, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de “C Politique” sur France 5. A propos de la crise des migrants, il a déclaré que s’il fallait les accueillir, on ne pourrait le faire sur la durée :

“Les gens nous devons les accueillir pour la raison qu’il n’y a aucune autre solution rationnelle […]. On ne peut faire autrement que notre devoir humain […]. Et j’adjure que tout le monde comprenne que la loi du cœur est la bonne dans ce cas. Mais après comme responsable politique, on ne doit pas se moquer des gens. Cette année, le gouvernement allemand dit qu’il va accueillir 800 000 réfugiés. Supposons qu’il le fasse réellement […]. Et l’année suivante ? Accueilleront-ils 800 000 personnes de plus ? Et l’année d’après ? Ce n’est pas sérieux. Nous ne pouvons pas faire face à la situation avec de telles méthodes. Il faut donc dissuader les gens de partir en leur donnant des raisons de rester. C’est à dire qu’il faut que nous assumions nos responsabilités. C’est l’Europe avec les Etats-Unis qui ont déclenché la guerre d’Irak qui a déclenché une pagaille gigantesque. C’est l’Europe qui a entretenu les troubles d’opposition qui ont emmené la guerre en Syrie. […] Par conséquent, il faut maintenant arrêter cette politique-là, traiter les causes, parce que nous ne seront pas capables d’accueillir des vagues humaines de cette ampleur. […] Ce qui sont là, nous ne les rejetterons pas à la mer. Mais il est urgent d’arrêter l’hémorragie qui fait que ces gens sont obligés de partir. Donc débrouillons-nous pour faire la paix en Syrie.”

Et d’en appeler pour ce faire à rouvrir des discussions avec Bachar Al-Assad, à l’instar de ce que fait Poutine, en vue d’imposer un “gouvernement d’union nationale” qui réunirait, si on le suit, des partisans de Bachar et “tous les démocrates de ce pays”. Et qui devrait imposer un tel gouvernement ? “Nous puissances occidentales”. Colonialisme, quand tu nous tiens… Par ailleurs, sur la question de l’Europe et de l’euro, le leader du Parti de gauche a déclaré : “Nous préférons la France à tout autre chose, et le diable l’emporte qui n’est pas avec nous. La France, notre indépendance, notre liberté, la démocratie. Ce sont des valeurs fondamentales de l’Europe, elles ont disparu du rêve européen.” Enfin, à la question de savoir qui était le plus à même de battre Marine Le Pen, il a modestement répondu : “Moi, parce que je suis ce qui est le plus le contraire. Et par conséquent, c’est ce qui est le plus respectueux de l’intelligence des Français.” Et comme conseil de lecture pour la rentrée, le livre de Jean-Christophe Cambadélis (PS) : “Celui de Camba est intéressant et bien écrit. Évidemment je suis en désaccord complet, mais je pense que ça vaut la peine pour bien comprendre le parti socialiste d’aller lire le dernier des Mohicans, le dernier qui croit à la social-démocratie.” Voir quelques tweets de Jean-Luc Mélenchon pendant cette émission (cliquer pour agrandir) :

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