Le système Soral : “un livre à ne pas lire”, selon Jean Bricmont

systèmesoralQuand Jean Bricmont déconseille un livre, c’est en général plutôt un compliment pour ses auteurs. C’est le cas de celui de Robin d’Angelo et Mathieu Molard sur le système Soral, “un livre à ne pas lire” selon le physicien belge, qui explique pourquoi sur les sites de l’Agence Info libre ou de Sylvia Cattori (Arrêt sur Info). Le livre ne serait ainsi “qu’un ramassis de ragots, vrais ou faux (sic), je n’en sais rien, n’étant pas familier de ce qu’ils appellent la « fachosphère », mais sans le début du commencement d’un argument […].” On notera au passage que Bricmont prétend critiquer un ouvrage à propos duquel il reconnaît lui-même ne pas maîtriser le sujet dont il traite, ce qui ne l’empêche pas d’affirmer que “c’est une accumulation de faits et de bouts de phrases tirées de leur contexte, qui valent condamnation, sans discussion. Exactement comme le livre antérieur (2011) « La galaxie Dieudonné » de Briganti, Déchaut et Gauthier.” Toujours en tête pour défendre l’UPR et son chef, il indique que “pour le peu que je puisse vérifier, leurs propos sont excessifs : l’UPR n’est pas un groupuscule et Asselineau n’est pas « complotiste »”, tandis que “les propos de Nicolas Bourgoin sont déformés”. Même Vincent Lapierre trouve grâce à ses yeux. “Pour le reste, c’est-à-dire le plus gros du livre, je ne peux pas juger des faits, poursuit le physicien. Alors que même la presse américaine « mainstream » parle ouvertement de la défaite du lobby pro-israélien dans l’affaire de l’accord avec l’Iran (ce qui suppose que ce lobby avait remporté des victoires auparavant), peut-on se demander si un tel lobby existe en France? Il semble que le simple fait que Soral en parle prouve son inexistence.” Bien entendu, s’agissant des interdictions de spectacles ou de livres, les auteurs “ne se posent jamais la question de la légitimité de ces interdictions ni de la possibilité que ces interdictions puissent porter atteinte à la liberté d’expression.” En bref, “ce livre illustre une réalité plutôt regrettable: ce qui se fait passer pour antiraciste et antifasciste en France a atteint de degré zéro de la pensée”, car “la question ici n’est pas de « défendre Soral » […] Il s’agit plutôt de défendre le droit de discuter sérieusement de certaines questions comme le rôle du lobby pro-israélien, la censure, ou la souveraineté nationale sans reductio ad hitlerum ou ad soralum.” Ce livre, sur lequel nous reviendrons, est le fruit d’un travail d’enquête de plusieurs mois au cours duquel les auteurs ont réalisé près de 200 interviews. Au-delà de la personne d’Alain Soral qui en est le fil conducteur, il propose une excellente synthèse sur le fonctionnement des réseaux soraliens, leur histoire et l’idéologie qu’ils véhiculent.