Michel Onfray soutient Jacques Sapir

Onfray (bis) : le philosophe pseudo-libertaire Michel Onfray a inauguré hier une rubrique hebdomadaire qu’il tiendra désormais sur France Culture, “Le monde selon Michel Onfray”. Dans le premier épisode, consacré à la polémique initiée par Jacques Sapir dans le petit milieu des souverainistes s’agissant d’une éventuelle alliance avec le FN, Onfray explique : “Je crois qu’il ne brouille pas les choses mais il les éclaircit. Ça me paraît extrêmement intéressant de pouvoir changer le schéma habituel, qui est un schéma classique du genre : on a la droite, on a la gauche […].” Tout en niant penser que la différence entre ces deux courants n’existe plus, Onfray se dit “fidèle” à la “mystique de gauche” qui au 19e siècle a sorti les enfants des mines contre la “gauche triviale qui ne veut pas forcément les idées de gauche mais qui veut le pouvoir”. Pour Onfray, “il y a une gauche et il y a une droite”, mais chacune est “coupée en deux”. Selon lui, “ce que propose Jacques Sapir, c’est d’associer une droite et une gauche qui ne s’entendent pas, alors que finalement, une autre droite et une autre gauche s’entendent. C’est-à-dire que quand vous distinguez la droite et la gauche, il faut couper la droite en deux : il y a une droite libérale et une droite antilibérale, et c’est la même chose avec la gauche […].” Alors que les deux premières s’entendent, les deux secondes n’y parviennent pas “alors que, nous dit Onfray, quand vous regardez dans l’histoire, vous vous apercevez que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon partagent nombre de positions”, notamment la défense de Syriza, les positions sur Poutine, l’euro, le libéralisme, la critique de François Hollande, la critique “anti-système” et le souverainisme. Partant de ce constat, Onfray conclut :

“On se dit que peut-être l’idée et bonne – et moi je pense qu’elle est bonne – de fédérer les souverainistes des deux bords. Le problème c’est : est-ce qu’on doit penser ces choses-là en termes de partis – ce que je ne crois pas – ou termes d’électeurs – ce que je crois ? S’il s’agit des partis, évidemment, on voit mal Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon signer des conventions communes ou avoir un candidat commun. Donc je pense qu’il ne faudrait pas tant s’intéresser à des partis qu’à des individus. Et un individu qui serait au-dessus des partis mais qui défendrait un souverainisme et qui serait capable de faire cette synthèse, je pense que cet individu aurait des chances de peser lourd dans une élection présidentielle”.