La rentrée de la Puy-du-Fou Académie

Source : Ouest-France
Source : Ouest-France

Au Puy-du-Fou aussi c’est la rentrée : le parc à thème fondé par Philippe de Villiers et aujourd’hui repris par son fils Nicolas vient d’ouvrir une école privée hors contrat, la Puy-du-Fou Académie (sic). Mixte, elle accueille cette année une cinquantaine d’élèves, de la maternelle au CM2, surtout vendéens et à 40 % puyfolais (membres bénévoles de l’association du Puy-du-Fou) avec pour ambition d’offrir une “formation artistique d’excellence”. L’enseignement, qui se veut conforme aux programmes de l’éducation nationale et “aconfessionnel” selon le site du Puy-du-Fou, insistera en particulier sur l’histoire et l’anglais. Même si le directeur administratif, François Durand, a indiqué à Ouest-France qu’« il ne s’agit pas de former des enfants en fonction des besoins du Puy du Fou”, le site officiel du parc, lui, précise que les élèves se prépareront ainsi à relever les défis artistiques du Puy du Fou dans les décennies à venir. L’uniforme y est de rigueur : il coûte 170 euros et ressemble à celui de Harry Potter, comme le note malicieusement Ouest-France. Les frais de scolarité s’élèvent quant à eux à 90 euros par mois sur dix mois afin de “ne pas représenter un obstacle”, selon une plaquette de présentation du projet. Les bâtiments étant encore en rénovation, les premiers cours se donnent dans des préfabriqués, que les élèves ont rejoints en petit train touristique lors de la cérémonie d’ouverture. La devise de l’école, “deviens ce que tu es” rappelle furieusement celle des campagnes de communication de l’armée de terre, “devenez vous-même”. D’ailleurs, le directeur pédagogique de l’établissement, Philippe de Beauregard, est aussi colonel dans l’armée de terre et formateur des officiers et sous-officiers à Saint-Cyr. Les classes de CM1 et CM2 doivent être ouvertes l’année prochaine et celle d’après, puis ensuite celles du secondaire. “On ne s’étonne plus de rien en Vendée, a déclaré de son côté Jean-Jacques Bobin, co-secrétaire départemental du syndicat Snuipp-FSU 85, à 20 Minutes. Cette école a un côté communautaire qui interroge, forcément. Les enseignements seront peut-être de qualité, mais l’objectif final me paraît plus enfermant pour l’enfant que l’inverse. Le monde est un peu plus ouvert que le seul site du Puy du Fou, même si ce dernier est une réussite. On est loin de l’école pour tous que nous défendons. » Ça promet !