Salon du livre de Caracas 2014 : quand Nicolas Maduro a servi la soupe à Michel Collon

Michel Collon a publié le 26 août une vidéo dans laquelle on voit Nicolas Maduro, président du Venezuela, vanter ses mérites lors du salon du livre de Caracas, le 23 mars 2014 : “Ce dixième salon du livre serait le 1er péché du livre Les 7 péchés (Les 7 péchés d’Hugo Chavez, sort en 2009, NDLR). Nous allons justement donner la parole à un invité étranger qui nous apporte ce livre extraordinaire, un livre qui nous permet de comprendre comment vous, les intellectuels d’Europe, avez réussi à capter l’essence rénovatrice du nouveau modèle que le Commandant Chavez a construit dans notre réalité”. Après cette introduction flatteuse, Maduro a interviewé Michel Collon, pour son plus grand bonheur. Ce dernier en a profité pour rappeler qu’il avait plusieurs fois rencontré Hugo Chavez, un homme dont il a vanté en retour “sa capacité à écouter et à apprendre de tout le monde”, expliquant que ce dernier l’avait encouragé “dans mes efforts pour engager la bataille médiatique internationale” contre “les mensonges [qui] préparent l’agression, la guerre, l’intervention, et ce pays est réellement l’objectif de cette armée du mensonge”. Ainsi, il a appelé à “renforcer” ladite bataille “avec les moyens modernes de communication et par une offensive plus coordonnée” et à “contre-attaquer sur le champ de bataille de l’ennemi”, qu’il nomme aussi “l’Empire”, en appelant à la construction d’une “union de résistance aux mensonges” et de “contre-information”. Michel Collon se rêverait-il en conseiller du prince ? Une chose est sûre en tout cas : ses propos sont ici clairement ceux d’un propagandiste, pas ceux d’un journaliste. “Et je suis ici avec mon ami Jean Araud (qui vit sur place depuis quarante ans et qui avait servi fin 2012 de source à la journaliste Meriem Laribi dite Andalounes dite Chavez, une partisane de Dieudonné, pour des reportages publiés dans Rue89 et le Cercle des Volontaires mais que Maduro ne semble pas connaître, NDLR) pour unir les forces du Venezuela, du Sud du Nord pour cette bataille.” Rien que ça ! Autre chose : on apprend dans cet entretien que de son propre aveu “originaire de la grande bourgeoisie bruxelloise” mais qu’il avait “décidé de changer de vie” en devenant “ouvrier, puis plus tard syndicaliste”. Collon a expliqué, citant Araud qui pense la bourgeoisie vénézuélienne ne comprend rien à la situation du pays, qu’au contraire “un ouvrier, une mère vivant dans un quartier, un jeune qui ont reçu une bonne éducation à travers “Allo Presidente” (émission de discours fleuves de Chavez, NDLR) en savent beaucoup plus.” Le lendemain de la publication de cette vidéo, Investig’Action, le site de Michel Collon publiait une interview de son collaborateur castriste Salim Lamrani (également contributeur du Grand Soir) pour promouvoir son dernier livre, Cuba : parole à la défense. (Cliquer pour agrandir)2015-09-02_collon_maduro