Succès d’une manifestation antiraciste en Finlande, mais violences néo-nazies

En Finlande, une quarantaine de militants néo-nazis du Mouvement de résistance finlandais (SVL) on manifesté le 1er août à Jyväskylä, une ville du centre du pays. Une trentaine d’entre eux a été arrêtée suite à des violences perpétrées contre la population, nous apprend Le Monde. Le journal du soir indique que cette manifestation avait été organisée en réaction au franc succès rencontré quatre jours auparavant par une manifestation antiraciste à Helsinki :

“Ces incidents surviennent quatre jours après une manifestation en faveur du multiculturalisme qui a rassemblé plus de 10 000 personnes dans la capitale, Helsinki. Les manifestants s’étaient mobilisés en réaction aux propos d’un député des Vrais Finlandais — la droite populiste au pouvoir au sein d’une coalition — qui a écrit sur Facebook qu’il « rêv[ait] d’une nation forte et brave qui allait vaincre ce cauchemar appelé multiculturalisme ».”

Suite à ces événements ministre de l’Intérieur finlandais Petteri Orpo a selon Reuters affirmé la nécessité de de mieux surveiller ces mouvements. Une position non dénuée d’hypocrisie, puisqu’il participe à un gouvernement d’alliance avec les Vrais Finlandais.

Le groupe punk La Souris Déglinguée donne un concert avec un groupe de rock identitaire

2015-08-02_fnjvar_lsd_inmemoriam Le groupe punk La Souris déglinguée (LSD) a donné un concert vendredi aux  Arènes de Fréjus à l’invitation de La Patrouille de l’Evénément, une entreprise d’événementiel tenue par Minh Tran Long, ancien mercenaire d’extrême droite connu pour avoir été militant chez les néo-nazis de la FANE et proche du GUD,  et travaillant en délégation de service public pour la mairie FN de Fréjus, sous un prétexte humanitaire cher à l’extrême droite : le soutien au peuple Karen persécuté par le pouvoir birman. Jusqu’au dernier moment, le nom de la première partie a été gardée secrète, et pour cause : il s’agissait du groupe de rock identitaire français In Memoriam (qui avait tout de même annoncé ce concert sur Facebook dès le 3 juillet, bien que ce soit passé inaperçu). Si LSD existe depuis 1976, In Memoriam s’est lui formé en 1994. En 1999, en pleine guerre de Yougoslavie, il a donné des concerts à Belgrade en soutien aux troupes serbes. Si le groupe s’est séparé au début des années 2000, c’est pour mieux se reformer 2012, à l’occasion d’un concert à l’invitation du mouvement néo-fasciste italien Casapound. L’année dernière à Paris, le groupe a réuni environ 1000 personnes. Selon la presse locale, dans la journée, la mairie de David Rachline s’est déclarée “pas au courant” mais “fidèle à l’esprit Charlie et “pour la liberté d’expression et la liberté artistique”, tandis que l’organisateur n’y voyait “rien de provocateur”. L’ouvrage Rock Haine Roll paru en 2004 aux éditions No Pasaran décrit le groupe ainsi : “Loin de son image prétendument modérée, In Memoriam est avec Fraction et Insurrection le groupe le plus engagé dans l’action politique de terrain. Plusieurs de ses membres ont un solide passé de militants derrière eux, que ce soit dans la mouvance GUD du milieu des années 1990, au FNJ à la même époque, au FN puis au MNR ou au MNJ” Le concert s’est terminé par une rixe, et de nombreux fans de LSD sont venus protester sur sa page Facebook. Le groupe punk a préféré en retirer tous les commentaires. Nous avons cherché à le joindre pour en savoir plus, et notamment pourquoi il na pas annulé sa prestation en apprenant qui allait jouer e première partie, mais il ne nous a pas répondu pour le moment. Notons tout de même qu’en 2012, il avait accepté de jouer à un concert organisé par les Bad Gones, groupe de supporters lyonnais ultranationalistes voire néo-nazis (voir ici : http://lc.cx/Zn3x). Sur cette affaire, on peut  lire les articles parus dans la presse (ici, ici et ) et, sur In Memoriam, ceux de REFLEXes (ici et ). En guise de réponse, on peut aussi se remémorer cette chanson des Dead Kennedys :

Pour Le Parisien, le Mouvement du 14-Juillet est “libertaire” et “révolutionnaire”

Dans un article relatant que la mairie de Paris a demandé, avec semble-t-il beaucoup moins d’enthousiasme que s’il s’agissait d’un camp de migrants, l’expulsion du campement du Mouvement du 14-Juillet, Le Parisien, qui visiblement maîtrise son sujet, a qualifié cette bande de réactionnaires complotistes de “révolutionnaires” et de “libertaires”. Sans commentaire… Cliquer pour agrandir :

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Lire, écouter, voir : des ressources sur la Première guerre mondiale

A l’occasion du 101e anniversaire du déclenchement de la Première guerre mondiale, une sélection d’ouvrages et de films offrant un regard à la fois historique et critique sur ce conflit et sa mémoire, accompagnée d’émissions de radio.

Le camp de Bure, du 1er au 10 août

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Hier a commencé le camp de Bure (Meuse), lieu de débat anti-capitaliste et anti-autoritaire. A noter que le 6 août dans l’après-midi s’y tiendront des débats sur l’extrême droite, le confusionnisme et les théories du complot. Plus globalement, le camp abordera des thèmes aussi variés que l’écologie, le féminisme, les luttes LGBTI, les luttes des migrants, la solidarité internationale, la lutte contre la répression, les pratiques militantes. Il se situe dans le cadre du mouvement de protestation contre le projet de site d’enfouissement de déchets radioactifs prévu sur la commune. Le programme est accessible sur son site.

Stockholm : la Gay Pride d’extrême droite fait un bide

La “Pride Järva”, Gay Pride d’extrême droite qui s’est tenue le 29 juillet à Stockholm et dont nous vous parlions il y a quelques jours, n’a au final réuni qu’une vingtaine de personnes agitant mollement des drapeaux arc-en-ciel au son d’une sono diffusant du disco et montée sur un diable. Pour tout dire, les journalistes étaient plus nombreux que les manifestants. La manifestation, escortée par quelques policiers, a pu se dérouler dans le calme et n’a donné lieu à aucun affrontement avec les habitants des quartiers populaires qu’elle a traversés au pas de course. Rappelons que cette soi-disant Gay Pride avait pour but de venir provoquer les habitants de ces quartiers, présentés par les organisateurs comme majoritairement musulmans et donc homophobes. De son côté, le contre-rassemblement organisé par la gauche radicale et les associations LGBTI a réuni entre 100 et 200 personnes.

Jan Sjunnesson, cadre du parti d'extrême droite Les Démocrates suédois, a dirigé le cortège. (Capture d'écran YouPlay.se via Metro.se)
Jan Sjunnesson, cadre du parti d’extrême droite Les Démocrates suédois (au centre avec un chapeau rose), a dirigé le cortège. (Capture d’écran YouPlay.se via Metro.se)

Manifestations en Israël contre les violences d’extrême droite

Le blog de Memorial98 rapporte que de nombreuses manifestations se sont tenues hier soir en Israël contre la violence d’extrême droite à l’endroit des Palestiniens, suite à la mort d’un jeune enfant dans l’incendie criminel de sa maison perpétré par des colons. Les cortèges ont rejoint ceux protestant contre l’attaque de la Gay Pride de Jérusalem par un fanatique religieux ultra-orthodoxe, qui a poignardé six personnes. D’autres manifestations se sont déroulées ce dimanche, après l’annonce de la mort de Shira, jeune lesbienne de 16 ans décédée des suites de ses blessures.

Violences d’extrême droite en Israël

Comme on l’a appris ces derniers jours, des fanatiques religieux juifs et nationalistes israéliens s’en sont pris à une manifestation homosexuelle et à une famille palestinienne. Six personnes ont ainsi été poignardées lors de Gay Pride de Jérusalem par un militant juif ultra-orthodoxe, tandis qu’un jeune enfant palestinien est mort dans l’incendie de sa maison perpétré par des colons israéliens. Ce dernier acte a été qualifié de “terroriste” par Benyamin Netanyahou et plusieurs membres de son gouvernement, qui pourtant ne sont pas en reste s’agissant d’attiser les flammes nationalistes et racistes. D’ailleurs, deux adolescents palestiniens ont été tués par l’armée israélienne lors des manifestations qui ont suivi. Rappelons qu’Israël a aussi été en proie ces derniers mois à des manifestations de juifs éthiopiens manifestant contre les discriminations qu’ils subissent. Enfin, Arabes israéliens, militants de gauche et militants pour la paix sont eux aussi régulièrement victimes des attaques de l’extrême droite israélienne, comme le rappelle Memorial 98. Face à la haine, nous ne pouvons que souhaiter que convergent les luttes des groupes dominés de la société israélienne et que s’exprime en leur sein une vraie solidarité à l’égard des Palestiniens. En effet, seule la solidarité internationale permettra de sortir un jour d’un conflit qui n’en finit pas et qui contribue à augmenter le degré de violence globale au sein des sociétés concernées, dont sont d’abord victimes les groupes dominés : classes populaires, minorités ethniques, homosexuels, malades et handicapés, femmes et enfants.

Pendant que les camps de migrants sont évacués, le Mouvement du 14-Juillet campe aux Invalides

Alors qu’un peu partout dans le Nord et l’Est de Paris, aucun répit n’est laissé aux migrants dont les camps sont démantelés les uns après les autres et dont les manifestations sont violemment réprimées, les restes du Mouvement du 14-Juillet, composés eux de petits bourgeois chauvins et quenelliers, peuvent tranquillement camper en plein quartier bourgeois et touristique, place des Invalides. Vous avez dit “deux poids, deux mesures” ?

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