Formation militaire d’enfants par le bataillon Azov en Ukraine : un oubli d’Arte Journal

Hier soir, Arte Journal a diffusé un reportage sur un camp militaire pour enfants et adolescents géré par le ministère de l’Intérieur ukrainien et accueillant pendant les vacances des centaines de jeunes qui y suivent une formation au maniement de armes et au combat. Mais ce que n’a pas mentionné Arte, c’est la nature de l’unité qui encadre cette drôle de colonie de vacances. En effet, le bataillon Azov, dont le nom n’a été mentionné que dans un bandeau présentant l’un des formateurs interviewés, a été intégré à l’armée régulière ukrainienne depuis septembre dernier mais reste surtout connu pour ses crimes commis dans l’Est du pays, condamnés y compris par l’Onu, et pour ses sympathies néo-nazies. D’ailleurs, les insignes du bataillon arborant des symboles SS ainsi que son nom sont omniprésents dans le campement filmé par Arte, de même que sur les t-shirts dont sont revêtus les enfants. Du coup, cet oubli de la chaîne franco-allemande, qui suit de prêt ce conflit depuis ses débuts, est  incompréhensible, d’autant que la mention cette information aurait apporté un éclairage essentiel sur le sujet.

L'insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d'écran Arte Journal)
L’insigne du bataillon Azov, avec sa Wolfsangel, décore le parcours du combattant. (Capture d’écran Arte Journal)

Même si aux élections législatives d’octobre dernier l’extrême droite représentée essentiellement par le parti Svoboda n’a obtenu qu’un faible score, il n’en reste pas moins que le gouvernement de Petro Porotchenko, à dominante conservatrice et libérale, tient une ligne nationaliste et continue d’entretenir des liens ambigus avec l’extrême droite la plus radicale, à laquelle il ne cesse de donner le change, que ce soit en votant des lois négationnistes ou en tolérant les insignes nazis dans les rangs de ses forces miliaires et notamment au sein du bataillon Azov, qui compte de nombreux volontaires étrangers. Comme l’a noté d’autre part Arte, le gouvernement aurait même souhaité intégrer aux troupes régulières les milices du groupe ultranationaliste Parvyi Sektor. Malheureusement pour lui, ce dernier l’accuse de trahison et n’hésite plus à combattre les armes à la main les forces gouvernementales. Un conflit de plus dans une guerre qui n’en finit plus, et dont les premières victimes sont les populations civiles.