Nadine Morano invoque les deux guerres mondiales pour dénigrer les migrants

La haine anti-migrants ne semble plus connaître de limites à droite et à l’extrême droite, où on mobilise une batterie d’arguments tous les plus absurdes les uns que les autres pour cracher sur ces populations pourtant particulièrement vulnérables. Dernière en date : Nadine Morano, qui contre l’argument mettant en avant le fait que bien des migrants fuient des zones de guerres (guerres dans lesquelles la France est bien souvent loin d’être étrangère), estime que “c’est trop facile” : “Heureusement que nous n’avons pas fait pareil, nous, en 1939-1945 ou en 1914! Nous avons tous des aïeux qui reposent dans la terre de France, qui se sont battus pour la liberté et pour sauver la France. Alors moi je dis qu’il faudrait aussi que ces personnes, plutôt que de fuir parce que ça n’est pas la solution, se battent pour leur pays et qu’on les accompagne dans ce combat.” Pourtant, même Le Figaro pointe l’absurdité de l’argument, qui se “heurte à une réalité historique: c’est précisément à cette période que s’est produit l’un des mouvements de masse les plus importants du XXe siècle, appelé «l’exode de 1940». Quelque huit à dix millions de civils belges, hollandais, luxembourgeois et français fuient alors l’invasion du Benelux et d’une grosse moitié de l’Hexagone par l’armée allemande après la percée de Sedan, pendant la bataille de France. De même, et alors que la Résistance s’organisait principalement à Londres, de nombreux français tenteront de fuir l’occupation et les persécutions raciales en passant clandestinement en Espagne, en Suisse, vers la zone occupée par l’Italie et vers les États-unis.” Des fait pourtant balayés d’un revers de main par l’eurodéputée des Républicains, qui dit souhaiter la mise en place “d’un service public de la reconduite vers les pays d’origine mutualisé avec les pays européens où nous aurions une flotte aérienne.” : “Il ne faut pas tout confondre, ce sont surtout des déplacés qui circulaient de la France occupée vers la France libre! Nous avons combattu pour sauver notre pays”. Et pendant ce temps-là, des centaines de migrants meurent toujours en Méditerranée, tandis que d’autres errent dans Paris sans solutions de logement pérenne, ballottés de camp en camp et de foyer en foyer, trouvant parfois refuge dans un collège désaffecté, qu’on s’empresse de vouloir expulser. Une situation dont Marine Le Pen, qui souhaite aussi expulser les mineurs, fait ses choux gras, estimant, a contrario de tout bon sens, que “Nicolas Sarkozy porte une responsabilité historique dans l’aggravation des flux d’immigration clandestine dans notre pays” et trouvant que le peu de moyens mis à disposition des migrants sont déjà de trop : “Quelle honte ! Il y a des centaines de milliers de Français qui attendent un logement d’urgence, qui attendent un logement social”.