Le FN, parti des opprimés ? La preuve par Charles Beigbeder

Non, les ouvriers ne sont pas les seuls à voter FN et le FN n’est pas “le premier parti ouvrier de France”. Qu’importe : ce mythe, développé par le FN suite à un sondage qui en 1995 créditait de 30 % les intentions de vote pour la formation d’extrême droite chez les ouvriers, est aujourd’hui répandu par toute une clique d’intellectuels réactionnaires, qui malheureusement rencontrent des échos à gauche : Laurent Bouvet, Christophe Guilluy, Jacques Sapir ou Emmanuel Todd. Ce dernier expliquait par exemple il y a un an au journal Fakir que le succès du FN reposait sur l’alliance de “deux groupes de parias” : “les milieux populaires d’origine française” qui “sont exclus ou menacés dans leur emploi” et “les cadres du Front national” car “l’extrême droite, dans la tradition française, c’est marginal, à l’inverse de l’Allemagne”. Le même soutient d’ailleurs que « le FN ne parviendra pas au pouvoir, parce que les classes qu’il représente sont trop opprimées » et que “le vote Front national devient un marqueur social, celui des “basses classes”, un stigmate moral, et la bourgeoisie, les éduqués se refusent dès lors à voter Front national, ne serait-ce que pour se démarquer”. Ainsi selon Todd, “ne pas voter Front national est devenu un symbole social : « Je n’appartiens pas aux basses classes ».” C’est en effet tout à fait ce qu’a du se dire le grand patron Charles Beigbeder quand il a déclaré sa flamme au FN il y a quelques jours… apportant le preuve par trois qu’en effet, le parti des Le Pen représente les “classes opprimées” et ne saurait être soutenu par la bourgeoisie (ou au moins certaines de ses franges) ni compatible avec le capitalisme.