Le M’Pep devient le Parti de l’Emancipation du Peuple

Le M’Pep avait annoncé en début d’année un changement de nom. C’est désormais chose faite : le parti de Jacques Nikonoff s’appelle désormais Parti de l’Emancipation du Peuple (ex-M’Pep). Cette nouvelle dénomination est censée acter l’orientation “ni droite ni gauche ” désormais assumée de ce parti qui se définit comme “anticapitaliste et démondialisateur” qui tient à réaffirmer “la nécessité de restaurer la souveraineté nationale” et a pour ambition de représenter “les intérêts structurels des classes populaires et moyennes”, comme l’indique son communiqué en date du 21 juin dernier sur les raisons d’y adhérer. Le slogan ne laisse aucun doute quant à sa ligne nationaliste, le nouveau parti se sentant même obligé de devoir s’y distinguer du Front national, tant sa ligne peut prêter à confusion : “Démondialiser et sortir de l’Otan – Reconquérir la souveraineté nationale – ni Union européenne, ni euro, ni FN”. Sachant que s’agissant du FN, la seule chose qui semble déranger le nouveau parti est sa complaisance avec les institutions européennes et pas du tout son appartenance à l’extrême droite (un discours finalement assez proche de celui de l’UPR avec lequel le M’Pep est depuis deux ou trois ans en concurrence directe), puisqu’il s’agit de “dénoncer le double jeu politicien du Front national qui prétend vouloir sortir de l’euro et de l’Union européenne, et qui veut entrer dans le système dont il dit vouloir sortir par le biais du « Parlement » européen” (cf. son appel à contribution financière du 8 juin dernier). Enfin, tout comme le M’Pep, le nouveau parti se revendique d’un “socialisme du 21e siècle” et donc de l’héritage de Hugo Chavez. Sur l’histoire de cette formation et de sa dérive droitière, nous vous invitons à (re)lire l’article que nous lui avions consacré en janvier dernier.

Jean Bricmont s’interroge sur une éventuelle adhésion au Comité Orwell de Natacha Polony

Le 8 juillet dernier, Jean Bricmont s’interrogeait sur le Facebook du Gentil Virus Anthony Rêveur, un proche d’Etienne Chouard, sur une éventuelle adhésion au Comité Orwell, fondé à l’occasion des dix ans du “non” par la journaliste réactionnaire Natacha Polony, avec pour objectifs de promouvoir “ la liberté d’expression et le pluralisme des idées” et de défendre “la souveraineté populaire”. Sans commentaire… Cliquer pour agrandir :

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Revue de presse antifasciste, juillet 2015

A Brême en Allemagne, Valentin, un militant antifasciste, est en détention préventive, accusé de faits de violence dans le cadre d’affrontements contre des hooligans d’extrême droite. La Horde donne les détails de cette affaire en français. Il est aussi possible de se tenir au courant sur le site en allemand qui lui est consacré. Pendant ce temps en Espagne, des militants communistes partis combattre Daesh aux côtés des kurdes ont été inculpés pour terrorisme. Rappelons à cette occasion que l’Espagne a adopté ces derniers mois des lois renforçant drastiquement l’arsenal répressif (voir ici, , et ). Parallèlement, les violences fascistes continuent un peu partout. Il y a quelques jours, des membres du Gud ont ainsi été incarcérés pour avoir revendiqué sur Facebook l’agression de trois étudiants noirs à la sortie d’un bar de nuit lyonnais dans la nuit du 5 au 6 juin derniers. Une ratonnade qui n’a bien entendu pas empêché Bruno Gollnisch d’aller prendre l’apéro au bar parisien de l’organisation quelques jours après. S’agissant du FN et de son entourage, signalons aussi la rencontre Florian Philippot / Brigitte Bardot, preuve pour ceux qui en douteraient des liens persistents de cette dernière avec l’extrême droite, quoi qu’elle en dise. Enfin aux Etats-Unis, le Ku Klux Klan et les néo-nazis qui manifestent contre le retrait du drapeau confédéré des bâtiments officiels de Caroline du Sud, non sans opposition de la part des militants des droits civiques néanmoins. Au milieu de ces tristes nouvelles, à noter tout de même l’action réjouissante d’un groupe anarchiste qui est allé redécorer il y a quelques jours le local de l’Oeuvre française.

Mouvement du 14-Juillet : le gourou évincé

L’Agence Info libre annonce qu’Eric Fiorile, le chef de la Démosophie à l’origine du Mouvement du 14-Juillet, a été démis, semble-t-il avec son accord, de ses fonctions de porte-parole du fameux Conseil national de transition, pour des raisons d’image. Duarte Monteiro, un des principaux animateurs de ce mouvement, a expliqué ce qui s’est passé à la webtélé d’extrême droite :

“On a appelé Eric en lui disant qu’on avait de gros soucis avec la presse qui systématiquement ramenait le mouvement à lui parce qu’il en est à l’origine et parce qu’il continue d’apparaître régulièrement et que ça nous posait problème et Eric a immédiatement dit : “Mais dans ce cas-là, enlevez-moi des porte-parole et je redeviens juste participant comme n’importe qui. […] On a effectivement trouvé que c’était une bonne solution pour prouver qu’on n’est pas dans une secte, qu’il n’a pas une place particulière. […] Et donc voilà, on arrête de passer pour la secte d’Eric Fiorile, parce qu’on a pas mal de démarches avec les médias en ce moment et c’est vrai que tapez “Eric Fiorile” sur Google, c’est une horreur, et ce n’est que des accusations, que des accusations, donc voilà, les gens finissent toujours par se dire : “il n’y a pas de fumée sans feu” sans vérifier. Donc je les invite un à vérifier et deux à venir vérifier ici comment on fonctionne pour voir quelles sont les interventions d’Eric Fiorile sur le groupe et ils comprendront par eux-mêmes.”

Pas sûr que cela suffise à améliorer l’image d’un mouvement de toute façon gangréné dès le départ par des conspirationnistes et des sympathisants d’extrême droite. Aujourd’hui, ce qui reste des campeurs des Invalides est allé manifester devant France Télévisions, tandis que d’autres se retrouveront peut-être ce soir à un atelier constituant organisé par les Citoyens constituants et promu par Etienne Chouard.

Manifestation antifasciste à Toulouse ce samedi

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Ce samedi à Toulouse, une manifestation antifasciste aura lieu contre l’organisation d’extrême droite Ucodel (Union corporative pour la défense et l’entraide languedociennes), qui compte manifester “contre le terrorisme islamique et l’islam” en présence d’Yvan Benedetti. Le rendez-vous est fixé à 13 heures place du Capitole.

Nicolas Dupont-Aignan et le “4e Reich”

Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à oser les métaphores historiques douteuses. Nicolas Dupont-Aignan a lui carrément comparé sur Twitter la politique du gouvernement allemand à celle d’un 4e Reich :

2015-07-17_NDA_GrèceIl a par la suite tenté de se justifier maladroitement, en expliquant trois jours plus tard sur France 2 que “personne n’a compris ma formulation parce que ‘Reich’ en allemand, ça ne veut pas dire ‘régime hitlérien’, pas du tout, ça veut dire ’empire’. Il y a le 1er Reich, le 2e Reich. Même la République de Weimar s’est appelée ‘Reich’. […] J’ai volontairement, de manière un peu provocatrice c’est vrai, employé ce mot car je crois, en tant que gaulliste, à l’amitié franco-allemande.” Toujours le 12 juillet, il a retweeté une brillante analyse de son économiste préféré comparant la situation actuelle à celle qui prévalait en Europe à la veille du déclenchement de la Première guerre mondiale :

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Décidément, l’Allemagne et les deux guerres mondiales sont une obsession chez les souverainistes !

Les derniers soutiens d’Alexis Tsipras

Photomontage circulant sur les réseaux sociaux : "Pour la première fois, la gauche frappe et gaze."
Photomontage circulant sur les réseaux sociaux : “Pour la première fois, la gauche frappe et gaze.”

Alors qu’Alexis Tsipras a fait voter son mémorandum avec le soutien de l’opposition de droite, alors qu’il a du coup perdu le soutien d’une bonne partie de son propre parti (voir aussi ici) et alors que manifestations et émeutes se multiplient en Grèce contre ces nouvelles mesures d’austérité et font l’objet d’une forte répression, le premier ministre grec peut toujours compter sur ses soutiens à l’étranger, que ce soit en France Pierre Laurent ou Jean-Luc Mélenchon ou en Espagne le leader de Podemos, Pablo Iglesias. “C’est triste, mais c’est la seule chose qu’il pouvait faire”, a déclaré ce dernier, précisant : “La politique est abjecte. […] Ce qui s’est passé en Grèce, c’est la vérité du pouvoir.” Et d’affirmer : “mais c’était une situation limite : soit l’accord, soit une sortie de l’euro […] d’une certaine manière le gouvernement [grec] a gagné en stabilité” Quant à Jean-Luc Mélenchon, interrogé par la télévision associative Télé Bocal sur le non respect de ses promesses par Tsipras, il a eu cette réponse très énervée : “Et toi par exemple, est-ce que tu n’es pas un menteur dans ta vie privée ? Tu n’as jamais menti à personne ? Tu n’a jamais menti à aucune femme ? […] Ce n’est pas un politique “qui a décidé que” comme tous les autres, c’est un homme qui est tout seul face à dix-huit personnes.” Enfin, Pierre Laurent, le porte-parole du PCF, trouve lui que “si un accord est signé, c’est grâce au courage du Premier Ministre grec. Pour la première fois, un chef de gouvernement a osé affronter les puissances dominantes qui pensent que tout leur est permis en Europe. Le soutien de son peuple n’a cessé de grandir depuis janvier pour cette raison.” De son côté, le ministre de l’économie démissionnaire Yanis Varoufákis a été invité par Arnaud Montebourg et ses amis à leur Fête de la Rose.

Eric Fiorile nie avoir voulu faire un coup d’Etat le 14 juillet

Eric Fiorile a admis dans une interview accordée à la télévision russe RT au lendemain de sa prise de pouvoir manquée avoir voulu faire une “opération du communication” avec son Mouvement du 14-Juillet, tout en niant avoir voulu faire un coup d’Etat, expliquant :

“Un coup d’Etat consiste à remplacer un gouvernement par un autre. Nous avons bien établi de façon factuelle que le gouvernement actuel était illégitime au regard de la constitution française et nous avons utilisé le cadre juridique international qui permet de palier à ce genre de situation par la création d’un Conseil National de Transition. Cette entité juridique existe depuis sa mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008. Il existe donc bien un cadre légal pour se substituer à une entité qui gouverne la France de manière illégitime. Maintenant, il faut que tous les Français sachent qu’un tel cadre existe, qu’ils le connaissent, puissent analyser ses fondements juridiques, son mode d’existence et sa mission. […] En aucun cas nous ne proposons un gouvernement de substitution. Nous proposons une formule de transition qui garantit qu’en France il n’y aura aucune forme de trouble économique ou institutionnel, et que le calme sera établi durant cette période durant laquelle les français choisirons leur mode de gouvernance. “

Comprenne qui pourra… Au contraire de ce qui a été diversement affirmé au départ par lui-même et par son mouvement, il a aussi indiqué au média poutinien que “Bien évidemment, nous n’attendions pas une foule immense. […] Nous avons nous même comptabilisé le nombre de personnes présentes. Elles étaient entre quatre et cinq mille. Beaucoup sont toujours en garde à vue encore aujourd’hui, beaucoup de membres dont les noms figuraient sur notre site ont été déférés devant le tribunal pour des délits fictifs.” Or, nous n’avons toujours pas connaissance de ces prétendus déferrements… Et pendant ce temps-là, les rescapés campent tous les soirs aux Invalides, tandis que Sylvain Baron organise le siège quotidien de divers médias.

Source : francais.rt.com/opinions/4386-eric-fiorile-coup-detat

Jean-Luc Mélenchon compare le gouvernement Merkel au régime nazi

Jean-Luc Mélenchon vient encore de faire une comparaison historique osée :

2015-07-16_mélenchon_gvtallemandComme on s’en doute, il fait ici référence à trois événements : les deux conflits mondiaux qui ont ensanglanté l’Europe au 20e siècle et la crise actuelle. Outre l’anachronisme de la chose, faut-il lui rappeler que s’agissant de la Première guerre mondiale, on peut considérer tous les États belligérants comme étant co-responsables du déclenchement du conflit et de son enlisement ? Quant à la Seconde guerre mondiale, si la responsabilité du régime nazi est en effet écrasante, faut-il pour autant rappeler qu’entre 1933 et 1939, les gouvernements français et britannique ont plus souvent qu’à leur tour fait preuve d’une complaisance coupable envers le dictateur, abandonnant au passage à son sort la révolution espagnole ? Quant à la crise actuelle, outre qu’elle n’a rien à voir avec un conflit armé et que dresser un parallèle entre les deux est même assez odieux car cela revient notamment à relativiser la gravité des crimes nazis, faut-il encore souligner que toutes les bourgeoisies nationales européennes (pour rester dans le cadre de ce continent) en sont co-responsables, qu’elles soient allemande, française ou grecque ? Mélenchon multiplie en ce moment les références au régime nazi quand il évoque le gouvernement d’Angela Merkel. Il a beau tenter de se rattraper ensuite en précisant que tout cela «n’a rien de comparable à la deuxième Guerre mondiale», et qu’«on ne parle pas de la même idéologie», le mal est fait.