Un groupuscule d’extrême droite visite le Mur des Fédérés

Moins d’une dizaine de militants du Cercle Rébellion Paris-Banlieue, qui dépend de l’Organisation socialiste révolutionnaire européenne (OSRE) éditrice de la revue d’extrême droite Rébellion (diffusée entre autres par Kontre Kulture), proche des courants nationalistes révolutionnaires, a rendu un hommage discret à la Commune de Paris le 27 mai dernier au Mur des Fédérés. Promotrice d’une stratégie confusionniste réfléchie, l’OSRE mêle allègrement dans ses discours lutte des classes et nationalisme, tout en utilisant les couleurs rouge et noire caractéristiques du mouvement libertaire. C’est ainsi qu’elle voit la Commune comme un événement qui “a maintenu tradition et patriotisme, en les unissant de manière originale à une volonté de restaurer la volonté populaire dans un projet d’émancipation économique, malgré toutes les hésitations et faiblesses de l’époque.” Ainsi, pour l’OSRE, “La Commune fut une révolution mue par le patriotisme, porteuse d’une conception du socialisme hostile à la centralisation étatique et animée par l’amour de la justice et de la liberté.” Habile, l’organisation insiste pourtant beaucoup dans les deux textes récents qu’elle a consacré à la Commune sur les aspects sociaux et révolutionnaires de la révolte, n’hésitant pas à mettre en avant le rôle des femmes, dont Louise Michel (mais pas celui des étrangers). Elle n’est pas la seule organisation d’extrême droite à s’intéresser à cet épisode révolutionnaire : le Bloc identitaire, au travers de sa section parisienne Le Projet Apache (aujourd’hui dissoute) avait lui aussi rendu un bruyant hommage à la Commune en 2011, n’hésitant pas à renverser du jus de tomate figurant du sang sur les marches du Sacré-Cœur pour le 140e anniversaire de la Semaine sanglante, affichant le slogan “Peuple de Paris, souviens-toi du sang versé en 1871, pour la liberté”.