Strasbourg : quand trois militants fascistes font leur show contre Monsanto

Cliquer pour agrandir (Source : Tanaris News/YouTube)
De gauche à droite : Gérald (Alsa Sondage), Jimmy Tomasella et Arnaud Blondé. Cliquer pour agrandir (Source : Tanaris News/YouTube)

Samedi 23 mai à Strasbourg, trois individus arborant des t-shirts à l’effigie du Cercle Proudhon ainsi qu’une pancarte “natio et écolo” au nom d’une supposée alliance nécessaire entre extrême droite et extrême gauche ont été exclus de la manifestation contre Monsanto grâce à la vigilance de militants du NPA et de militants antifascistes. Jusqu’ici, rien d’anormal… Sauf que, se posant en victimes, ils ont reçu le soutien d’une partie des manifestants et du service d’ordre de la manifestation, entre autres organisé par Nouvelle Donne, comme le relate le site antifasciste Failfaf, au nom de « l’apolitisme » supposé de la manifestation. Dans une vidéo tournée juste avant la manifestation par la webTV Alsa Sondage, l’un d’eux, Jimmy Tomasella, qui se dit par ailleurs vegan, a expliqué être venu à cette manifestation « en tant que fervent nationaliste et patriote, c’est-à-dire que je viens ici pour défendre ma terre et mon pays. Et quoi de plus important en tant que nationaliste que l’agriculture, qui est vraiment le pilier de la civilisation ? » (voir ici : youtu.be/0zhuOZ0cZkU). La quintessence de la pensée vichyste en la matière résumée en une phrase, bravo… Cet événement confirme en tout cas la perméabilité des initiatives écologistes à l’extrême droite, qu’on peut aussi observer par exemple sur les manifestations contre le Tafta.

Affiche pétainiste présentant la paysannerie et le "retour à la terre" comme des piliers essentiels de la Révolution nationale.
Affiche pétainiste présentant la paysannerie et le “retour à la terre” comme des piliers essentiels de la Révolution nationale.

Colloque pro-Poutine demain à Paris : du beau linge en perspective

L’Institut de la démocratie et de la coopération (IDC), une des nombreuses officines pro-Kremlin basée à Paris et animée par Natalia Narotchnitskaïa (ex-députée du parti nationaliste Rodina à la Douma) et John Laughland (universitaire britannique conservateur et eurosceptique) organise demain un colloque intitulé « Sanctions, traité transatlantique, crise de confiance… Quelles nouvelles règles pour le commerce et les relations internationales ? », avec un panel  comprenant entre autres le journaliste Christian Malard (responsable du service étranger de France 3), Youri Chafranik (président de l’Union des Producteurs de gaz et de pétrole de Russie) Gilles Rémy (PDG du groupe CIFAL), l’économiste Jacques Sapir qu’on ne présente plus, Viatcheslav Nikonov (député russe en charge de l’éducation qui a récemment appelé les Russes à “apprécier” leurs origines “aryennes”), Ali Ahani (ambassadeur de la République islamique d’Iran) et le député UMP Jacques Myard. Parallèlement, nous apprenons sans surprise que l’extrême droite française continue d’entretenir des liens étroits avec le Kremlin, au travers notamment de l’association Urgence Enfants d’Ukraine qui sous couvert d’humanitaire mène une campagne de soutien à l’action de la Russie au Donbass. Or, cette association a pour dirigeant Alain Fragny, ex-membre du Bloc identitaire et pour porte-parole Emmanuel Leroy, proche conseiller de Marine Le Pen (voir aussi cette croustillante vidéo tournée par le ministère de l’information de la République populaire de Donetsk : youtube.com/watch?v=IZnGZ8LTyd0). Et pendant se temps-là, en Russie, le culte de Staline fait son come-back tandis que Poutine justifie la signature du pacte germano-soviétique en affirmant qu’il « avait du sens du point de vue des garanties de sécurité pour l’Union soviétique »

Retour sur les manifestations d’extrême droite des 9 et 10 mai

Le collectif antifasciste La Horde a publié il y a trois jours un compte-rendu détaillé des manifestations d’extrême droite des 9 et 10 mai derniers. Le 9, environ 150 personnes, dont une bonne partie de gudards, se sont retrouvées lors de l’hommage à Sébastien Deyzieux. Le lendemain matin, lors de l’hommage à Jeanne d’Arc, la valse était menée d’un côté par les amis de Pierre Sidos, fondateur de l’Oeuvre française et de l’autre par l’Action française. Côté Sidos, une dizaine de militants de La Dissidence française de Vincent Vauclin et une quinzaine de membres du Parti de la France étaient aussi présents. Lors de sa prise de Parole, Yvan Benedetti a exprimé sa sympathie envers Jean-Marie Le Pen. Comme le relate La Horde, “certaines têtes, bien en vue ce 10 mai, comme Epona et Elie Hatem évoqués plus haut, étaient également bien visibles dans le cortège du Front national la semaine dernière, preuve s’il en était besoin que Marine Le Pen est bien plus tolérante à l’égard des nostalgiques de Vichy qu’elle le prétend. Mais l’ombre du FN planait également l’après-midi sur le cortège de Civitas…” En effet, ce dernier, qui a regroupé 400 à 1000 personnes, a été accompagné par Jany Le Pen. Marion Sigaut y a aussi délivré une de ses indispensables leçons d’« histoire ».

“A noter toutefois une erreur de casting au cours de la journée : la présence d’Alexandre Gitakos nous a effectivement surpris. Lui qui se revendique ultra-libéral, atlantiste et sioniste a dès son arrivée cherché à tout prix à saluer son amie Laura Lussaud, militante de l’OF, précédemment citée. Comment un soutien inconditionnel de l’État hébreu peut-il se retrouver au milieu d’antisémites notoires, et se sentir proche d’une militante qui quelques heures plus tôt beuglait avec ses camarades « Israël assassin, américains complices » ? […] Gitakos nous avait déjà habitué à ses grands, très grands écarts idéologiques, lorsqu’au début des années 2010, il faisait des allers-retours entre l’UNI, le Gud et France-Israël, l’association de Gilles William Goldnadel !”

Et La Horde de conclure :

“Ce week-end a donc été l’occasion de faire le bilan de santé des groupes à la droite du FN. Les trois premiers événements du week-end (Forum de l’Europe, manif pour Deyzieu et l’hommage à Jeanne d’Arc de l’œuvre française) n’ont guère rassemblé qu’une grosse centaine de personnes : le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y avait pas foule. Seuls les nationaux-catholiques ont encore la capacité de mettre un millier de gens dans la rue, ce qui est à la fois trop et bien peu comparativement à ce qu’ils pouvaient espérer tirer des mobilisations contre le mariage pour tous des années 2013-2014.”

Le Cercle des Volontaires tente de s’emparer de la mémoire des victimes de violences policières

Alors que le tribunal de Rennes vient de relaxer les deux policiers impliqués dans la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, ces deux jeunes qui, en voulant les fuir, sont morts électrocutés dans l’enceinte du poste électrique de Clichy-sous-Bois en 2005 ; alors que la famille et les proches dénoncent un déni de justice tandis que le FN en profite une nouvelle fois pour accuser “la racaille” ; le Cercle des Volontaires (CDV) consacre un article à l’affaire, centré sur la dénonciation de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Cela fait quelques temps que le média confusionniste tente de s’emparer des luttes anti-répression et contre les violences policières. Déjà, le 2 mai dernier, il avait consacré un article au cas de Wissam El Yamni, ce chauffeur-routier clermontois de 30 ans décédé le 1er janvier 2012 des suites d’une “interpellation musclée” (voir ici). Le 8 avril, c’était un article du Monde que le CDV reprenait, à propos de la condamnation récente de l’Italie par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour les violences policières lors du G8 de Gênes en 2001. Par le passé, il s’est aussi intéressé à la répression en Grèce ou en Palestine. Ceci ne doit cependant pas nous faire oublier que le Cercle des Volontaires reste un média ancré à l’extrême droite (comme en témoigne son article hagiographique sur Ginette Skandrani en date du 8 mai) et avide de théories du complot (il vient encore de consacrer un article aux “Pères fondateurs” du “nouvel ordre mondial”). Cela se vérifie aussi s’agissant de son traitement des violences policières, puisqu’en janvier 2014, la répression contre la manifestation d’extrême droite Le Jour de Colère servait de prétexte à mettre en avant les revendications de cette dernière, de même que l’arrestation et l’incarcération en septembre de la même année du suprémaciste noir antisémite et proche de Dieudonné Kemi Seba servait d’alibi pour assurer la promotion de la “conférence intense et drôle” qu’il venait de donner au Théâtre de la Main d’Or. D’autre part, Le Cercle des Volontaires continue de jouer les propagandistes en faveur de régimes qui n’ont rien à envier à personne en matière de répression comme la Syrie d’Al-Assad, la Russie de Poutine ou l’Iran de Rohani.

Jean-Luc Mélenchon partage le site complotiste Réseau International

Jean-Luc Mélenchon a partagé cette nuit un lien vers Réseau International, site de “réinformation” sur l’actualité internationale à tonalité complotiste et pro-Poutine qui publie notamment les écrits de Silvia Cattori, de Paul Craig Roberts ou d’Hicham Hamza et conseille de visiter les “sites incontournables” que sont Wikistrike, Les Moutons enragés, Le Réseau Voltaire, La Voix de la Russie ou même Egalité et Réconciliation. A noter que parmi ceux qui y occupent une place de choix, on compte Résistance-politique.fr, un site soviéto-Mao-nostalgique animé par des militants du PCF lillois, dont le dénommé Capitaine Martin, collaborateur du Grand Soir. Enfin, la page “A propos” de Réseau international rend hommage aux travaux de Marc-Edouard Nabe et de Thierry Meyssan.

2015-05-18_mélenchon_réseauinternational3réseauinternational_liens réseauinternational_auteursPage de liens et liste des auteurs de RéseauInternational.net. (Cliquer sur les images pour agrandir)

Le fin mot de la conférence sur le Yémen du 29 avril dernier

Le 29 avril dernier, un mystérieux Collectif français pour la Liberté des Peuples avait annoncé la tenue d’une conférence sur le Yémen avec Alain Gresh, qui avait démenti sa présence la veille. Qu’à cela ne tienne, la conférence a tout de même eu lieu, en présence de Bruno Drweski, vieux routier de l’anti-impérialisme campiste, de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France et contributeur du Réseau Voltaire ainsi que d’Ayssar Midani, militante pro-Assad des plus actives et intervenante auprès de plusieurs médias d’extrême droite (Cercle des Volontaires, Egalité et Réconciliation). Rappelons que la conférence était animée par Sayeed Imededdin Hamrouni, un proche du régime iranien. Encore une fois, il s’agissait pour tous ces gens de prendre prétexte du conflit au Yémen pour afficher leur soutien à des régimes autoritaires comme celui de l’Iran ou de la Syrie, sous couvert d’anti-impérialisme. Le Yémen est en effet devenu le nouveau champ de bataille où s’affrontent indirectement les puissances impérialistes régionales, que ce soit l’Iran (qui soutient les insurgés houthistes) ou l’Arabie saoudite (qui soutient le gouvernement), deux régimes aussi peu enviables l’un que l’autre. Et pendant ce temps-là, ce sont les populations qui trinquent

drewski-yemen-1

Des nouvelles de Vincent Lapierre, le chaviste soralien

Vincent Lapierre, le chaviste soralien, joue désormais les “reporters” pour ERTV. Parmi ses faits d’armes, avoir tenté le 12 mai dernier d’interroger Olivier Besancenot sur le Venezuela à la sortie d’un débat (où étaient également présents Daniel Mermet et Edwy Plenel) ayant suivi une projection du film On est vivants de Carmen Castillo au MK2 Hautefeuille (Paris). Insistant, l’ex-militaire a été écarté par le service d’ordre du NPA et en a tiré une vidéo tournée en caméra cachée dans laquelle il se plaint d’avoir été “agressé”. Pitoyable…

Pendant l'altercation, Lapierre compare la domination néo-coloniale qu'ont fait subir pendant des années les Etats-Unis à l'Amérique latine à celle qu'ils feraient subir à la France, pourtant elle-même puissance impérialiste.
Face à Besancenot, Lapierre a osé comparer la domination néo-coloniale qu’ont fait subir pendant des années les Etats-Unis à l’Amérique latine à celle qu’ils feraient subir selon lui aujourd’hui à la France, pourtant elle-même grande puissance impérialiste.
Les "nouveaux médias" selon Lapierre : Jonathan Moadab (AIL), lui-même et Joe Le Corbeau (Croah.fr). A noter que malgré ses faits d'armes, Lapierre a été invité par TV5Monde le 31 mars dernier pour parler du Venezuela.
Les “nouveaux médias” vus par Lapierre : Jonathan Moadab (AIL), lui-même et Joe Le Corbeau (Croah.fr).

Alexeï Navalny, l’opposant russe chouchou des médias, est un militant d’extrême droite

Volontiers présenté par les médias occidentaux comme “l’opposant numéro un au Kremlin”, le Russe Alexeï Navalny, qui s’est au départ fait connaître pour son combat contre la corruption, est depuis devenu le chef d’une petite formation d’extrême droite, le Parti du Progrès. Raciste, il déteste particulièrement les Caucasiens. Nationaliste, il adopte une position proche de celle de Vladimir Poutine s’agissant de la question ukrainienne. Affairiste, il dispose de jetons de présence au conseil d’administration d’Aeroflot. Dans le cadre d’un dossier sur la mobilisation en faveur du militant antifasciste ukrainien Alexandre Koltchenko, le mensuel Alternative libertaire lui a consacré un article dans son numéro d’avril. On y apprend notamment que “dans une vidéo postée sur YouTube, Navalny compare des activistes caucasiens représentés sur une photo à des cafards. Il explique qu’on peut tuer les cafards avec une tapette à mouches, mais que pour les humains il recommande un revolver.” Le fait que son parti ait été récemment interdit, quelques jours après avoir conclu une alliance électorale avec le parti de l’opposant russe assassiné il y a quelques semaines Boris Nemtsov, et que lui-même soit aujourd’hui visé par la justice russe dans le cadre d’une affaire de détournements de fonds ne doit pas faire oublier cette réalité, quasiment jamais évoquée par les médias occidentaux qui continuent de voir complaisamment en lui un démocrate.

Paris Zone de Combat, nouveau webzine réactionnaire

Depuis quelques jours, une publication du nom de Paris Zone de Combat (Pazoc) inonde de spams les réseaux militants parisiens. Présentant une rhétorique mêlant références à Lénine et insurrectionnalisme, cette publication n’a pourtant rien de révolutionnaire, et les références réactionnaires voire carrément fascistes y pullulent en creux. Exemples.

L’UPR en visite en Crimée

Une délégation de l’Union populaire républicaine (UPR) s’est récemment rendue en Crimée occupée, pour le plus grand bonheur des autorités et des médias russes (dont RT, qui lui a consacré un reportage). Selon le communiqué du parti,

“A l’invitation de la ville fédérale de Sébastopol, et avec l’accord du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, François Asselineau a effectué une visite officielle de plusieurs jours en Crimée, pour le 70ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Le Président de l’Union Populaire Républicaine, ainsi que la délégation qui l’accompagnait ont assisté, dans le grand port de Sébastopol, au spectaculaire défilé militaire du 9 mai, et cela depuis la tribune officielle et à la grande satisfaction des autorités. […] Lors de sa visite, la délégation de l’UPR s’est également rendue sur la colline de Malakoff afin de procéder à un dépôt de gerbes sur la tombe de soldats français et russes, tombés lors de la guerre de Crimée de 1854-1855. […] La délégation de l’UPR a été reçue par une délégation de la Douma de Sébastopol, conduite par ses deux vice-présidents, pour une longue séance de travail. Les délégations sont tombées d’accord pour développer une coopération en matière de viticulture – l’UPR comptant plusieurs viticulteurs de grands vins français parmi ses adhérents –, mais également concernant l’établissement d’une chambre des métiers s’inspirant du modèle français, la création d’une école pour adolescents ouverte sur l’international, et l’entretien du cimetière français de la guerre de Crimée de 1854-55, honteusement laissé à l’abandon par la France. […] L’UPR rappelle d’ailleurs que la Crimée n’a été ukrainienne qu’en vertu d’une décision de Khrouchtchev en 1954, sans aucune réelle portée politique puisqu’elle intervenait dans le cadre de l’Union soviétique dont personne n’envisageait alors la dissolution. La ville même de Sébastopol a été directement fondée par la tsarine Catherine de Russie en 1783 et sa population est très majoritairement russe depuis 232 ans.”

Ainsi, l’UPR apporte officiellement son soutien à l’occupation de la Crimée par la Russie. Comme tout un pan de la droite et de l’extrême droite française, elle confirme ses liens avec le régime de Vladimir Poutine. A noter qu’elle n’est pas la seule à avoir des projets à visée économique en Crimée, puisque Philippe de Villiers par exemple prévoit d’y ouvrir une version russe du Puy du Fou.

Dépôt de gerbe au monument de Malakoff en compagnie des autorités occupantes, dont vice-gouverneur de Sébastopol nommé par Moscou.
Dépôt de gerbe au monument de Malakoff en compagnie des autorités occupantes, dont le vice-gouverneur de Sébastopol nommé par Moscou.