Finlande : l’extrême droite entre au gouvernement

L’information vient de tomber : le nouveau gouvernement finlandais sera composé du Centre (Keskusta), des Vrais Finlandais (Perus Suomalaiset, extrême droite) et des conservateurs (Kokoomus). C’est la première fois que l’extrême droite entrera au gouvernement dans ce pays, une situation bien différente de l’option choisie il y a quelques mois par les partis suédois, qui ont eux préféré s’allier pour juguler l’influence de ce courant politique au sein du parlement. Le nouveau premier ministre et ancien patron, Juha Sipilä, a été élu sur un programme prévoyant la mise en place d’une politique d’austérité, puisque selon Le Monde « l’ensemble des quatre principaux partis se sont engagés à réduire les dépenses publiques, alors que le déficit a franchi la barre des 3 % pour la première fois en 2014. » Sans surprise, certains médias libéraux comme Atlantico.fr se sont félicités de l’arrivée d’un chef d’entreprise à la tête de l’État finlandais. Mais le nouveau gouvernement Sipilä est également bien vu de certains eurosceptiques et anti-impérialistes car bien que lui-même ne soit pas à la tête d’un parti eurosceptique, ses alliés les Vrais Finlandais le sont. D’autre part, le Centre et les Vrais Finlandais sont opposés à une entrée de la Finlande dans l’Otan (alors que les conservateurs, par la voix du premier ministre sortant Alexander Stubb sont plus ambigus sur ce point). Les résultats des élections finlandaises ont également entraîné une vague de réjouissances parmi les partisans du revenu de base (notamment via leur site Revenudebase.info en France et le site international Basicincome.org) car Sipilä s’est également prononcé pour un tel revenu (qui correspondrait en fait dans sa vision à un minima social) à destination des plus pauvres. Si à en croire ses partisans, la thématique est populaire dans le pays et au sein d’une bonne partie de la classe politique, on se demande toutefois bien comment un tel programme pourrait être mis en place quand l’ordre du jour est à des coupes budgétaires… Que de soi-disant défenseurs des droits sociaux et des partisans de politiques anti-impérialistes prétendument progressistes en viennent à applaudir un gouvernement de droite et d’extrême droite dirigé par un ancien patron en dit en tout cas long sur leur état de déliquescence politique.