La CGA propose des pistes de réflexion contre le confusionnisme politique

La CGA (Coordination des groupes anarchistes) de Lyon vient publier un texte consacré au danger que représente le confusionnisme politique. Extraits :

“Le confusionnisme se développe sur une culture politique, sociologique et historique faible, et sur l’idée que « la politique » désigne uniquement les actions menées par les classes dirigeantes, amenant les individus à se proclamer « apolitiques ». Le confusionnisme se nourrit également des communautés émotionnelles entretenues par l’industrie de l’actualité et de la culture, qui créent une union des spectateurs et spectatrices sur des faits divers et des drames. Une critique du confusionnisme sans arguments ni explications ne permet pas de freiner son développement et les dangers qui en découlent. Ce type de critique peut au contraire entraîner un repli sur soi de certain-e-s militant-e-s ou, ,de la même manière, un éloignement d’autres militant-e-s ou de sympathisant-e-s qui voient se multiplier des rejets qu’il/elles ne comprennent pas forcément. Il faut bien faire la différence entre celle et ceux qui sont dans la confusion, ou semblent y adhérer, et ceux qui l’organisent. […]

Une des particularités générales du confusionnisme est la hiérarchisation des oppressions et des luttes. Le fait de considérer une oppression et donc la lutte correspondante comme au-dessus de toutes les autres est déjà une porte grande ouverte à la confusion : peu importe ce que l’on pense du reste du moment que l’on est d’accord sur ça. Les réflexions sur l’intersectionnalité des oppressions peuvent donc jouer un rôle pour la prévention et la lutte contre la confusion politique. L’intersectionnalité étudie les formes de domination et de discrimination non pas séparément, mais dans les liens qui se nouent entre elles, en partant du principe que le racisme, le sexisme, l’homophobie ou encore les rapports de domination entre catégories sociales ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément les uns des autres.”