Houria Bouteldja, héritière d’Édouard Drumont ?

Le 11 mars 2015, Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), a publié sur le site de ce parti un article intitulé “Racisme (s) et philosémitisme d’Etat ou comment politiser l’antiracisme en France ?”. Elle y écrit notamment que, s’agissant de ce qu’elle appelle la “gauche blanche” : “ce qu’elle refuse radicalement de faire, et c’est là son véritable angle mort, c’est non pas de combattre l’antisémitisme mais de combattre le philosémitisme d’État. Je prétends pour ma part que si l’on change radicalement de perspective, la lumière jaillit. Sartre disait, « c’est l’antisémitisme qui fait le Juif ». C’est toujours vrai, l’antisémitisme fait toujours le Juif mais sous sa forme philosémite.” Pour Houria Bouteldja, l’État aurait assigné depuis 1945 aux “Juifs” un double rôle : “devenir la bonne conscience blanche et faire de la Shoah une nouvelle « religion civile » en la dépouillant de toute historicité” et “devenir les porte-paroles de l’Occident ou plus exactement ses goumiers notamment par le biais d’un autre État-Nation colonial : Israël”. Elle soutient que “dénoncer dans le même mouvement ET l’islamophobie ET l’antisémitisme”, ce serait “créer de fausses symétries”. Et d’expliquer : “Les Juifs sont les boucliers, les tirailleurs de la politique impérialiste française et de sa politique islamophobe. Parce qu’ils bénéficient aujourd’hui d’une « racialisation positive » d’une part, et que l’amalgane entre Juifs et sionisme est constamment alimenté d’autre part, ils détournent la colère des damnés de la terre sur eux et en même temps protègent l’infrastructure raciale de l’État-Nation. Ils protègent le corps blanc. C’est là la seconde source du ressentiment anti-Juif”. Enfin, elle conclut :  “qu’est-ce qui empêche la gauche de gauche de lutter contre le philosémitisme d’État ? Ma réponse est sans ambiguïté : elle est elle-même, à quelques exceptions près, peu ou prou philosémite.” Or, en réalité, en s’attaquant ainsi à un supposé “philosémitisme” de l’État ou de la gauche, la porte-parole des Indigènes de la République reprend une rhétorique chère à l’extrême droite et remontant à Édouard Drumont, comme le démontre Mondialisme.org, qui conclut : “le PIR mérite bien son nom : il est devenu un courant parfaitement autochtone, qui a totalement intégré le logiciel nationaliste français.”

24  juillet 2014 : Bouteldja promet le "goulag" aux "sionistes" sur Facebook.
24 juillet 2014 : Houria Bouteldja promet le “goulag” aux “sionistes” sur Facebook.