A lire : L’histoire, un combat au présent, de Nicolas Offenstadt

Dans L’histoire, un combat présent1, l’historien Nicolas Offenstadt s’interroge sur la pratique de l’histoire en tant que discipline scientifique, à l’heure où cette dernière, notamment au travers de la question de son enseignement, est redevenue un enjeu de débat politique. Ce petit livre, qui sera très utile à toute personne intéressée par les questions soulevées par cette problématique, réussit le tour de force d’allier rigueur et pédagogie, rendant accessible au plus grand nombre les thématiques parfois complexes qui y sont développées.

offenstadtA l’heure où l’histoire et son enseignement font l’objet d’âpres débats dans l’espace public, notamment sous l’impulsion d’une droite et d’une extrême droite à l’offensive, Nicolas Offenstadt rappelle que l’historien n’a pas vocation à servir une cause politique et que son engagement doit être de démystifier les stéréotypes et les mésusages politiques du passé, de promouvoir une histoire savante qui puisse en même temps servir d’outil de formation à l’esprit critique des citoyens. En ce sens, L’histoire, un combat au présent est un titre paradoxal, puisqu’il relève à la fois d’un constat (l’histoire est présentement utilisée par un certain nombre d’acteurs comme instrument de lutte idéologique) et d’une aspiration, d’un engagement (celui de l’historien soucieux de défendre l’autonomie de sa discipline ainsi qu’une certaine vision de son enseignement, de déconstruire les mythes et préjugés) et rappelle que l’histoire n’est pas seulement tournée vers le passé, mais qu’elle prend tout son sens parce qu’elle interroge le passé depuis le temps présent et à l’aune des connaissances du moment, qui sont elles mêmes historiquement déterminées. Ainsi l’histoire « n’est pas un instrument d’adhésion, mais plutôt un lieu de discussion ». Dans ce cadre, la seule cause de l’historien est celle de la vérité historique, ou du moins de sa recherche. Dans quelles conditions l’historien professionnel peut-il investir ce combat sans se trahir lui-même en étant tenté de répondre sur le terrain idéologique de ses adversaires ?

C’est à cette question que Nicolas Offenstadt, interrogé par l’anthropologue Régis Meyran, tente d’apporter des éléments de réponse. Le livre se divise en trois parties : tout d’abord, Offenstadt aborde la question des usages et mésusages de l’histoire et de ses instrumentalisations politiques via le retour d’une mythologie du roman national destiné à appuyer la question identitaire mise en avant par la droite et l’extrême droite. Ensuite, il s’interroge sur les conditions dans lesquelles l’historien peut investir l’espace public pour faire entendre son point de vue, que ce soit dans l’espace médiatique ou dans le cadre d’une « histoire de plein air » investissant des lieux chargés d’histoire pour faire réfléchir ses auditeurs aux liens entre passé et présent. Enfin, il ouvre des pistes de réflexions sur ce que signifie faire de l’histoire aujourd’hui, comment et pourquoi l’enseigner.

L’histoire à l’école

Pour Nicolas Offenstadt, la « guerre idéologique lancée par une partie de la droite militante » revêt trois aspects : « politique, pédagogique et « populaire » ». Intéressons nous plus particulièrement au deuxième, qui est brûlant d’actualité.

Le contenu des programmes scolaires fait souvent l’objet d’âpres débats souvent portées par divers courants conservateurs ou réactionnaires, que ce soit pour critiquer une fantasmatique « théorie du genre »2 et donc s’opposer à la promotion de l’égalité homme-femme et à la lutte contre les discriminations visant les minorités sexuelles dans le cadre scolaire ou que ce soit pour regretter un supposé « laxisme » des professeurs et en appeler à un retour d’une discipline plus sévère, voire du port de l’uniforme à l’école. Dans le cadre de l’enseignement de l’histoire, il s’agit pour les courants les plus réactionnaires de dénoncer un prétendu abandon de l’histoire de France et de son enseignement sous forme chronologique et mystifiée via la figure des « grands hommes » au profit d’une histoire qui entretiendrait une « culpabilité » (notamment coloniale) ou favoriserait des angles « communautaristes » (histoire des femmes, histoire de l’exclavage, de la colonisation, etc.). Preuve du mépris d’une partie de la droite pour cette discipline, l’histoire avait carrément été supprimée du programme de terminale scientifique à apartir de la rentrée 2012, suite à une réforme voulue par Luc Chatel, alors ministre de l’Education sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avant d’être réintroduite par Vincent Peillon3.

A rebours de ces critiques, Offenstadt rappelle que « les élèves sont souvent très intéressés dès qu’on explique le processus de la recherche en histoire, ou qu’on évoque les débats historiographiques du moment. Contrairement à une idée reçue, les élèves n’attendent pas qu’on leur serve une histoire simplifiée et « toute faite », ils veulent comprendre les processus à l’oeuvre, dès la sixième ! » Opposé à ce qu’il appelle « la technique du « gavage d’oie » », l’historien rappelle que l’étude de l’histoire à l’école, offre des outils indispensables pour former un esprit critique, notamment parce qu’elle consiste pour partie à apprendre à lire et interpréter des documents.

Beaucoup de professeurs d’histoire-géographie se sont récemment interrogés sur la pertinence pédagogique de la minute de silence en hommage aux morts des attentats, certains d’entre aux notant qu’« à solenniser uniformément une émotion qui ne se commande pas, on produit inutilement et mécaniquement des oppositions ». Il en est de même de tentatives de sacralisation d’événements ou de personnages historiques dans l’espace scolaire : Nicolas Offenstadt revient ainsi assez longuement sur la question de la lecture de la lettre écrite par le résistant communiste Guy Môquet juste avant qu’il ne soit fusillé, et que Nicolas Sarkozy a voulu imposer dans les écoles pendant sa présidence, en même temps qu’il entendait engager un grand débat sur « l’identité nationale ». L’historien souligne qu’à ses yeux, « il est inconcevable, à l’école, de transformer un fait historique en objet de culte, surtout quand ce rituel ne pallie aucun manque puisque la période, l’opposition à Vichy, la Résistance, ses héros sont largement enseignés et évoqués par les professeurs d’histoire dans le cadre des programmes. »

Finalement, Offenstadt propose de réfléchir à d’autres manières d’enseigner l’histoire, que ce soit auprès d’étudiants ou d’un large public, en proposant par exemple des cours au cœur de bâtiments ou vestiges historiques encore accessibles dans le présent, afin de saisir les liens entre passé et présent, ce qu’il appelle « l’histoire de plein air ». Lui le fait concernant le Paris médiéval, et explique avoir également donné des cours d’historiographie de la Première guerre mondiale au Panthéon ou organisé des trajets en car sur les lieux des combats aggrémentés de lectures de lettres de soldats. Mais cette démarche peut aussi être le fait d’élus locaux ou s’inscrire dans le cadre d’une lutte sociale, comme en 2009 ou pendant les grèves contre la réforme de l’enseignement supérieur, « à la Sorbonne, les enseignants des différentes périodes avaient fait des cours qui étaient des parcours thématisés dans Paris, selon leur spécialité : le Paris monarchique, le Paris arabe, le Paris de la Grande Guerre… Je crois que cela a été une expérience enrichissante tant pour les enseignants que pour les étudiants », relate Offenstadt.

Histoire et mémoire

La question du rapport entre l’histoire comme discipline scientifique ou pratique critique et la mémoire comme appropriation subjective du passé dans le présent est complexe. C’est pourquoi Nicolas Offenstadt y consacre de longs développements. Rappelant que les notions d’ « identité nationale » ou d’ « identité européenne » n’ont aucune valeur en tant que concepts scientifiques, il explique que « ce sont des outils politiques, des objets de croyance qui sous cet angle peuvent faire l’objet d’étude pour le scientifique » mais que « de toute façon, les identités sont toutes des bricolages et chaque individu […] est traversé par des identités multiples. » Sortant un instant du point de vue de l’historien, Offenstadt explique qu’en tant que citoyen il lui « apparaît dangereux de résumer un individu ou un peuple à une seule identité figée. »

Néanmoins, comme « l’histoire n’appartient pas aux historiens » mais « à tout le monde » et qu’« il existe en France et en Europe une demande sociale d’histoire très forte », Offenstadt reconnaît le rôle que peuvent jouer, par exemple, les mémoires familiales dans la construction du récit historique et de son interprétation. De ce fait, « les acteurs sociaux ordinaires sont aussi des producteurs d’histoire. » La mémoire se construit à différentes échelles : individuelle, familiale, locale, régionale, nationale, supra-nationale. Les acteurs qui l’investissent sont de ce fait variés, allant du simple individu à des organisations à vocation politique, des collectivités locales, des États ou prenant même une forme globalisée.

Un des points par lesquels cette question revient périodiquement sur le devant de la scène de manière plus ou moins caricaturale est ce qui « a trait aux périodes controversées […] : collaboration, guerre d’Algérie… Ces questions peuvent être récupérées par divers groupes politiques, et elles réapparaissent à une fréquence propre et de façon non linéaire, qui n’est pas le temps long de la recherche en histoire », explique Offenstadt. Reconnaissant que « l’histoire porte en elle des enjeux moraux », il s’interroge : « De quel droit devrions-nous intimer à ceux qui millitent pour la reconnaissance publique d’une mémoire douloureuse de se taire ? » Toutefois, il souligne que ces enjeux mémoriels ne sauraient être des problèmes « communautaires », mais qu’au contraire « ces questions ont bien une portée universelle. » Et d’insister : « Il n’y a pas de soviétisation de l’histoire dans notre pays, pas plus qu’il n’existe de communautés qui envahiraient l’espace public pour détourner le passé à leur profit. »

S’agissant des « lois mémorielles », Nicolas Offenstdat indique que ce terme n’a pas grand sens car, rappelle-t-il, « ces lois sont de nature différente », de type déclaratif pour certaines, visant à mettre en avant certains aspects du passé pour d’autres, de type pénal enfin. Cela vaut la peine de le citer :

« Il faut, je crois, considérer ces lois sous un autre angle que celui qu’on nous présente habituellement. Car la question se pose en termes de politiques de la mémoire : il me semble en effet légitime qu’un Etat intervienne sur les discours tenus vis-à-vis du passé, par exemple pour lutter contre la falsification, et en répondant aux demandes faites par telle ou telle partie de la population, si elles sont jugées recevables. C’est pourquoi je ne suis en rien choqué si l’État intervient, par exemple, en reconnaissant l’existence du génocide arménien. De ce point de vue, il me paraît très discutable de voir les « lois mémorielles » comme une attaque qui restreindrait la liberté des historiens, comme l’affirmait l’appel « Liberté pour l’histoire » (décembre 2005).

[…]

Mais légiférer sur le passé ne me choque pas en soi. Il revient cependant aux gouvernements en place de choisir leur politique mémorielle, de décider s’ils préfèrent édicter des lois, formuler un grand discours (comme celui de Jacques Chirac sur la responsabilité du régime de Vichy dans la déportation des Juifs de France vers les camps de la mort, en 1995) ou mettre en œuvre une politique éducative. »

Quelle place pour l’historien dans l’espace public ?

Réfléchissant à la question complexe de la vulgarisation, Offenstadt s’interroge longuement sur la question de savoir s’il est possible pour l’historien de s’exprimer dans le champ médiatique et à quelles conditions. Répondant par la positive car « l’historien devrait accepter que le passé soit aussi un enjeu public », il indique qu’il faut le faire, mais avec prudence : lui-même ne rechigne pas à aller s’exprimer dans les médias, mais pas question d’intervenir sur des sujets dont il n’est pas spécialiste, pas question non plus d’accepter de répondre à des questions qui sortent de son champ de compétence, une posture qui offre une alternative à celle de « l’ermite » enfermé dans sa tour d’ivoire comme à celle de « l’expert ».

En cette heure où le racisme à l’encontre des musulmans ou présumés tels risque d’être amplifié dans les semaines et mois qui viennent par ceux qui voudraient leur faire porter la responsabilité des événements récents, il serait du rôle et de la responsabilité des historiens de s’investir dans le débat afin de contrer les images caricaturales véhiculées sur l’islam et le monde arabo-musulman, alors que peu de gens connaissent la richesse du passé de cette civilisation. « A ce propos, un autre exemple me frappe, écrit Nicolas Offenstadt : nous avons en France de nombreux spécialistes de l’islam médiéval ou moderne qui pourraient aisément démonter les idées caricaturales souvent faites d’ignorance qui circulent sur les musulmans dans les médias, or peu prennent la peine de le faire »4.

Mais s’il lui faut sortir de sa tour d’ivoire, l’historien doit selon Offenstadt se garder de devenir cet expert qui serait le véhicule d’une parole répondant plus à des attentes ou questionnements médiatiques ou institutionnels qu’à une véritable exigence de vulgarisation en accord avec l’éthique de son métier, sans compter le risque « de se poser en détenteur d’un savoir, excluant ceux à qui on s’adresse, un savoir qui est une arme, et pour cela présenté sous la forme très positiviste des « faits connus » par ceux qui connaissent. »

Quid des mésusages de l’histoire à gauche ?

Pourquoi cette importance prise par l’histoire dans le débat public ces dernières années ? La réponse que propose Offenstadt rejoint finalement une analyse assez répandue, à savoir une difficulté qu’aurait la société occidentale à appréhender son avenir, suite à « l’affaiblissement des grands récits progressistes et des idéologies ». Pour lui, « devant le recul de tous les récits de critique et d’émancipation sociales, le passé prend une importance accrue pour beaucoup de personnes et d’institutions. » Mais, à rebours de la vision misérabiliste qui accompagne souvent ce genre d’analyses et propose de « voir ce phénomène, de façon négative, comme un repli », l’historien suggère au contraire de le regarder « de façon plus neutre, comme une ressource ».

Si la question de l’offensive réactionnaire sur les terrains historique et mémoriel est largement abordée, on regrettera cependant que la question de l’instrumentalisation de l’histoire par des formations et personnalités de gauche soit trop rapidement éludée par l’historien au prétexte que « la critique des excès des historiens communistes, des aberrations historiques (sur l’histoire de l’URSS ou sur celle du PCF) écrites au nom du grand récit libérateur a été faite » et que « ces historiens ont d’ailleurs souvent plus ou moins explicitement fait leur mea culpa. » Si dans le champ scientifique Offenstadt a raison d’insister sur le fait que « la dénonciation de l’omniprésence d’une « histoire de gauche » intellectuelle et bien pensante ne correspond à aucune réalité », ces dernières années ont néanmoins vu le retour dans le débat public, partiellement en réaction à sa version droitière, du roman national de gauche, notamment promu par une formation comme le Front de Gauche5 ou un journal militant comme Fakir, tandis que les volontés de réhabilitation de Staline et du stalinisme ne sont pas complètement mortes6. De plus, d’autres formes de roman national auraient pu être abordées de manière plus approfondie, comme le roman national européen, porté certes par une partie de l’extrême droite7 mais aussi à d’autres niveaux par nombre de partisans de l’intégration européenne8 ou médiatiquement par une chaîne de télévision comme Arte9.

En dépit de ces réserves, ce livre à la fois dense et abordable même pour un novice en la matière, jamais jargonnant, reste un outil indispensable pour comprendre les enjeux historiographiques contemporains mais aussi pour apprendre en quoi consiste le métier d’historien. De nombreux autres thèmes non développés ici y sont abordés, et ceux qui sont curieux d’apprendre comment la communauté historienne valide tel ou tel travail, qui aimeraient connaître les enjeux entourant certains débats qui la traversent, qui s’interrogent sur la place du patrimoine et son rapport à l’histoire et à la mémoire ou sur les liens qu’entretient la recherche historique avec d’autres disciplines relevant des sciences humaines et sociales auront tout intérêt à s’y pencher. Ils pourront même y découvrir quelques faits surprenants, comme la véritable histoire des bourgeois de Calais…

O. G.


Agrégé et docteur en histoire, habilité à diriger des recherches, Nicolas Offenstadt est maître de conférences en histoire du Moyen Âge et historiographie à l’université Paris-1. Il est aussi spécialiste de la Grande Guerre. Il a publié notamment, avec André Loez, La Grande Guerre. Carnet du centenaire (Albin Michel, 2013) et En place publique. Jean de Gascogne, crieur au XVe siècle (Stock, 2013). Il est également l’un des fondateurs du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH).


Sur le même sujet, on peut lire une interview récente de Nicolas Offenstadt parue dans le journal Libération.


A (re)lire sur Confusionnisme.info :

A lire : Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire
Le Journal de Béziers : comment le Front national réécrit l’histoire


Image de “une” : Commémoration sur le plateau des Glières en 2011, en hommage aux résistants morts ou déportés en mars 1944 lors de la bataille qui les a opposés à environ 5000 soldats allemands, miliciens et gardes mobiles. En 2008, le président de la République Nicolas Sarkozy s’était rendu à la commémoration annuelle de cet événement, s’attirant de nombreuses critiques par cette démarche perçue comme une tentative d’instrumentalisation et par son attitude jugée inappropriéee. (photo Jean-Pierre Clatot/AFP)


  1. Nicolas Offenstadt avec Régis Meyran, L’histoire, un combat présent, Editions Textuel, 2014. 

  2. Rappelons-le encore une fois : il n’y a pas de « théorie du genre », mais des études de genre, champ d’études et de recherche interdisciplinaire ayant pour objet l’étude des formes de domination liées au genre et qui d’ailleurs comprend plusieurs écoles. 

  3. Un retour qui s’est fait non sans critique de la part de certains professeurs d’histoire-géographie, qui dénoncent « un programme au rabais » et « un retour en force du bachotage »

  4. Un de ces rares exemples, à la suite des attentats, est sans doute celui de la conservatrice du Musée du Louvre Sophie Makariou, qui est revenue récemment pour L’Obs sur les représentations du prophète Mahomet dans l’histoire de la culture islamique. Désormais payante, son interview est toujours accessible en cache sur Archive.org

  5. Par exemple, le Front de Gauche et en particulier le Parti de Gauche s’attellent depuis leurs débuts à réhabiliter la figure de Robespierre honnie par la droite, développant souvent des analyses qui relèvent plus du jugement moral que de la rigueur historienne. Un exemple récent dans cette réaction de Jean-Luc Mélenchon à la sortie d’un jeu vidéo mettant en scène la période révolutionnaire. Sous prétexte de dénoncer les raccourcis historiques opérés par le jeu, le leader du Front de Gauche lui même en énonce une belle série, traitant par exemple la reine Marie-Antoinette de « crétine qui est vernie », une analyse aussi peu pertinente que celle qui selon lui dominerait et la présenterait comme une « pauvre petite fille riche ». On se souvient aussi du livre Robespierre, reviens ! écrit par Alexis Corbière et Laurent Mafféis et sorti en 2012 aux éditions Bruno Leprince. Enfin, il est régulier que dans les défilés parisiens du Front de Gauche, des militants et militantes s’exhibent déguisés en Sans-Culottes ou en Marianne, avec drapeaux, cocardes et bandeaux tricolores, mettant en scène de manière très folklorique la période révolutionnaire. 

  6. On le voit avec la popularité que rencontrent des auteurs comme Annie Lacroix-Riz ou Domenico Losurdo auprès de certains militants. 

  7. Ce type de discours reposant sur une supposée identité blanche et le plus souvent chrétienne (il existe un pendant païen) de l’Europe est porté par de larges pans de l’extrême droite, souvent antagonistes entre eux, comme par exemple le Bloc identitaire en France, les mouvements affiliés à l’idéologie eurasiste qui a le vent en poupe après de toute une partie de l’extrême droite européenne ou le tueur norvégien Andreas Behring Breivik. 

  8. On ne reviendra pas sur les mythes largement diffusés concernant la construction européenne qui aurait par exemple été une grande eouvre humaniste désintéressée avec ses « Pères fondateurs », alors que les enjeux économiques et géo-stratégiques par exemple y ont joué et y jouent encore un rôle prépondérant. 

  9. Arte diffuse par exemple régulièrement des docu-fictions sur les grands personnages de l’histoire européenne comme Charlemagne, sans qu’il soit toujours possible, surtout quand on n’a pas une bonne connaissance de la période, de distinguer clairement ce qui relève de l’analyse de faits historiques de ce qui relève du discours romancé.