Syriza et les Grecs indépendants : une alliance contre-nature ?

La large victoire avant-hier de Syriza a été saluée en France par des personnalités de tous les horizons politiques. Sans présager de ce que sera effectivement la politique de Syriza qui entend réaliser une sorte de grand écart en respectant les engagements internationaux de la Grèce tout en combattant l’austérité, on peut d’ores et déjà s’interroger sur l’alliance conclue avec le parti des Grecs indépendants. En effet, cette formation, scission du parti de droite Nouvelle Démocratie jusque là au pouvoir, n’a pas grand chose en commun avec Syriza, hormis le refus des politiques d’austérité imposées par les institutions internationales, Fonds monétaire international (FMI) en tête. Car pour le reste, les Grecs indépendants sont un parti conservateur de droite nationaliste prônant un renforcement de l’influence de l’Eglise orthodoxe dans la vie sociale et y compris dans l’enseignement, un renforcement des dépenses militaires (alors que Syriza veut les réduire), un renforcement de la lutte contre l’immigration. Son leader Panos Kammenos a fait polémique le mois dernier en accusant les juifs, les musulmans et les bouddhistes de ne pas payer d’impôts, au contraire de l’Eglise orthodoxe. Cette alliance contre-nature semble dictée par la nécessité pour former un gouvernement d’avoir l’appui de la majorité absolue des députés, une majorité que Syriza a manquée à deux sièges près.