Des livres néo-nazis en vente sur une aire d’autoroute

Lors d’un déplacement récent en Isère, nous avons pu constater la présence de livres rendant hommage aux armées nazies en vente sur une aire d’autoroute de la région lyonnaise, au milieu des traditionnels ouvrages consacrés au bricolage ou au bien-être :

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Il y avait là Bad Reichenhall – un épisode tragique d’Eric Lefèvre et Olivier Pigoreau, La longue marche de la division 157 contre les maquis et les partisans – 1942-1945 de Christian Wyler et Les panzers de la garde noire de Jean Mabire, le plus connu de tous ces auteurs. Publiés aux éditions Grancher – une maison d’édition spécialisée dans les ouvrages à caractère mystique quand elle ne se fait pas l’apologue de l’armée nazie ou du militarisme français –, ce type d’ouvrages ne se trouve d’ordinaire que dans des librairies d’extrême droite ou en vente par correspondance sur Internet. Il est donc très étonnant de les retrouver à destination du large public qui visite les stations d’aires d’autoroutes, car même si les ouvrages à caractère historique vendus dans ces lieux sont souvent de qualité très médiocre, il y a un pas de franchi avec ce rayonnage.

Avertie, la gérante des lieux a immédiatement retiré ces livres de la vente – ainsi qu’un quatrième, toujours publié par la même maison d’édition, Anthologie du chant militaire français de Thierry Bouzard –, précisant n’y être pour rien car ces rayonnages dépendent d’un prestataire de services, la société SDP-Le Livre Club, qui alimente 300 stations service sur les réseaux autoroutiers français. Interrogée à ce sujet, l’entreprise nous a expliqué que ces livres se trouvaient dans un lot d’invendus qu’elle avait racheté pour le revendre, mais qu’elle ignorait au départ leur présence dans celui-ci. Ayant néanmoins depuis pris connaissance du problème, elle nous a précisé qu’elle allait les retirer de la vente dès que possible là où ils ont été diffusés, évoquant pour se dédouaner un « concours de circonstances » et indiquant que la vente de ce type de littérature ne relève pas de sa « philosophie ».

O. G.